‹ Les paniers de la comtesse comédievaudeville en un acteChapitre 9 sur 20 · LES PANIEHS T F. LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LES PANIEHS T F. LA COMTESSE

LE COMTE

Culte robe, je l’ai fait faire ; vous la trouverez duus votre boudoir où elle vous attend -

Dans mon boudoir... dites-vous? cotte robe m’attend...

LE COMTE

Sans doute, puisqu’elle est pour vous.

Pour moi?... Moi I je vais m'atteler à ces paniers?

LECOMTE

Oui madame, oui I

Moi, comtesse de Mailly f

LECOMTE

Vous, comtesse de Mailly.

la comtesse, résolument.

Jamais I mais jamais, jamais t

Vous avez dit jamais quand il a fallu m’épouser, et pourtant vous m'avez épousé. *

Les impossibilités ont un terme... Eh bien! j'admets que je sois condamnée à vous obéir celle fois encore. Mais du grâce, dites moi, quelle raison vous nouvel avoir pour me forcer à m’accrocher à la ceinture ces (leux cages ridicules, dans quel but?

le comte , prenant tous son bras la comtesse et en marchant

avec elle.

Dans quel but? Vous rappelez-vous, madame, notre explication d’il y a un mois?

la comtesse.

Parfaitement, monsieur le comte; je vous disais que je ne vous avais pas épousé par amour.

LE COMTE

Et moi, je vous répondais que je le savais bien.

Je vous disais encore, vu celle légère particularité, que si jamais quelqu'un me plaisait, de mon côté, je me laisserais plaire tout à mon aise. Vous souvenez-vous?

LE comte, s’urrrffanJ.

A merveille. Souvenez-vous aussi à votre tour. Je vous dis aujourd'hui qu’on est sur le point de vous plaira.

Je le crains.

▲lors, madame, il est temps d'ajouter que si vous me trompez...

Yous me tuerez ?

le comte.

Non.

Vous le tuerez ?

le comte.

Non.

La comtesse,

Vous vous tuerez?

LE COMTE-

Oh I non I

▲lors que ferez-vous, car il ne reste plus personne à tuer ?

le COMTE, très sérieusement.

Cest mon secret.

Vous me faites trembler. Mais quel rapport v-a-t-il, je vous prie, outre tout ce que nous nous disons la de plus ou moins tendre et ces... ( Elle indique Us paniers. )

LE COMTE

Fst juste. Bile part d'un homme d’épée. Jo suis un homme d'ipée. Or, je dis qu’une femme est une place...

LA COMfESSE.

Forte?

LI COMTE, un irufanl interdit.

Qu’il faut fortifier. D'abord, première condition d’une bonne défense, il faut l'isoler complètement; ce quo j'ai eu grand soin dp faire en vous reléguant loin de la cour.

Jusqu’ici la comparaison...

Lg COMTR.

Les domestiques étant les chemins couverts au moyeu desquels l'assiégeant cherche à se ménager des intelligences dans la place, j’ai réduit ma domesticité a trois personnes qui me sont dévouées. Il n’y a pas de place forte sans fossé*.

Je les attendais.

LE COMTE

A ceux qui veulent pénétrer malgré ces fossés, on oppose les angles do l'impolitesse et les bastions du refus absolu.

LA comtesse, avec importance.

Je sens, monsieur le comte, que je deviens imprenable. Achevez, je vous prie.

LE COMTE

Ces paniers qui vous intriguent si fort...

LA COMTESSE, ufec explosion.

Enfin, nous y arrivons I

LE COMTE

Ces paniers, chose admirable, sont une forteresse de plus dans lu forteresse ; ils sont ce que nous appelons la citadelle. Quand vous les aurez autour do vous, tout agresseur, quelle

S ue soit sa témérité , sera toujours tenu, par l'obslaclo même p ce* paniers, a trois pas de distance.

la comtesse, faisant trois pas en arriére,

A trois pas I

LE COMTE

Oui. madame; c’est à peine s'il pourra vous toucher le bout des doigts; quant à la joue, il faudrait un siège en régi* ; il faudrait des échelles. Enfin, vous serez ce que nous autres gens de guerre, nous appelons blindée.

Blindée !. r . Blindée, grand Dieu I

LE COMTE

Ne vous effrayez pas ainsi; blindée veut dire tout simplement à l’abri du boulot.

Cest différent.

LE COMTE

Vienne l'ennemi, maintenant, je le recevrai.

Nous te recevrons 1

Jo l’attends.

le comte.

Et moi aussi. Mais voyons , monsieur le comte, de qui êtesvous devenu tout è coup jaloux dans celle forêt? Avez-vous vu passer devant le pavillon quulquo chevreuil amoureux de moi ? Quelque daim aurait-il chante la nuit dernière une romance ous ma croisée? Quelque cerf...

LE COMTE

Ne parlons pas de cerf I parlons de mon invention.

Elle est fort bien trouvée : vous venez do m’en dire et de m’en expliquer tout au long le but; mais vous ne me dites pas pourquoi vous voulez ut en faire a moi , votre femme, l'application immédiate.

LE COMTE

Le rapport? madame la comtesse, le rapport?... Si vous ignorez le sort qui vous est peut-être destiné, josais, moi, celui qui me menace. Mais si je dois être vaincu, ce ne sera pas du moins sans m’être défendu héroïquement, vaillamment, d'après toutes les lois de la guerre... Vous souriez... Une femme, selon moi, est une place de guerre ; oui, madame, une place de guerre dont le mari est commandant.

U CIDPUÙW...

Qu’ai-jo besoin do vous le dire? Vous le savez, je sut* jaloux, excessivement jaloux; ju ne te cache pas, comme font tant d'autres. Nous sommes a i : époque des grandes revues; je suis quelque fuis forcé de mo séparer do vous, comme par exemple ce malin... Voua restez seule alors...

Et alors le dangorl...

LE COMTR.

Vojrw ; youa no le niez pus vous-même.

LES PAMERS DE LA COMiESSE.

LB COMTE

U COMTESSE

Je vous respecte tiop pour vous démentir. Maisl...

Al» :

Moi J* fi» do *<An fa'l*

St d« Vulra ton aériens.

Pool bien {if lier fi'fl'fii* Jol ! a ,

Ab ! c'nl an muj«a iréi>d»u{rreu f Oiogtrao» !

Lariqar noos ta* ma demnisrllc» ,

LiUrn comme lu birusdelln ,

Vc*t m toute* à m.» grooui D'un air »i do«t ,

Qu» pour tooloir , (tu-', traliits épow , [Ht.)

Cooprr pu» ailr*.

P»u*tci ijHiut, liit.) tou* éia» fj.ua,

Ab t ab ! .**» {<■» fou».

IU peut-on tio«» croire Adèle»

t*« »ooi I» «tille et if» »cftO»*T (Al».)

Jaloux ! jaluu»!

Ablab!

Moi je ri» do sntre faite Et de Totre ton siriMX.

Oai ,

Pour bien garder fruimo jolie,

Ab I c'est un ««yen Usagcreux ,

Trop dangereux 1

LOfStlIC ufVM *..fnn.n df nmuclle*,

Libres cutomc li-s birundeilcs,

Vou» se tombes à nos genoux D'u» Air *1 «•■>**•

Qn. poir Toulolr. Intlreièpcoi,

Couper mx aile».

Ab ! croyes-av I, pour éuc fi.l-U*,

U ne faut aigriUe», ci ««rions.

Ah! «b! ou»

Pansres époux,

Autour do eow Sauter, voter Avec nus «îles!

LK COMTE

Eh bien, je vous le répète, madame, jo suis ]ohm. Et c’est pour ces cas particuliers, périlleux, heureusement très-rares, Où ma charge m’oblige a vous laisser seule, que je veux vous revêtir, vous cuua»»cr de ce» paniers qui complètent mon grand système de défense conjugale. Allei donc les essayer, maintenant que vous voila instruite de leur utilité. Vous reviendrez ensuite vous montrer a moi sous les armes. J'aurai d’autant plus le loisir de me rendre compte des avantages et des imper (celions de mon œuvre, que je suis toul-à-fail libre de mon temps. Le roi ne chasse pas aujourd’hui ; je nu dois pa9 raccompagner; je resterai avec vous... [Il sonne. Marguerite parait. Il lui montre tes paniers.) Emporter ceci dans lo boudoir de madame.

Je vous suis, Marguerite... Encore un mol, monsieur le commandant.

LE COMTE

Dites, madame,

La comtesse.

Malgré toutes vos précautions de guerre, si la forteresso allait être pnse, que feriez-vous Y

LE COUTE

Ce que jo ferais Y ce que je ferais? Mais elle no sera pas prise, madame ; Pérenne ne l'a jamais été.

Péronno I Pérenne n’était pas mariée, monsieur le comte.

LE COMTE

Mais allez, je vous prie...

LA COMTES&B

Oui, je vais essayer vos hideux paniers : je souhaite seulement...

CHAMPAGNE, dJIIIOJIÇjnl.

Monsieur le chevalier do Giuc.

SCKIwI VI-

Les Mêmes, LH CHEVALIER DE GIAC,-*

lb COMTE, à part.

Encore F

• CMC-

Pardon, mon cousin, si je r^yiegs, mais jacceurs vpus dire,., j’accours vous dire...

Dites I

LA COMTESSE, à

part.

Comme il est ému co pauvre Giac.

filAG.

Vous m’avez mis aujourd’hui, I" septembre, aux arrêts pour

a uinze jours. (Gùic regardant la comtesse étonnée. ) Oui, n»aame, pour quinze jours aux arrêts.

LE comte.

Je no l’ai pas oublié; vous devez les garder jusqu’au là sep» tembre.

Voila la difficulté.

CMC.

LP. COMTE

Je no vois pas quelle difficulté...

CUC.

Pardon, mon cousin ; le 15 tombe un dim3nrhe; jo suis forcé d'aller dîner chaque dimanche chez mon vieil oncle, le marquis de Saint-Firmm, qui m'ennuie à mourir avec te récit de ses campagnes et sa partie de trietnte qu'il me faut lairc jusqu'à minuit. Je viens donc vous prier, mon cousin, rie me condamnera un jour de plus.de no me faire sortir que lo 16, qui est par conséquent un lundi. De celle mauicie j'evilortt...

LE COMTE

Et c’est pour cela que vous êtes revenu.

giac, regardant tendrement la comtesse.

Oui, mon cousin.

LECOMTE

Rien que pour cela Y

GIAC

Rien quo pour...

LB COMTE

Vous ferez vingt jours d’arrêt» au lieu de quinte ; vous serez bien plus sûr d’eviter votre oncle. Vous n'on avez pas le vendredi?

CMC.

Mais, mon cousin...

la comte-sb.

Mon cher comte, votre sévérité...

LB (.OMTR.

Un moisi

U C0MTESS5.

Que je lève I

LE COUTE

Comment, que vous levez !

Dont nous dispensons monsieur de Giac.

LE COUTE

De quel droit, madamo?... je vous en reconnais beaucoup... mais...

LA COMTE&e. *

C’est ma fête... jo fais grâce.

LC COMTE.

C’est juste... c’est généreux... je no resterai pas. madamo, au-dessous de votre générosité. Mon cousin, vous n'étos que sous-lieutenant.

GIAC

En attendant d'élre maréchal de Franco.

LE COMTE

Jo vous nomme lieutenant.

GIAC

Lieutenant I que de grâces 1

Ah I monsieur le comte!... pour ma part.- LE comte, à la comtesse.

Chacun, aujourd'hui, vous aura donné son bouquet, mrdamc. (A Giac.) Oui, je vous nomme lieutenaut, Sauf Pagremeijt du roi, dont jo réponds.

GIAO.

Encore une fois, mon cousin...

le comte , allant à 1a table.

Comme en ce moment il n’y a pas de lieutenance vacante A v* votre régiment, et qu’il y en a uno à Renuos, vou» allez scr- le- champ vous rendre ci» Bretagne.

giac, a part.

Partir t la quitter I (//<#«!.) Mais, mon cousin, sur-lo chanm? Vous met donnez au 01010 $,,.

le coiit*, qui a pris sur la table un papier qu'il remet à Giac.

Je vous donne vo'.ro feuille de roule ; allez faire vos préparatifs de départ.

CUC.

Il me faut au moins quelques jours.-

LE COMTE

(Test inutile.

giac.

Vous me permettrez bien do venir faire mes adieux à ma cousine?

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