XI. — LYRIQUES
LaueNrArioONs. — VIiE DU PRISONNIER. — SITUATION
— Je suis ici avec un ballot de papier. J'attends ma soupe avec force soupirs el gémissements. Pour une misérable nuit de débauche, être à jeun pour douze mois, c'est une poire trop dure. Ah! mes chers piémontais ! Oh ! Humbert situ savais comment ils s’y prennent (/es juges) pour nous juger, j'en suis certain, tu les enverrais pêcher des pierres au fond de la mer : celui-là dort et après il baïlle, l'autre chante des hymnes à Bacchus, le troisième toujours plus émerveillé prise éternellement du tabac.
Pireuse Histoire
des 5 000 francs du malheureux F... Achille qui était revenu
de la Nouvelle-Caledonie.
Je veux vous conter l’histoire — de cinq mille francs du malheureux Achille évanouis au cellulaire.
Histoire piteuse et triste. — Oui vous tirera les larmes et on prouvera que la vie n’est que douleur.
Des mers d'Australie, revenu sain et sauf — son magot adoré étreignant sur son sein, — nolre bon Sar.... — étudiait dans
(1) Ce chapitre est dans l'ouvrage original de Lombroso, entièrement constitué de phrases écrites par des détenus.
PALPIMSESTES DES PRISONS 93
sa Lète — Quel serait le métier — Qu'à Rome il pourrait exercer. —
— Lorsque oh ! malheureux cas — dans la prison de Turin un fameux geôlier découvre ses desseins, etc.
Le Suicipe
— La mort est une bonne chose — lorsque la vie est aussi ennuyeuse — avec un bout de corde — on fait un nœud coulant En quelques minutes — tu te sors d’embarras.
— Qu'est-ce que j'ai à faire ? — parmi ces gens qui voudraient me condamner — Tandis que je suis innocent ?
— Comme cela est glorieux et triomphant — J'irai voir — si l'enfer est — comme Dante le décrit.
— Après tout ! Je dois bien mourir — Pourquoi attendre encore — pour continuer à souffrir ?
— Soyez gais. — Piétro.
Caanr DU PRISONNIER
Prisonnier qui pàle et affligé — Attends le jour joyeux — Ton chant mélancolique — Envoie-le par le monde — Bien qu'il soit douloureux et pénible — Quelqu'un l'écoutera.
Une voix inconnue souvent me parle d'un ton si doux el placide, que le cœur revient à la vie — Mais ce malheur qui m'oppresse — En pleurs le brise.
Je vois fuir les siècles — Les jours, les mois, les années — Mais en vain je cherche la fin — De ces longues angoisses.
Alors je palpite — Et mon cœur s'élance vers Dieu — Et demande en gémissant la liberté.
Rimes EN Prose
Mieux vaudrait mourir que vivre comme cela à languir — Nous devrions bénir Turin, mais laisse-les s’en aller ils mourront avant nous et je me fiche de tous.
Les prisons sont tourmentantes et misérables — Tu te brises le cœur, et souffres la faim au surplus.
Vigl. du Paris qui salue ses amis.
Chers compagnons qui vous plaignez — d'être ici dans une prison — Quiest-ce qui ne manque, n’a défaut de rien — Comme nous ici dans une cellule ?
Nous avons notre soupe — deux pains — de l’eau aussi. — On vous donne jusqu'à une chemise — pour vous changer sans
payer.
Elle crie sur ces gonds rouillés— La porte de fer dans l'horrible prison. — Pleut une pâle lueur.
Et sur le seuil — Comme sur un brun autel — Un blanc fantôme — Une jeune fille apparaît — Un éclair — dans les yeux
sombres — du prisonnier brille — Et un joyeux frisson court par ses chaînes.
UXE nuir EN PRISON
Un soir, tranquille dans ma cellule — Je reposais sur le lit mais je ne dormais pas — Déjà la cloche avait sonné — Et pourtant je ne pouvais m'endormir.
Sombre se fit la nuit et obscure — Il y avait un épais brouillard et la lune était cachée — Toute entière la nature se tenait endormie — Et mes pensées embrassèrent la fantaisie — Méditant une fuite. — Lorsque la visite fut passée je montai sur la
petite fenêtre — pensant couper les grillages avec une scie anglaise — Et des draps me faire une corde.
Mais tandis que je faisais des plans si jolis — J’entendis les pas égaux du geôlier — J’envoyais au diable mon idée — Et je revins à mon paillasson.
La vie pu Prisonnier.
L'aurore blanchit le matin de bonne heure — La cloche résonne dans la nuit — Alors le pauvre prisonnier commence sa journée — De nouveau 1l doit se promener.
Il saute hors du lit — il fait son ménage — Car bientôt vient la visite — Et il faut que tout soit bien propre.
Après que faire? — Il faut encore se promener, jusqu'à ce que les deux bonshommes viennent visiter la cellule.
Ils te donnent alors un morceau de pain — Qui le mangera Te donne le vomissement.
Dix heures et demie sonnent — On te donne un peu de soupe — Que si l’on écoutait son désir — On leur Jetterais à la tête.
Après je bois une fois — Ce barbare qui n'enivre personne — Sache donc qu'après il faut mâcher — un bout de cigare.
Une heure a sonné — A l'air on va se promener — Et l’on revient dans le cachot — Lorsque deux heures sonnent — on te donne de nouveau un morceau de pain.
Viennent cinq heures du soir — ils entrent et te fouillent — Ils ressemblent à deux assassins — Et après que faire — Encore se promener — Et celle-ci est la vie du pauvre prisonnier.
— Il faut ètre de fer pour résister à ce cachot. Je reste ici tout le jour ramassé et muet. Je m'assieds, je me promène d'un bout à l'autre de mon cachot. — Je pense toujours au temps qui était si gai — Les jours et les soirées, quand j'étais auprès de ma bien-aimée. Ici lorsque je pense à la joie et à la gaieté, le froid me saisit, el chaque joie s'évanouit. Adieu, chers compaenons. Soyez gais.
Déscriprion pe LA Prison (1)
— À Turin, à Porte-Suse, à quelques pas de la station — ils ont fait une galère, mais ils la nomment une prison.
— Üne prison ! qu'est-ce que j'ai dit ?
— C'est une vraie réclusion — bien qu'eux par gentillesse — ils l’appellent prison.
— En voilà l'architecture — elle est faite à double croix — fabriquée avec de la pierre des toits jusqu'aux puits.
— A l'entrée, il y a une grande grille qu'ils appellent par gentillesse la petite grille — Et on passe par un long couloir — et en le voyant on devient pâle.