‹ Les Palafittes, ou Constructions lacustres du lac de NeuchatelChapitre 33 sur 36 · AGE DES PALAFITTES DE LA PIERRE · texte numérisé non relu

AGE DES PALAFITTES DE LA PIERRE

Les ténevières ou palafittes de l’àge de la pierre, par cela même qu'elles sont les plus anciennnes , sont les

1. Quelques auteurs se sont crus autorisés à révoquer en doute cette succession des âges de la pierre, du bronze et du fer, en se fondant sur le fait que l'on trouve à Alise des armes des trois âges réunies dans le même fossé, des flèches en pierre à côté de flèches en bronze et de flèches en fer. Mais il ne faut pas oublier qu’il s'agit ici du théâtre d'une mêlée dans laquelle se sont trouvées engagées des troupes venues de tous les points de la Gaule, et dont une -partie pouvait être très-arriérée dans ses armements. De même, nos pères ont vu en 1815, dans l’armée russe, des cosaques armés de l’arc et de la flèche, à coté des troupes les mieux équipées. De ce qu’il y a perfectionnement dans les âges successifs, il ne faut pas en conclure que ces perfectionnements ont été simultanés dans toutes les parties de l’ancien monde. Ainsi, nous ne serions pas surpris si l’on venait à démontrer que les peuples lacustres de l’Italie en étaient déjà à l’âge du bronze, alors que ceux de nos lacs en étaient encore à l’âge de la pierre, tout comme il est probable que le fer a été connu plus anciennement en Étrurie qu’en Helvétie. D’après Guillaume de Poitiers, on se serait même servi d’armes de pierre au xi* siècle, à la bataille de Hastings. Jaclant Angli euxpides et dirersorum generum tela sœvissimas quoique secures et lignis imposita saxn.

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moins susceptibles d’une détermination chronologique. Comme en géologie, il ne peut être question ici que d'une chronologie relative. S’il est hors de doute que les ténevières ou palafiltes de l’àge de la pierre sont antérieures aux palafittes de l’âge du bronze , il n’est pas moins certain, d’un autre côté, qu’elles sont postérieures aux premières traces de l’homme, telles que nous les ont révélées les recherches géologiques modernes et spécialement :

a) à l’époque des haches de Moulin -Quignon et d’Abbeville où l’homme était contemporain du mammouth.

/;) à l’époque des brèches osseuses des Pyrénées, où MM. Lartet et Christy nous montrent l’homme associé au renne et taillant sur les empaumures des bois de cet animal l’image de quelques animaux domestiques qu’il possédait, y compris le renne lui-même *.

c) aux kokkenmbdings du Danemark, dans lesquels nous ne trouvons, en fait d’animairx domestiques, que le chien.

rf) aux tourbières d’Islande et de l’embouchure de la Somme qui renferment l’élan aux grandes cornes ( Cervus megaloceras) .

Toutes ces époques, si tant est qu’elles soient distinctes , ne possèdent encore que la hache taillée au choc, tandis que la hache de nos ténevières est toujours usée et polie.

Si l’on arrive jamais à quelques données plus pré-

1. D’après les dernières recherches de M. Lartet, on y trouverait aussi la Ggure du mammouth.

ANCIENNETÉ DES PALAFITTES. III

cises sur l’époque des téuevières, ce sera plutôt par l’étude de gisements qu’à l’aide de documents écrits.

Déjà nous possédons quelques essais sur cette chronologie géologique. Ainsi M. Morlot 1 a profité d’une tranchée que le chemin de fer a creusée à travers le cône de déjection de la Tinnière, près de Villeneuve, pour étudier la structure de ce cône. Il assure y avoir trouvé des traces de trois époques distinctement superposées, l’époque romaine, l’époque du bronze et l’époque de la pierre, représentées chacune par un ancien sol. En comparant les profondeurs de ces différents sols, il a été conduit à attribuer à l’àge du bronze une ancienneté de 29 à 42 siècles et à i’àge de la pierre de 47 à 70 siècles.

M. Gilliéron, 2 de son côté, en étudiant les atterrissements du lac de Bienne, est arrivé, comme nous l’avons vu plus haut, à un résultat à peu près analogue , puisqu’il a fait remonter la station de pierre du pont de Thielle à G7 1/2 siècles au moins.

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