AGE DU BH0N7.E. - APPENDICE
et dans quelques bronzes aussi le plomb. Les éléments accidentels sont l'argent, le plomb' le fer, l’antimoine, le nickel et le cobalt. Quant aux deux derniers, je croyais, au début de ce travail, que leur présence pourrait autoriser des conclusions sur l’origine du cuivre employé aux bronzes; mais lorsque je vis que ces métaux s’y trouvaient, — bien qu’en très-petite quantité, — beaucoup plus fréquemment que je ne m’y étais attendu, j’ai dû abandonner cette idée et je ne m’en occuperai donc pas davantage.
Éléments principaux des bronzes. 1° Le cuivre est incontestablement l’élément le plus important des bronzes et en même temps celui dont la proportion est la plus forte; cependant sa quantité varie de 67 à 95 p. 100 et même au delà. Il faut, en outre, considérer qu’après déduction de l’étain tous les éléments accidentels, tels que l’argent, le plomb, le fer, l’antimoine, lé nickel, le cobalt, doivent être ajoutés au cuivre comme faisant partie de ses impuretés, de manière qu'il est difficile d'indiquer, d'après les analyses, une proportion constante et intentionnelle de son alliage avec l’étain. Selon que le cuivre provient d’oxydes purs ou de minerais sulfurés trèsimpurs mélangés de différents sulfures métalliques, son influence sur la composition des bronzes est considérable, en ce que les quantités plus ou moins grandes d’éléments accidentels sont en rapport avec son degré de pureté, ainsi que les bronzes de Mecklembourg le démontrent d’une manière frappante.
2° L'étain. D’après les traditions historiques, l’étain aurait été introduit dans le commerce par les Phéniciens et répandu par eux en Europe, en ce sens, sans doute, que ce peuple commerçant apporta directement ce métal aux habitants des côtes, d'où il se fraya un chemin jusqu’aux contrées intérieures au moyen du commerce d’échange, ce qui expliquerait aussi pourquoi l'étain apparaît dans les bronzes en proportions si variables de 3 à 4 p. 100 jusqu’à 20 p. 100 et plus, selon qu’il se trouvait plus ou moins abondant, et sans égard aux prcxpriétés qu’il pouvait communiquer au bronze. Comme l’étain
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provenant dos îles à t ■ tain était de l'étain alluvionnaire, son influence sur les bronzes n'étaif, vu sa pureté relative, qu'en raison de la quantité employée.
3" Le zinc n'apparaît que tard, dans les bronzes de l'âge du fer. Quoiqu’il n’ait été reconnu comme un métal particulier que vers la lin du quinzième siècle, cependant, déjà au troisième siècle avant notre ère, on l’ajoutait, sous forme de calamine naturelle ou de cadmie, à la fonte du cuivre et du bronze, pour obtenir un alliage jaune. Tous les bronzes contenant du zinc appartiennent par conséquent 5 des temps postérieurs à la période de bronze et demeurèrent inconnus à l’âge du bronze proprement dit.
li° Le plomb ne se trouve, d'après les analyses communiquées, qu’en si petite quantité dans les bronzes des constructions lacustres, et dans les bronzes celtiques de Hallstadt et du Mecklembourg, qu'on doit l’y considérer comine un élément accidentel provenant de l’impureté du cuivre. A cela se rattache le fait qu’on n’a jamais trouvé d’argent dans aucun de ces endroits, tandis que l’or y est assez fréquent. Il faut en conclure que les populations auxquelles l’argent était inconnu ne connaissaient pas non plus le plomb comme métal particulier.
11 en est tout autrement des bronzes des Grecs, des Égyptiens, des Étrusques et des Romains, dans lesquels le plomb apparaît comme élément intentionnel dans des proportions considérables. Il est démontré que tous ces peuples connaissaient l’argent depuis bien des siècles et qu’ils le possédaient même en partie avant le fer. L'apparition du plomb comme métal particulier, applicable en grandes quantités à des usages techniques, ne peut être expliqué que par le travail métallurgique des minerais d’argent, puisque, dans les temps anciens, l’argent était principalement extrait des minerais de plomb argentifères et ne pouvait même l’être que d’eux, car on n’en C.onnaissait pas d'autres. Ce qui n’empêche pas qu'il n'ait pu arriver nombre de fois, pendant l'âge du bronze, que le plomb