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forme toute spéciale de son rostre. Les doigts des pinces de la 2° paire sont plus courts que la paume.
Le P. Moorei Caïman, du Tanganyika, peut être aussi rapproché de la nouvelle espèce. Caïman a du reste montré ses ressemblances avec le P. scabriculus Heller : le carpe est à peu près égal auméropodite (très légèrement plus long), les doigts sont presque 1 fois 1/2 aussi longs que la paume, celle-ci est à peu près cylindrique, enfin on remarque sur le membre une trace de spinulation. Les spécimens connus de P .Moorei sont de très petite taille, et peut être seulement des jeunes; comme l’a bien fait remarquer Caïman, ils sont comparables à de trop nombreuses espèces pour que l’on puisse se faire une opinion précise de leurs affinités réelles, et il est très à désirer que l’on continue dans les grands lacs africains, les recherches de ce genre.
Distribution du P. Patsa. — Mare voisine d’Andampy, rivière Manahara(G. Grandidier), bras de l'Onilahy(G. Grandidier), Baie d’Antongil (Mocquerys).
P. (Eupalæmon) rudis Heller.
P. rudis Heller, Verh. Zool. bot. Gesell. Wien, p. 527, 1862.
— — Reise Novara, Crust., p. 114, 1865.
— Ortmann. Zool. Jahrb., Syst., V, p. 741, 1891.
P. mossambicus Hilgendorf. Monatsb. Ak. Wissensch. zu Berlin, p. 839, lab. IV,
fig. 1878.
— — Land et Susswass., Decap. Sud Afrik., p. 29, 1899.
— Ivoelbel, in De Man. Max Weber's Zool. Erg., p. 440, 1892.
Dans la diagnose très complète qu’il donne du P. Mossctmbicus, Hilgendorf fait remarquer l’étroite ressemblance entre cette espèce et le P. rudis Heller, mais il objecte toutefois que, dans l’espèce de Heller, le rostre est plus court que le scaphocérite, et que les pattes de la deuxième paire ne sont pas recouvertes de poils feutrés.
La description de P. rudis Heller, a été complétée par Koelbel, mais dans ces indications complémentaires, reproduites par de Man, pas plus que dans la description de Heller, il n’est question du revêtement feutré des pinces,
simplement qualifiées par Heller de « brevitcr pubcscentes ».
L’examen du type du P. radis Heller, m’a permis de lever tous les doutes sur l’identité de cette espece et du P. Mossambicus Hilg.
Le spécimen de Heller est un <+, long de 92 millimètres dont les caractéristiques sont inscrites dans le tableau ci-joint.
LONGUEUR
2 e PAIRE.
du rostre
FORMULE
ce
rostrale.
par rapport au
en
COLLECTEUR
pédoncule
eu
su
te
antennulaire.
Égale l’épine lat. du scapho.
Heller
(Ceylan).
= scapho.
Hilgendorf
(Mozamb.)
Égale l’épine lat. du scapho.
G. Grandidier.
---(anormal)
Égale l’épine
lat. du scapho.
Égale l’épine
lat. du scapho.
Le rostre ne dépasse que très légèrement l’extrémité du pédoncule antennulaire ; la carapace, faiblement scabredans la région orbitaire, le devient de plus en plus à mesure qu’on s’approche du bord inférieur des branebiostégites. La l re paire de pattes dépasse le bord antérieur du scaphocérite de toute la pince et du tiers distal du carpe.
La 2 e paire de pattes est très nettement, et sur toute sa surface, recouverte de poils feutrés, qui, sur le membre examiné à sec, forment un enduit blanchâtre se détachant avec facilité. Ce feutre est peu développé et laisse à nu plusieurs points de la surface du membre, surtout aux arti-
H. COUTIÈRE.
culations. Il devient beaucoup plus épais à la face interne des doigts, où les poils très fins, longs et mous, qui le composent, dissimulent presque entièrement les dents arrondies et mousses qui forment l’armature de la pince.
Ces dents, disposées sur chaque doigt de part et d’autre de l’arête tranchante médiane, sont plus nombreuses du côté interne de la pince (à gauche de l’arête, sur la pince droite, et vice versa). Près de l’articulation se trouvent, sur chaque doigt, deux dents plus fortes, la plus antérieure étant très aigue (PI. XJ£.fig. 24).
Les spécimens que j’ai étudiés reproduisent très étroitement tous ces caractères. Ce sont tous des çf très adultes, mesurant 110à 120 millimètres de longueur totale.
Le rostre est toujours plus petit que le scaphocérite et n’atteint que la longueur de son épine latérale, la carapace est fortement scabre, surtout dans la région inférieure des branchiostégites. La 3 e épine rostrale a tendance à devenir post-orbitaire. (Dans le type de Heller, elle est à cheval sur le bord de l’orbite).
La l re paire de pattes est absolument celle du type; la 2 e paire est abondamment recouverte d’un court feutrage, de nombreuses places en sont cependant dépourvues, surtout aux articulations, comme l’a très bien figuré Hilgendorf.
L’ischiopodite est scabre, mais le reste de la pince est lisse, contrairement à ce que dit Heller ; l’apparence rugueuse de cet article est due aux enfoncements très rapprochés où prennent naissance les bouquets de poils mous qui constituent le feutre.
La principale différence entre le type de Heller et les spécimens de Mozambique et de Madagascar est celle-ci : les doigts, chez les derniers, joignent entièrement lorsque la pince est fermée, et le doigt mobile est faiblement courbé à la pointe. Sur le type de Heller, provenant de Ceylan, le doigt mobile est fortement courbé à la pointe, et les doigts laissent vraisemblablement entre eux un certain intervalle, chez
l’animal vivant. 11 serait intéressant de voir, sur une série de spécimens de Ceylan, ce que devient cette légère variation. L’armature des doigts est absolument la même comme disposition, le nombre de dents plus élevé des spécimens madécasses tenant à leur plus grande taille.
Les dents des deux séries linéaires, sur chaque doigt, sont aussi plus obtuses chez ces derniers, c’est un caractère constant de « sénilité » que j’ai fait aussi remarquer chez les P. Icir et les P. lepidactylus très adultes.
On peut voir par le tableau ci-joint que les spécimens de Ileller et d’Hilgendorf prennent place parfaitement dans la série des exemplaires madécasses, entre l’un de ceux-ci, chez lequel les doigts sont plus longs que la paume (n° 1), et les quatres autres, chez lesquels les doigts sont plus courts. 11 se trouve même que les spécimens de Madagascar sont plus rigoureusement semblables au type de Heller que les exemplaires décrits par Hilgendorf, chez lesquels le rostre est plus allongé. 11 y a sans doute dans ce dernier point une variation locale, comme en présentent la plupart des espèces du genre, lorsque leur distribution est étendue ( 1 )
L’un des spécimens de Madagascar (n° 2) présente une anomalie assez rare. Le rostre est dédoublé vers le tiers proximal de sa longueur, et se termine par 2 pointes. L’une d’elles, celle de droite, est le rostre normal,en tous points semblable à celui des autres spécimens. Elle porte sur le bord supérieur 8 dents, de sorte que la formule rostrale, en
supposant le rostre redressé, serait
(Pl.XJPïg. 23).
La seconde pointe est plus courte, elle ne porte que 5 dents supérieures, et son bord inférieur en est dépourvu. En examinant de près les rapports des deux pointes, on voit nettement que le rostre normal a été infléchi vers la droite, et sa paroi gauche déchirée. La pointe surnuméraire a pris naissance
(1) Dans les deux exemplaires de P. rudis Heller, qui m’ont été communiqués, il s’en trouve un qui n’appartient nullement à cette espèce, mais bien au P. Idæ Heller. J’ignore si ce spécimen a été déterminé par Heller.
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sur cette blessure, et l’on peut faire les remarques suivantes :
J “l’angle que font les deux pointes avec le plan sagittal est absolument le même; 2° la paroi antérieure de la pointe surnuméraire n’a laissé aucune trace de soudure avec la paroi antérieure (ou gauche) de la pointe normale, alors qu’entre la même paroi gauche de cette pointe et la paroi postérieure du rostre surnuméraire la ligne de suture est très visible et assez irrégulière.
Les causes qui font le rostre se diriger normalement dans l’axe du corps, et parmi elles la pression interne ou turgescence du corps, sont évidemment intervenues pour faire croître la nouvelle pointe rostrale symétriquement à la première. Les deux remarques faites plus haut (soudure plus facile dans la région antérieure et médiane, semblable direction des deux pointes) paraissent même établir que le changement survenu dans la direction et l’intensité normales de la turgescence dans le rostre est la cause directe de l’anomalie présente, mais on ne saurait conclure dans ce sens avant de nouvelles observations et surtout des expériences directes sur ce point.
P. lar Fabr.
P. lar Ortmann. Zoo/. Jahrb ., Bd. V, p. 724, 1891.
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P. Mayottensis Hoffmann, de Man, Notes Leyden Muséum , 1, p. 173, 1879.
P. Reunionnensis — — — 1, p. 174, 1879.
Cette espèce,Tune des plus largement distribuées, est aussi parmi celles qui comptent le plus grand nombre de synonymes. Hoffmann, von Martens, Miers, Ortmann, Thallwitz, Hilgendorf, et surtout de Man, ont contribué à établir l’étendue de ses variations : j’ai pu confirmer et parfois étendre les données de ces auteurs sur une série, assez restreinte cependant, de spécimens provenant de Madagascar.
Les adultes çf du P. lar sont d’une détermination facile, mais les jeunes du même sexe, et surtout les Q de tout âge, ont pu être facilement décrits comme de nouvelles formes. En effet : 1° les caractères du rostre varient dans une mesure assez étendue.
2° Chez les 9 de tout âge et les çf jeunes, la longueur des pinces de la V paire est inférieure à celle du corps, alors que chez les çf adultes typiques, elle atteint une fois et demie sa longueur.
3° 11 existe, chez les adultes, un dimorphisme qui donne à certains d’entre eux l’aspect extérieur des Q en ce qui concerne la longueur et l’armature des pattes de la 2 e paire.
4° Les doigts de la pince, qui joignent exactement et sont presque inermes chez les Q , les çf très jeunes ou « féminisés », prennent chez les çf adultes typiques, une forte armature de dents, en meme temps qu’il deviennent de plus en plus béants.
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Voici le tableau des caractéristiques des spécimens que j’ai examinés :
CS
Ed
en
FORMULE
rostrale.