‹ Les Palafittes, ou Constructions lacustres du lac de NeuchatelChapitre 35 sur 36 · Oie Ureinwohner Scandinavie · texte numérisé non relu

Oie Ureinwohner Scandinavie

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que les objets en bronze de la Scandinavie et les tombeaux qui les recèlent rentrent dans l’àge du fer. comme c’est le cas des antiquités de Hallstadt et de celles des nécropoles étrusques de la Romagne qui font , dans ce moment, l’objet des fouilles et des études de M. Gozzadini. Aussi bien les Phéniciens connaissaient l’usage du fer, et l’on ne comprendrait guère pourquoi ils l’auraient exclu de leur commerce sur les côtes Scandinaves, tandis qu’ail leurs et spécialement à la Tiefenau, les monnaies de leurs colons de Marseille se trouvent associées aux objets du premier âge du fer.

Les Etrusques ne sauraient non plus être passés sous silence dans cette discussion. Occupant la Toscane et l’Ombrie , ils y étaient parvenus à un degré de civilisation très-avancé qui a dû réagir sur leurs voisins et s’étendre, en tous cas, aux habitants de la plaine du Pô et du pied des Alpes. Nous avons parcouru, en vue de cette idée, les diverses collections d’antiquités étrusques en Italie. On ne saurait méconnaître une certaine ressemblance générale avec plusieurs de nos objets lacustres, mais cette ressemblance ne s’étend pas aux détails. Les antiquités de l’Étruric attestent une civilisation beaucoup plus avancée et spécialement des procédés en métallurgie qui étaient inconnus aux habitants de nos stations du bronze. Les Étrusques connaissaient d’ailleurs le fer aussi bien que les Phéniciens, et nous venons de voir que la composition de leurs bronzes est différente, puisqu'ils y faisaient entrer du plomb, qui est complètement étranger à notre âge du bronze.

Or il n’est pas admissible que s’ils avaient été les

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fournisseurs des stations lacustres du lac Majeur, on ne trouvât pas dans ces stations quelques traces de cette fabrication ou quelques objets en fer, attendu qu'à cette époque le fer était déjà très-répandu *.

C’est donc au delà des Étrusques et des Phéniciens qu'il faudrait reporter le commerce de l’àge du bronze de nos palafittes. Il appartiendra aux historiens de rechercher s’il n’existe pas, outre les Phéniciens et les Carthaginois, quelque peuple navigateur et commerçant qui aurait trafiqué par les ports de la Ligurie avec les peuples de l'âge du bronze des lacs d’Italie, avant la découverte du fer.

Remarquons en passant que rien ne prouve que les Phéniciens aient été les premiers navigateurs. L’histoire mentionne, au contraire positivement, sous le nom de Tokkari, des prisonniers qui auraient été vaincus dans une bataille navale livrée par Rhamsès III, au xiii' siècle, avant notre ère *, et dont la physionomie, suivant Morton, indiquerait le type celtique. Or, il est permis de supposer que s'ils avaient assez d’énergie

1. D'après Homère, Pseudomentes l'ail le commerce de l'airain et du fer. Odyssée I, 184. — La Bible mentionne le fer en bon nombre d'endroits. Il est question de charriots en fer dans le Ibre des Juges I, v. t9, d'un lit en fer dans le Deuleronome, V, v. 11. L'usage du fer est même considéré comme une profanation dans les monuments consacrés au culte, E-ode XX, v. ît, Deutéronome XXVII, v. 5. EnOn d'après la tradition mosaïque, l'âge du fer remonterait au delà du déluge, puisque Tub.tlcaïn aurait déjà forgé le fer. D'après celte chronologie, il ne reste que bien peu de marge pour les âges du bronze et de la pierre, qui, de l'aveu de tout le monde, embrassent cependant des périodes fort longues.

i. Noll et (ïliddon, Types nf maukhui. p. t“>7.

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pour se mesurer sur mer avec l’un des puissants rois de l’Égypte, ils devaient, k plus forte raison, être en mesure de faire le commerce le long des côtes de la Méditerranée et peut-être de l’Atlantique. Si un pareil commerce a réellement existé antérieurement aux Phéniciens, il ne se sera pas borné au versant méridional des Alpes. Il a dû s’étendre également aux peuples de l’àge du bronze en Suisse. L’introduction du bronze remonterait ainsi à une très-haute antiquité, sans doute au delà des limites de la plus ancienne histoire européenne.

AO K DES PALAFITTES Dt! FKH.

L’incertitude n’est plus aussi grande à l’égard de l'époque du fer, qui paraît avoir succédé immédiatement à l’àge du bronze. Les armes et ustensiles recueillis parmi les pilotis de Marin n’ont plus le même caractère exceptionnel. Bien qu’étrangers encore à l’histoire *

positive, ils se rattachent cependant plus ou moins directement à d’autres événements , dent la date peut être fixée au moins approximativement. C’est ce qui, selon nous, donne à la palafitte de la Tène, près de Marin, son importance prépondérante; elle est, en Suisse, le trait d’union entre les âges lacustres et les commencements de l’histoire.

En effet, les ustensiles et armes de la Tène, pour n’être pas romains, ne nous sont pas tout à fait étrangers. Il suffit de les comparer à ceux que l’on trouve

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LES IWLAK1TTES.

près de Berne, dans une localité qu’on est convenu de désigner sous le nom de champ de bataille de la Tiefenau, parce que des débris de toute sorte y sont entassés pêle-mêle comme sur le théâtre d'une mêlée. Parmi ces débris, qui ont été décrits par M. Jalin 1 et figurés par M. de Bonstetten *, se trouvent , en fait d’armes, une centaine d’épées et de grands fers de lance identiques avec ceux de la Tène; eu fait d’ustensiles, des anneaux, des fibules, des restes de cottes de mailles, des fragments de bracelets en fer, des débris de chariots, le tout sensiblement détérioré par l’oxydation, mais n’en portant pas moins le même cachet que les objets de notre station lacustre. Enfin, on y trouve des monnaies. Ces monnaies, en argent et en potin, ne sont pas romaines ; elles sont gauloises et marseillaises. Par conséquent, si la station de la Tène est contemporaine, elle doit remonter k l’époque où les Ilelvétiens, qui ne sont qu’une branche des Gaulois (bien que venus de la Germanie), habitaient la Suisse.

ORIGINE Kl FILIATION DES RACES LACUSTRES.

On ne peut guère traiter de l’ancienneté des races lacustres, sans aborder en même temps la question de leur origine et de leur filiation. D’où sont venus ces peuples qui avaient une si grande prédilection pour l’eau, et à quelle souche appartiennent-ils?

t. Mémoires île la Soc. hislor. du canton de berne, t. IL p. 350. ï. Supplément au Recueil d’antiquités suisses. Lausanne, 1860.

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Quelque frappante que soit cette propension à s’établir sur l’eau de préférence à la terre ferme, on ne saurait cependant s’en exagérer l’importance au point d’en conclure que tous ceux qui ont érigé des palafittes étaient nécessairement de même race. Ici encore il y a lieu à distinguer entre les époques.

Nous venons de voir que, selon toute apparence, les peuples de l’âge du fer appartiennent à la grande souche gauloise, que ce sont ces mêmes Helvétiens qui, sous Divicon, battirent les Romains, et qui, plus tard, émigrèrent sous Orgétorix. Ce n’étaient pas des autochthones, puisque les auteurs anciens nous apprennent qu'ils étaient venus des bords du Rhin. D’un autre côté, les débris de leur civilisation, tels qu’ils se retrouvent dans la palafitte de la Tène portent d’une manière trop accentuée l’empreinte gauloise, pour qu’on ne soit pas tenté d’emblée de les identifier avec les objets similaires que nous ont fournis les tombeaux et les champs de bataille de la Gaule.

Mais quel est le rapport de ces Gaulois constructeurs ou habitants de la palafitte de la Tène avec les peuples des palafittes de bronze?

Quand, dans une collection quelque peu complète d’antiquités lacustres, on considère d’une part les objets recueillis dans les palafittes de l’âge du bronze, et d’autre part ceux de l’âge du fer, on est frappé de la disparate qui règne entre ces deux séries. Armes, ustensiles, objets de luxe, tout est différent. D’un côté, dans la série du fer, le cachet d’un peuple actif, énergique, visant aux choses pratiques ; de l’autre côté, le soin des

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