‹ Les pagodes de HanoiChapitre 8 sur 27 · PAGODE DE DUC-KHANII · texte numérisé non relu

PAGODE DE DUC-KHANII

La pagode de Duc-khanh est un monument historique; le roi Thuan, qui régna sous le nom de Lê-thành-tông, y naquit Pan 1442. Elle appartient au village de Van-huong, son nom vulgaire est Huy-van; on l’appelait autrefois Hou-van , mais un prince de la famille Nguyên ayant porté ce nom, on dut selon l’usage modilier celui de la pagode.

On l’aperçoit à gauche de la route qui va de Hanoi à My-duc, h moins d’un kilomètre de Van-miêu (pagode des Lettrés plus connue sous le nom de pagode des Corbeaux).

Un haut banian se dresse près du portique à trois ouvertures (Tam-quan) qui donne accès dans la cour extérieure; le jardin du bonze, planté d’arbres entoure les bâtiments.

De ce côté les rizières ont en grande partie fait place à de vastes étangs, ce qui donne à la pagode l’apparence d’une île. Pendant l’été l’eau des étangs disparaît presque entièrement sous la végétation touffue du rau-muong, cette plante aquatique, à feuilles en fer de flèche, si soigneusement cultivée par les Annamites.

La pagode de Duc-khanh se compose de deux temples affectés chacun à un culte différent; ils sont parallèlles et séparés par une petite cour.

Le premier temple est consacré au roi Thuân; on y voit trois chapelles soigneusemenlfermées par des tentures; celle du milieu renferme la statue du roi, la chapelle de droite la statue de sa mère, et celle de gauche la statue de sa femme qui, dit-on, mourut jeune. Cette dernière est coiffée d’une sorte de couronne fermée très compliquée. Les dorures et les laques des statues sont préservées par des housses de soie légère qui enveloppent les personnages à partir du cou.

Le second temple, en arrière du premier, est consacré au culte bouddhique, on y voit la collection ordinaire des idoles, depuis le bouddha naissant, Tich-ca (Cakya-mouni), jusqu’aux trois bouddhas parfaits (Tam-lham) qui occupent toujours le dernier étage du fond des pagodes.

Deux autels particuliers, situés sous les parties latérales couvertes de la cour intérieure, sont consacrés, l’un à Khai-giao,

bonze vénéré, surnommé le Tôn-già de FAnnam; Faillie à Long-than-lho-dià , le génie de la terre.

Au fond de la pagode bouddhique, on voit encore un autel surmonté de la statue assise de Quan-am, la déesse mère, et un autre dédié à Quan-vou, général chinois qui personnifie la fidélité au prince. Ce dernier personnage est peint sur un panneau, accompagné de son inséparable nègre (chu-xu’o’ng) et du porteur de cachet (quan-binli).

Les deux tablertes qui portaient les noms des rois Le auxquels on doit la construction et la réparation de l’édifice sont placées sur des socles de maçonnerie à coté des bouddhas, mais les noms ont été grattés a l’avènement de la dynastie actuelle des Nguyên (1801).

Le fait historique qui se rattache h ce lieu et les circonstances qui ont accompagné la construction des temples se trouvent ainsi relatés dans l’inscription d’une stèle qui est érigée sous une petite construction ouverte, à gauche de la première cour.

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