SATIRES, IRONIES, IMPRECATIONS AU GOUVERNEMENT
O Code pénal! Tu frappes les filous de peines sévères, mais le Gouvernement Italien ne vole-t-il pas tous les sujets avec le jeu de la loterie ?
Substitutifs pénaur :
Le Gouvernement veut-il abolir les voleurs? Qu'il assure du travail et une meilleure paye à l’ouvrier. Min. al. Aurosa arrêté le 31 janvier 1886. Je suis tout à fait innocent et enragé.
Ltalie contre le Gouvernement :
Jusqu'à l’arrivée d'un autre Cavour qui supprimera la surveillance et l’admonition, les prisons d'Italie seront pleines et bondées.
2. — SATIRES, IMPRECATIONS A LA JUSTICE, AUX MAGISTRATS, JUGES, AVOCATS, ETC,
Autrefois on eriait contre l’Inquisition, d'Espagne, mais aurait-on jamais cru que dans l’année 1886 on ferait bien pis. Pauvre justice, que tu es en mauvais élat !
— Voilà 25 jours que je suis en prison et mon procès n’est pas encore instruit, grâce à un coquin de juge qui interceple mes lettres.
— Ces juges sont menteurs et hypocrites outre mesure.
— Compagnons d’infortune, ouvrez les yeux ou vous vous perdrez.
— Un Avocat pour acquérir un renom doit accepter ensemble et les causes des riches et celles des malheureux pères de famille.
— Pauvre disgrâcié, malheureusement condamné! Bien plus malheureux encore est celui qui se met entre les mains des avocats; ces coquins-là volent des 30 et 50 fr. au détenu; et quand le jour du jugement approche, le Président le renvoie sous prétexte que les pièces sont arrivées trop tard. Si ce Président valait quelque chose, tolérerait-1l ce scandale?
La loi est égale pour ceux qui ont de l'argent, Les plus grands voleurs sont les avocats.
Avocat. — Mais, nom de Dieu, 5 ans, c'est trop peu pour ton alfaire.
Détenu. — Je n’en ai pas davantage, Monsieur l'avocat... si vous pouviez me prendre 20 ans!!
— C... Dieu, nous avons été arrètés un beau jour; mais il me semble que le juge d'instruction l’a rendu vilain, très vilain.
Lenteur de la justice
— Réflexions d'un voleur : Quand le cheval de bronze de la place Saint-Charles prendra le galop, j'irai en courant aux débats.
— Voilà sept mois que je suis ici et je ne sais pas encore quand j'irai aux débats. O justice du Diable!
— Malheur au juge d'instruction et à qui le soutient !
Justice injuste! Les coupables sont libres et moi innocent je suis incarcéré! Nens del Canie, arrêté le 29 décembre 1884 pour rixe.
— Hier, après 66 jours, le juge est venu m'examiner. I] faut quil ait bien du courage! Ces gens-là boivent et mangent jusqu'à crever et ne se préoccupent guère des pauvres malheureux fermés en cellules. Votre ami Prussot.
— Chers Messieurs! écoutez-moi un peu. Ce que Je dis est, ou n’est pas. S'il est vrai qu'au ciel il n’y a pas de justice, tous ceux qui sont ici feraient mieux de mourir. Mourir d’aceident sans que personne leur vienne en aide, Que vous en semble? (Oui... dites tous) Sap... Gio... à tort,
— Un jour ou l’autre nous sortirons de cette cage de bêtes fauves. Justice infâme ! Bell... Michele.
— Mort au prêteur de la rue Garibaldi n° 21! Ce schifoso m'a fait mettre en prison avec promesse d'être bientôt rendu à la liberté. Or voilà déjà deux mois que je suis prisonnier et Je ne sais rien encore, Maudite [talie! Maudite justice italienne! Mola d’'S. Salvari.
— Le Procureur du Roi ne fait que manger et boire en compagnie et m'oublie. Il croit vraiment que je suis fou. Mais le jour viendra où, lui aussi, rendra compte de sa scélératesse!
— Justice infâme! Ne me laisserez-vous pas bientôt sortir de cette maudite prison? Voilà bien longtemps que j'y suis, ce semble! pour 300 francs entre trois! Vous autres juges vous volez bien plus que nous, pauvres malheureux, qui sommes tombés entre vos mains; en six mois seulement, vous volez plus que nous en dix ans, assassins que vous êtes! Et pourtant aucun de vous n’est en prison! Mais viendra le jour où vous devrez rendre compte à Dieu de vos vols, de vos infamies et assassinats, de la justice violée pour votre avancement. Misérables! je suis Ciapet de S. Salvari.
— Que coûterait au Procureur du Roi de me laisser libre? Que veut-il prouver? Guglia S. Salvari.
— J'aimerais savoir quel plaisir le Procureur du Roi éprouve à me fenir si longtemps en prévention. Accidents! je SUIS COUSU,
— Justice infâme! Vous châtiez les voleurs, parce que vous èles voleurs vous-mêmes, et croyez, par vos rigueurs, passer pour gentilhommes. Et cependant ces voleurs sacrifiés à vos intérêts, à votre boutique, vous font vivre, vous entretiennent el vous permettent de faire les messieurs. Soyez maudits. Ciapet.
Aux jurés
— Ces scélérats de juges sont sans pilié. Is ne veulent à aucun prix que les choses aillent bien, J'ai déjà tant d'ennuis, je suis si criblé de dettes, que je ne sais vraiment comment payer, el ils me tiennent encore en prison à ne rien faire. Maintenant que le beau temps vient, que je pourrais aller travailler quelque part et gagner quelque chose pour payer mes dettes, ils me retiennent prisonnier à Turin. Mais alors vous autres, payez mes dettes! Je demande vengeance pour moiet pour mes créanciers ! Vengeance stupide! Demander vengeance en ce monde, c’est laver la têle à un àne; on y perd son temps, sa peine et son savon! Pauvre Marcinato!
— Coquin de Procureur du Roi, Cravolto. Qu'il l'arrive un accident!.. Merde aux espions; Vive la bande Chicheri.
— Pauvre Bersagliere, arrèlé à la porte Pila le 10 janvier pour vol d'un manteau. Voilà le 30 mars, et je ne sais rien encore. Serait-1l en voyage, ce vilain juge d'instruction? Ou le fait-il exprès pour me faire souffrir?
— J'ai été voleur, mais les juges qui m'ont condamné sont plus coupables el plus voleurs que moi, parce qu ils m'ont condamné à une peine que Je n'ai pas méritée; ils volent chaque jour avec leur oisiveté {sic) et méchanceté. Vengeance!
— Je mourrais le sourire sur les lèvres, dans les plus affreux supplices, si je pouvais voir étrangler par le bourreau, le Président et ses collègues, juges, conseillers, procureur du Roi, subslituts du Procureur el autres avec le dernier boyau du dernier gardien de la sécurité publique. Vengeance contre ces bourreaux assassins |
— Oh! quelle triste solitude! mère des funestes pensées! Maudits juges damnés qui vous prennent l'argent en poche et ne vous le donnent plus.
— Je souhaite un accident à tous les juges qui cherchent à priver de la liberté les personnes raisonnables,
Les juges et les avocats Sont une bande de misérables Qui, s’ils ne sont pas bien payés, Font mourir les accusès.