ANARCHISTE
I. — Il ya tout un Parnasse anarchico-criminel dont il suffira de donner ces fac-simile (1).
Nos pères jadis ont dansé Au son du éanon du passé :
Maintenant la danse tragique Demande plus forte musique.
Dynamitons, Dynamitons !
Refrain
Dame dynamite, que l’on danse vite !
Dansons et chantons !
Dame dynamite que l’on danse vite !
Dansons et chantons et dynamitons !
(1) Voir les Coulisses de l'anarchie, par Flor O’squard, 1892. — Les ARamages du beffroi révolutionnaire, 1890.
P. Paillette. — Tablettes d'un lésard, 1893.
Louise Quitrime. — Rondes pour récréations enfantines.
La poudre à canon de tout temps N'a fait que le jeu des tyrans Tandis que dame dynamite Leur fait éclater la marmite.
Religions, prêtres et rois Sautez avec tous les bourgeois.
Le prolétaire à face blême
A soupé de son long carême !
Dynamitons tous les gavés
De la sueur des affamés ;
Il est temps qu'on en désinfecte Le vieux sol de notre planète !
Plus d’affamés, plus d’affameurs, Des dirigeants, des dictateurs !
C’est bien au tour de la canaille A porter eulotte à sa taille.
Plutôt que le rouge étendard Soit repris par le clan soudard, Nous ferons sauter à la ronde Toute la terre et tout le monde.
Vive la solidité
Des soldats de la liberté !
Mort à tous les capitalistes !
Vivent tous les vrais anarchistes !
La Jeunesse anarchiste du XV®° arrondissement de Paris a fait imprimer chez Chevrel et Duval, rue du Commerce, la Chanson du Père la Purge, dont voici les couplets :
Je suis le vieux père la Purge, Pharmacien de l'humanité, Contre ta bile je m'insurge Avec ma fille Egalité.
Pendant que le peuple s'étiole Sur le pavé sans boulotter Bourgeoisie, assez de ta fiole !
Avec ma purge il faut compter.
J'ai des poignards, des faulx, des piques, Des revolvers et des flingots,
Pour attaquer les flancs iniques
Des Galliffets et des sergots,
J'ai du pétrole et de l’essence Pour badigeonner les châteaux ; Des torches pour la circonstance A porter au lieu de flambeaux.
J'ai du picrate de potasse, ï Du nitre, du chlore à foison,
Pour enlever toute la crasse
Du palais et de la prison.
J'ai des pavés, j'ai de la poudre, De la dynamite, oh ! crénom !
Qui rivalise avec la foudre
Pour vous enlever le ballon.
Le gaz est aussi de la fête ! Si vous résistez, mes agneaux, Au beau milieu de la tempête Je fais éclater ses boyaux.
Ma boutique est toute la France | Mes succursales sont partout
Où la faim pousse à la vengeance, Prends ta bouteille et verse tout !
Refrain
J'ai tout ce qu'il faut dans ma boutique, Sans le tonnerre et les éclairs,
Pour watriner toute la clique
Des affameurs de l'Univers.
Il faudrait aussi reproduire intégralement La Boulangère.
Nous n'en donnerons que les dernières strophes faute d’espace.
Il s'agit d’une boulangère accoudée à sa vitrine, et qui vient de refuser un pain à une mendiante. Trois petites filles passent
par là et, prenant fail et cause pour la mendiante, enferment la boulangère dans son four,
Alors, toujours sur l’air Ron, ron, ron, petit patapen. ] ] , , 2 p p
Pour rire, les fillettes,
Et tin, tin, tin, sonnons le tocsin ; Pour rire, les fillettes, Chauffent le four à point, tin, tin, Chauffent le four à point.
Si bien que la mégère,
Et tin, tin, tin, sonnons le tocsin Si bien que la mégère
Fut cuite sans levain, tin, tin, Fut cuite sans levain
C’est pour apprendre aux riches, Et tin, tin, tin, sonnons le tocsin; C'est pour apprendre aux riches A nous faire crever de faim, tin, tin, A nous faire crever d’'faim.
La série se termine par un chœur de bébés dont voici la dernière strophe :
Maintenant que nous savons Que les rich’s sont des larrons, Si notre pèr’, notre mère
N'en peuvent purger la terre, Nous, quand nous aurons grandi, Nous en ferons du hachis.