XII. — FEMMES
Monsieur le Procureur du Roi, (1) Je suis débile, car je pleure toujours à cause de ma surdimutité dans cette grande misérable prison. Je ne puis pas parler, c'est pourquoi, toujours seule en cellule, jy suis si mal. J'ai reçu son billet, j'ai volé quelques habits et autres objets pour une valeur de 125 francs, mais j'avais restitué tous les habits à la couturière Ditta Lévy. Bast!je ne connais pas d’autres habits. Mardi il y a deux mois que je suis en prison, 15 janvier. Mon mari ne peul m'apporter aucun aliment, parce que mon mari est pauvre; payer deux bauses. Je patiente beaucoup et mange le pain sec et la soupe. Jai si mal à la tête qu'un jour j'y succomberat. Je me recommande à votre pitié et demande que vous m'accordiez ma liberté provisoire. Jai froid et je suis vieille, j'ai besoin de boire le café quelquefois. Je désirerais savoir combien de mois encore il me faut attendre ma liberté provisoire, et J'espère que votre réponse me fera savoir dans combien de temps; je serai tranquille, car si M. le Procureur ne me donnait pas la liberté provisoire, j'aurais peul-ètre encore un an à passer en prison. Vous serez comme un bon père pour moi, pauvre ; rester encore un an en prison, je ne le puis pas, car Je ne parle jamais aux femmes. Je prie M. le Procureur de me mettre dans une autre prison, à l'Ergastolo, où il y a beaucoup d’autres femmes avec lesquelles il est permis de parler, ce sera ma consolation.
Toujours seule en cellule avec ma tristesse, je ne veux plus
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(1) Lettre d'une sourde-muelte, trois fois condamnée pour vol. Elle écril comme tous les sourds-muets avec une grammaire spéciale.
Pauvre Antoinette (1) comme je suis disgraciée. Je viens du Bon Pasteur et ils me conduisent à la Prison Neuve. Je vous avertis, à Jeunes filles, de ne pas vous amouracher avec des voituriers, parce qu'ils sont tous... Pauvre fille, quoi de plus douloureux que d'être à la Prison Neuve ; j'ai 16 ans seulement et j'en suis réduite là ; et tout pour vouloir faire à ma tête : mais ce n’est encore pas assez, j'ai perdu la santé, car je suis empestée, j'ai la vérole qui coule toujours et je ne sais ce qu'il en sera.
Pauvre Antoinette, qui est-ce qui sait quand j'en sortirai : il y à six mois que Je suis ici, je ne sais pourquoi, ni quand j'en sorlirai, Peut-être me tiennent-ils ici pour mémoire.
Je veux faire fortune ; je veux prendre la couronne de Ja virginité à tous les jeunes hommes très forts dans... le lit. Borst Sibo.
Dans la Bonne Semaine. — Souvenir de la détenue Sart. Gius, pauvre malheureuse prostituée, entrée dans cette prison le 19 août, sortie le 3 septembre N’allez pas faire la prostituée, allez plutôt vous noyer, car on gagne plus de prison qu'autre chose. Notre vie est destinée à la prison. Adieu, Sart. Gius.
Idem. — Filles, prenez garde de faire mauvaise vie, c’est-àdice la prostituée, car vous serez toujours en prison, et rien autre : vous n’avancerez à rien, vous serez mal vues de tous et toujours malades. Et puis vous serez toujours dans la crainte de recevoir des coups de couteau ou des claques. Si vous avez à parler à qnelque homme, cherchez bien quelqu'un qui vous entretienne et non quelqu'un qui vous mange de l'argent comme cela m'arrive toujours. Que ceux qui liront cela prient pour moi, car j'en ai bien besoin, dites un Ave Maria, un Pater etun Gloria, cela m'aidera, car je suis bien malheureuse; Je suis toujours malade (de syphilis).
Idem. — N'aimez pas les femmes, aimez un homme et vous serez respectées de tous ; si vous aimez une femme, vous serez
(1) Prostituée et voleuse de 17 ans.
odieuse à tous; mieux vaut un homme vilain que toutes les belles femmes. Sart. Gius.
Idem. — Sart. Gius. de Turin aime sincèrement C... et pour lui, reviendra à Milan au prix mème de la mort. Comme c'est beau, quand deux personnes s'aiment !
Dans le volume de Bayer, Vers à la Très Sainte Marie. — Mariette du Tranchant (!) salue tous ceux qui la connaissent, les femmes tant que les jeunes gens. Je suis ici à cause de mon gonze, qui ne vient pas me voir : c'est le Lécheur. Quand je serai dehors je ne me prèterai plus à ses fantaisies, je ne la lui donnerai plus à lècher, je l’enverrai ailleurs lécher et manger les pâtes dans le c... ; et celle à qui il plaira qu’elle s’en mette de dures, qu’elle appelle mon gonze, 1l s'y connaît : il aura vite fait de la prendre avec la langue et de la manger. Je n’écris pas Son nom, Car Je suis trop amie avec sa sœur à laquelle je veux beaucoup de bien !!
Dans Personio, Guide au salut éternel. — Ts sont passés les temps où l'on croyait aux prètres et à leurs saints crocodiles. Ce sont lous des mensonges auxquels on n'ajoule pas foi, autrement tous iraient en enfer. L'auteur, qui veut faire le savant, aurait mieux fait d'écrire l'erreur dans laquelle peut conduire la lecture de ce livre.
Dans Bayer, Vers à la Très Sainte Marie, — La Mariette du Tranchant (!) salue ses amies qui font la truie comme elle et salue tous les jeunes gens qui l'ont b... Agitez-vous donc une fois l'oiseau à ma santé, moi je me l’agite à la vôtre ; et quand je serai libre, venez me trouver, car je l'ai toujours chaude et étroite à souhait. Vive la joie |
Sur le Périodique religieux illustré. — Dans cette mer orageuse qui se nomme le monde, je n'ai trouvé que de fugitifs
plaisirs et de cruels désenchantements. Si j'ai éprouvé quelque félicité, je l'ai payée au prix de larmes bien amères. Ne croyez plus à l’amour des hommes ; pour eux, l'amour est un passetemps : quand vous aurez sacrifié pour eux, honneur, famille, religion, intérêts, jeunesse, ils vous tourneront le dos avec mépris et chercheront d'autres amours. Voilà ce qu'est l'homme,
Idem. — Cette feuille, de cœur je t'envoie.
Je l’ai écrite hier soir en pleurant, Sans encre et sans plume.
La pointe de mon cœur était la plume, Le sang de mes veines était l'encre.
Si plume et encrier un peu te touchent Si je mérite pitié, je te prie, une réponse, Adieu, adieu, Adieu mon bien, Adieu, mon amour, Tu es mon cœur, :
Pour toi je mourrai. 1836 (i)
Sur le Catéchisme d'économie politique. — Très beau cet almanach, vraiment beau ; il fait venir la faim vingt fois par jour. Carolina salue tout le monde, ils m'ont prise pocharde à l'auberge des jardins et m'ont fait passer lanuit. Le 21 novembre 1884, je vais au jugement.
Pauvre Mathilde, en quel état lu es réduite pour avoir pris des objets donnés en paiement sans en avertir les supérieurs.
CONFESSION DE SAINTE Marie
Condamnée à demeurer dans ce lieu de damnation.— Arthur- Cavalo. — Colonel B. C. — Bersaglieri.
Du 11 janvier au 1f avril Qui forment jours, 90 Nous en avonsfait 17 Il nous en reste 73
Re
Ma disgrâce est celle-ci :
Je suis condamnée injustement.
Pour moi, je vais dans la cité dolente.
Pauvre Pinot! malheureux amant! et ne pouvoir être près de la personne aimée, Célestine.
Un grand membre en érection, et au milieu : Cher petit oiseau. Et ailleurs Idem et avec : Toujours comme cela.
(1) CGomplice d’assassinat et de vol, adultère, à son amant et complice,