SALUT ET CONSEILS AUX CAMARADES
— Tunin, arrêté le 6 octobre 1885 pour vol, innocent. Salut aux amis malheureux qui sont ici. Adieu pauvres infortunés.
— Moro del Palasita salue les amis. Je prie et vous priez le Seigneur.
— Malheureux amis qui venez ici, soyez heureux si vous pouvez.
— Culala del cor d'Or salue les amis. Soyez toujours joyeux. Ce n’est qu'un passage; adieu. Nous nous retrouverons en Champagne (1).
— Papurello Fernandino a été incarcéré le 16 septembre. Aceusé de vol à la tire il ne sait encore rien. Salut de bon cœur à tous les amis. Courage. Tout a une fin.
— Adieu, amis d'infortunes. Aujourd'hui 2 novembre, demain 3, je sors après avoir payé 3 mois. G. C. Porta Pila.
— Biondin va à la Générale le 28, pour 7 ans. Il n’en sortira plus. Adieu, amis. Soyez joyeux.
— Salut au lecteur. Courage! le courage triomphe toujours du malheur.
— Dieu P. P. M. Soyez joyeux si possible. Sous peu nous irons à la paye (nous serons condamnés). La sentence des jurés qui nous renvoie devant le Tribunal est du 24 février.
— Fieschi salue les amis. Je suis ici depuis trois mois et ne sais rien encore. Toujours joyeux (1). Je suis inculpé de révolte à la Générale, mais faussement. Adieu tous, on sortira !
— Guglielmino, arrêté le 21 juillet 1885. Vers le milieu de mars 1886 j'espère aller aux Assises. Soyez joyeux, amis. L'homme joyeux recoit assistance du ciel.
— Courage donc compagnons. Je prie pour ton acquittement. Combien de jours faut-il à une lettre écrite d'ici pour arriver à sa destination. Le 264.
— Fais-moi savoir l'issue du procès et dis-moiï ton nom. Moi, je m'appelle Carlin.
(1) Ce qui montre combien sont peu terrifiants les effets de la prison.
— Salut à Guglielmino. Qu'il ait du courage aux Assises de jeudi. Je lui prédis que tout ira bien. Tout ira bien aussi pour moi, d'ici à quelques mois. Adieu. Le 264.
— Cocula di Vanchia, arrêté pour vol le 3 août 1885, salue les amis. Je vais aux Assises en mars 1886. Daté de la prison de Turin le 30 janvier 1886. Signé Cocula.
— Bagat salue les amis; je suis arrêté pour vol depuis 5 jours et j'ignore si je sortirai provisoirement. Probablement puisque c'est ma première arrestation. Adieu, adieu.
— Si ce livre vous parvient, je suis Guglielmo. Je salue les pauvres amis de causes (complices). Soyez joyeux. Le ciel aide l'homme joyeux. Songez que bientôt nous irons aux assises et nous verrons alors ce que deviendra cette plaisanterie.
— Bunard salue les amis du Borgo S’ femmes et tous les
voleurs. Pauvres voleurs (1).
— Adieu, cher ami. Courage ! Tu es malheureux comme moi. On ne fait plus rien de bon à Turin, plus rien ! I nous faut aller en France. Moi j'y suis allé deux fois el je veux y retourner. Nous nous retrouverons donc. Deux ans passent vite. Courage ! J'en ai bien, moi qui ne sais pas comment tout ira. J'augure bien. Courage donc ami. Je suis le Bersagliere.
— Patience, chers amis. Un jour ou l’autre, nous sortirons de ce sépulcre, vrai tombeau des vivants. Spigol, 1885.
— Toujours joyeux, — car « Le ciel aide l’homme joyeux » dit le proverbe. Tombe-t-il à terre, il se rompt l'échine ! Allégresse donc ! car si nous ne sommes pas Joyeux, les heures sont des jours et alors nous serons frais !
— Pauvre Cichin, je suis inculpé de 3 vols; j'en ai avoué un, je nie les deux autres. Sije n'avais pas été frahi par les amis, j'en étais quitte pour six mois.