SURINTENDANCE GÉNÉRALE DES THÉÂTRES
A Sa Majesté l'Empereur.
Palais des Tuileries, le 8 mars 4865.
SlRE,
En daignant me comprendre parmi ses élus, l'auteur de la Vie de César m'a fait un honneur dont je suis infiniment heureux, et je supplie l'Empereur de permettre que je dépose à ses pieds mes très-humbles, très-vifs et très-sincères remercîments. (Que ça!)
Le respect seul peut m'empêcher d'y joindre l'hommage de mon admiration littéraire pour ce monument magnifique élevé, par le second Auguste, à la gloire du premier César. (Oh ! M. Doucet!)
Si depuis longtemps, Sire, rien ne peut plus augmenter mon dévouement pour l'Empereur (voilà qui est vraiment fâcheux), ma reconnaissance s'accroît encore envers Sa Majesté de ce nouveau
témoignage d'une bienveillance qui est sans prix pour moi (économe, va!) et que je m'efforce de mériter chaque jour davantage. (Allez, la musique.)
Je suis heureux de me dire, avec le plus profond respect, Sire, de Voire Majesté le très-humble serviteur et très-fidèle sujet,
Camille Doucet.
Considération, considération.
Ma seule passion, ma seule passion !
Paris, le 4er mars 1865.
Sire,
Je remercie Votre Majesté de l'honneur qu'Elle a daigné me faire en m'adressanl le tome premier de son grand ouvrage :
L'Histoire de Jules-César, par L. -Napoléon !
Quel rapprochement que celui de ces deux noms à dix-neuf siècles de distance! — Quelle source féconde d'études et de réflexions dans la grandeur des faits, l'immensité des résultats, la variété des appréciations!
Cette lecture vient à propos pour distraire et relever un faible convalescent. — Et ce titre, qui exprime mon état, me rappelle encore toute la reconnaissance que je dois à Votre Majesté, pour l'intérêt qu'elle a bien voulu prendre à ma santé et à mon rétablissement.
Mais ce que je déplore le plus dans ma maladie, c'est son inopportunité. Au moment où vont s'agiter les plus graves questions de notre droit public, j'aurais voulu (si mes forces me l'eussent permis) donner à Votre Majesté une nouvelle preuve de mon profond dévouement à sa personne et à sa dynastie, en défendant avec vigueur et précision ces grandes maximes de gouvernement qui servent de fondement à l'indépendance laïque de la France, et de rempart à ce pouvoir civil confié à votre garde, et dont, sous votre
règne, il doit être plus vrai que jamais de dire que l'Empereur des Français ne relève que de Dieu (et non du prêtre) et de son épêe, Tépée de Napoléon!...
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect, Sire, de Voire Majesté le très-obéissant et très-fidèle serviteur et sujet.
Le Procureur général, Dupin (1).
Sire,
Le souvenir que Votre Majesté daigne m'adresser, de sa main, est un titre d'honneur inappréciable pour moi et pour mes enfants. L'Empereur ne pouvait me donner un témoignage d'estime dont je fusse plus fier, -une marque de bonté qui me fût plus sensible. Je Lui suis profondément reconnaissant de l'avoir pensé, et d'avoir pensé aussi que j'étais digne de comprendre et o"admirer un des premiers cette œuvre qui ne sera pas seulement l'honneur de l'histoire et des lettres. Elle laissera des traces plus profondes. Car élever les études historiques à cette hauteur, enlever le gouvernement des choses de ce monde au hasard, aux accidents, aux mesquines passions, pour le donner tout entier aux inspirations providentielles du génie, aux vues généreuses et aux vastes desseins des grandes âmes, ce n'est pas seulement ennoblir l'histoire, c'est ennoblir l'humanité.
Que votre Majesté daigne agréer, Sire, avec l'expression de ma reconnaissance émue, celle de mon respect le plus profond et de mon plus absolu dévouement.
Octave Feuillet.
Paris, le 4 mars 4865.
(4) Les magistrats en étaient. Pauvre Empereur, pauvres dignitaires! Finis Gatliœ !
Sire,
Je viens demander une grâce à Votre Majesté : Un exemplaire de V Histoire de César!
De Votre Majesté, Sire, le plus humble des critiques et des sujets.
Arsène Houssaye.
183, avenue Friedland.
L'envoi des Parisiennes un livre immoral, s'il en fut jamais, eût élé un corollaire adorable.
Sire,
La faveur dont Votre Majesté a daigné m'honorer par le don d'un exemplaire revêtu de votre signature, me cause tant de joie et me pénètre d'une si profonde reconnaissance, que j'ose adresser à Votre Majesté elle-même mes respectueux remercîmenls; c'est l'héritage glorieux que je léguerai à ma famille; la pensée que j'ai élé jugé digne d'un pareil présent me fortifie et me remplit de courage.
S'il m'est permis d'exprimer mon sincère sentiment sur cette grande œuvre, Sire, non-seulement elle répandra de hauts» enseignements historiques et philosophiques, mais elle exercera encore une influence salutaire sur les lettres ; notre littérature, entraînée vers l'affection, semble tourmentée du désir de produire de l'effet; elle cherche, peut-être, moins la justesse et la profondeur des idées
que l'accumulation des images ; le style de la Vie de César, ce style où César reconnaîtrait sa netteté et sa précision, est bien propre à nous ramener au bon goût en montrant que le beau langage vient des fortes pensées.
Toute mon ambition serait de mériter ce témoignage de votre auguste bienveillance par un travail qui obtînt votre approbation. Je fais tout ce que je peux, en me désolant de ne pouvoir faire mieux, et, mille fois plus excité maintenant par la faveur que je reçois, je corrige et tâche d'arranger le moins mal possible une pièce en vers que j'ai achevée, que je lirai au Théâtre-Français au mois de mai, et que je suis bien honteux d'avoir due si longtemps à Votre Majesté.
Je suis, avec le pTus profond respect, Sire, de Votre Majesté, le très-humble et très-dévoué serviteur,