‹ Les papillonsChapitre 11 sur 29 · ES · texte numérisé non relu

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Le Paon de jour, attaché à son pays natal, ne s’en écarte point; l’espace qu'il parcourt est une enceinte fort bornée, dont il se constitue propriétaire ; il la défend contre quiconque tenterait de s'en emparer. Son vol, quoique rapide , est majestueux ; il plane presque toujours. Cette manière de voler est assez commune aux plus beaux papillons. Le mouvement * de leurs ailes est ordinairement plus mesuré ® que celui des papillons dont la parure est moins recherchée.

Le Paon de jour, qui paraît le plns tard, passe communément l'hiver dans quelque trou; il n’en sort que vers la fin de février ou au commencement de mars : c’est alors qu'il dépose ses œufs , d’où sortent, au mois de mai, les pre-

mières chenilles.

1 Axrque.

Les Argus sont en très-grand nombre , surtout les Argus bleus; mais comme la chenille de la plupart des papillons de ce genre est encore inconnue, on ne sait au juste si l’Argus blen découpé, le bleu céleste, le bleu violet, le bleu pâle, le bleu nacré, le bleu bandes bru-

nes, sont de simples variétés de l’Argus bleu offert dans ma gravure, ou bien des espèces qui en diffèrent. -

La chenille qui produit l'Argus bleu est du genre de celles qu’on appelle cloportes; elle est longue de cing lignes, large de deux, de forme ovale, grise sur le dos, avec un gros point brun sur chaque anneau ; les deux côtés

Âde son ventre offrent de petites lignes diagonales rouges et jaunes; et au-dessous, près de la naissance des jambes, une large bande brune. Sa tête est petite, noire, luisante; dans les temps de repos, ou lors du moindre contact,

elle se dérobe entièrement sous son premier auneau : elle a seize pattes, mais si courtes, qu'on ne les peut apercevoir qu’en la renversant sur le dos; aussi marche-t-elle si lentement, qu'on croit la voir glisser. C’est cette façon de marcher, bien semblable à celle du cloporte, qui, conjointement avec sa forme singulière, lui a valu, de la part des naturalistes, ce surnom de cloporte. Son corps est garni de poils très-courts, uniquement visibles

a la loupe.

Cette chenille, qui parait vers la fin de mai, .

se trouve sur le sainfoin, suivant l'opinion

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des uns, et suivant les autres, sur le frangula : sa manière de manger est d’ailleurs remarquable : les autres chenilles commencent ordinairement aronger les feuilles par leurs bords ; elle entame, au contraire, le beau milieu de leur surface, en mange la substance de part enpart, et la crible ainsi de trous.

Pour subir sa métamorphose, elle se fait un:

lien de soie qui embrasse le tonr de son cinquième anneau : cette ceinture seule la soutient tant sous son état de chenille que sous celui de chrysalide. Mais bientôt parait une chrysalide courte, ramassée, d'abord verte, ensuite brune, d'ou sort enfin le-papillon au bout de quinze jours environ, à moins cependant que la chenille ne se soit changée fort tard en chrysalide, car alors il n’éclot que l’année suivante.

L’Argus bleu doit son nom au bel azur chan-geant en violet tendre qui pare le dessus des. ailes de sa femelle; car, vu dans cette même position, il est plus ou moins brun, et quelquefois ses ailes sont bordées de taches fauves: le centre des supérieures offre une longue tache noire. Le bleu des ailes de la femelle n’est, au contraire, coupé d'aucune tache; elles sont

(Ur16 bordées d'un petit trait noir et d'une frange d'un blanc éclatant.

L’Argus , vu dans son état de repos, c'est-àdire en dessous, me semble beaucoup plus joli; il porte ses ailes perpendiculaires au plan de position, de manière qu'elles sont exactement appliquées les unes contre les autres. On aperçcoit une bande fauve coupée par des nervures, au milieu desquelles sont placés de gros points noirs sur un fond blanchätre. On remarque, en outre, au centre de l'aile, sept yeux noirs, entourés de cercles blancs ; plus bas, une tache ovale, qui correspond à celle du dessus : le bord des ailes inférieures offre, sur un fond blanchätre , une suite de taches fauves qui ont à-peu-près la forme d’un fer de lance : enfin on trouve, au milieu des ailes, onze yeux noirs, entourés de cercles blancs, et une longue tache noire, aussi entourée de blanc.

L’'Argus bleu fréquente les prairies , les bois, les jardins; on le rencontre sur-tout sur les fleurs du sainfoin , du trèfle, du mélilot. Il commence à paraître en mars; on le voit aussi en juin, juillet, août ; le mäle est plus rare que la femelle,

Fous les autres Argus bleus, mâles ou fe-

melles, qu’on peut rencontrer, ont des couleurs plus ou moins foncées que le joli papillon dont je viens de parler; mais les taches de leurs ailes sont toujours disposées de la même manière.

Le Bleu découpé n’a encore été vu qu’en Allemagne.

Le Bleu céleste offre une variété singulière: une de ses femelles n’a point du tout d'yeux au milieu des quatre ailes.

Le Bleu violet, le plus petit de tous les Argus, 5e trouve en même temps et aux mêmes endroits qne l’Argus bleu.

Le bleu pâle, d’une grandeur extraordinaire, connu en Allemagne sous le nom d’Hylas , a des couleurs bien moins vives que celles des autres espèces : les yeux de ses ailes sont aussi en moins grand nombre.

Le Bleu nacré ou Corydon d'Allemagne ne se trouve qu’en automne dans les bois, sur la fleur du trèfle à fleurs jaunâtres , et dans les endroits où croissent les genèvriers. Sa couleur a la transparence et le changeant de la nacre de perle.

Enfin le Bleu bandes brunes, le plus grand des Argus bleus, diffère beauconp de ce genre ;

ses variétés sont même si multipliées, qu’il est difficile de rencontrer deux individus qui seressemblent parfaitement. On le trouve au mois de juillet et d'août dans les prairies. Il se nourrit du suc des fleurs et de l’humidité de la boue.

En général, tous ces Argus volent avec rapidité tant que le soleil brille; mais vers le soir, ou après le coucher du soleil, ils viennent se reposer sur les fleurs et sur les plantes ; ils y restent fort tranquilles : on peut alors s’en emparer très-aisément.

Les autres Argus, dont je n'ai rien dit encore , sont le demi-Argus , ainsi nommé parce qu'il n’a qu'une rangée d'yeux au milieu de chaque aile, et point du tout au bord; l’Argus myope , sur le dessous des ailes duquel on a compté jusqu’à quarante-trois petits yeux noirs ; l'Argus vert ou aveugle : son dessous est à-lafois d’un vert très-brillant et dépourvu d’yeux. Quant aux Argus bronzé, satiné, satiné changeant , capucin, ils sont, pour la plupart, inconaus en France.

(119) Le Norio.

Ce papillon est un des plus beaux et des plus grands que l’on connaisse.

Sa chenille a la peau noire, coupée sur le dos et aux huit jambes intermédiaires par de grandes taches rousses ; elle est armée d’épines simples garnies de petits poils d’un brun bleuätre. Ces poils, d’abord très-courts, ne sont, ainsi que les taches rousses, assez visibles que lors de son parfait accroissement. Cette chenille vit en société sur le bouleau, le saule, l’osier, et même, près de Strasbourg, sur le peuplier; elle se loge toujours à la cime de l'arbre et vers l’extrémité des branches. On la rencontre sur la fin de juin ou au commencement de juillet, ou bien vers la fin d'août et les premiers jours de septembre. Quand elle ‘en est venue au point de se changer en chrysalide, elle descend de son arbre, quitte sa retraite favorite, et se choisit un lieu plus propice à sa métamor- .

phose. Alors elle se suspend par la queue , et verticalement. Au bout de vingt-quatre heures environ , paraît la chrysalide, grosse, longue

d’un pouce, d’un brun grisâtre, et recouverte

( 120 ) d'üne poussière tirant sur le bleu. Quand on ia touche, elle remue le ventre assez long-temps, et se donne beaucoup de mouvement de côté et d'autre.

Cet état de chrysalide dure quinze jours. Le papillon sort alors, et tandis que ses ailes se déploient (c’est tout au plus l'affaire d’un quartd'heure), il jette par l’anus plusieurs gouttes d'une liqueur d’un rouge de sang.

Son corps, garni de longs poils, ést noir, ainsi que sa tête et ses deux petites jambes antérieures, aussi très-velues , et sés antennes, dont les boutons allongés sont blanchâtres à leur extrémité. Les quatre autres jambes avec lesquelles il marche, sont d’un jaune blanc. Le contour de la base de ses quatre ailes est découpé; chacune d'elles offre deux pointes an+ gulaires très-remarquables : leur longueur est de trois pouces ; leur fond, d’un brun ou noir rougeâtre, comme velouté; leur base , garnie d'une large bordure jaunâtre en dessus, et blanche en dessous. Tout près de ce bord jau+ pâtre , les ailes sont ornées d’une suite de grandes taches d’un bleu quelquefois violet, placé sur un fond tout noir, qui semble servir à relever leur beauté. Une frange de petits poils borde

tar) les ailes supérieures à la partie qui approche du corps.

Le Morio sort de sa chrysalide avant la fin de l'été , et cependant on l’apercoit souvent aux premiers jours du printemps, et même dés le mois de février. Il est certain qu'il passe l'hiver caché dans des troncs d’arbres , le long de quelques murs, dans des greniers de campagne.

Les uns conservent, jusqu’à l’époque de leur seconde apparition , la teinte jaunätre qu’ils apportent constamment, en naissant, à la bordure des ailes; d’autres se trouvent l’avoir alors perdue, et les bandes de leurs ailes sont blanches. Cette différence de couleurs ne provient, diton, que du séjour que font ces papillons dans des lieux plus ou moins humides. Par exemple, les Morios qui se réfugient dans des creux d’arbres, sont beaucoup plus exposés à cette humidité que ceux qui se tiennent cachés dans des greniers, Les uns perdent leur couleur jaune, ces derniers la conservent.

Le Morio, assez commun aux environs de Paris, se trouve dans toute l’étendue de l’Europe et même en Amérique ; il est fort, robuste, et loin de ressembler à tant d’autres individus de son espèce , qui craignent de s'éloigner de

l'enceinte qui les vit naître, il aime au contraire à voyager; il parcourt d’un vol rapide les fo+ rêts, les plaines, les prairies, quoiqu’au reste fort craintif et bien difficile à surprendre, En effet, si l'on manque une seule fois son coup pour l’attraper, il s'envole avec vivacité, et ne se laisse plus approcher.

Le douci.

C'est par erreur qu'on a donné à ce papillon le nom de Soufré. Il est vrai que plusieurs naturalistes le regardent comme une variété du Souci; que M. Geoffroy pense lui-même qu'ils ne diffèrent l’un de l’autre que par le sexe; mais, malgré les divers points de ressemblance qu'offrent ces papillons, on n’en trouve pas moins des caractères particuliers et bien dis tiucts chez chacun d’eux.

D'abord leurs chenilles ne se ressemblent pas, et leur nourriture n’est point la même.

Le Souci est d’un beau souci, le Soufreé, couleur de soufre. Ces couleurs sont aussi différentes que les noms qu’elles portent.

Les ailes du Souci offrent une bordure pres que noire, que coupent quantité de nervures de la couleur de leur fond, très-bien figurées

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) 7 ? 7 PAIE 2 doué (pollen, de Culoci

dans ma gravure. Celles du Soufré ont cette même bordure, mais bien moins large, tant aux ailes supérieures que dans le contour des inférieures.

Le haut des ailes supérieures et le bas des ailes inférieures du Souci ont leur bord d’un jaune pâle glacé de verdâtre : on chercherait vainement cette nuance dans le Soufré.

La femelle du Souci diffère essentiellement de son mäle par les taches de soufre dont est bigarrée la bordure de ses ailes, Le mâle et la ‘ femelle du Soufré paraissent au contraire pourvus tous les deux de ces taches : elles sont souf * frées chez l’un, blanchitres chez l’autre.

J'en viens maintenant aux points de ressem= blance qui existent entre ces deux papillons, ‘car il faut justifier aussi l'erreur involontaire commise par quelques savans entomologistes.

Le Souci et le Soufré ont leurs quatre ailes ‘entourées d'un trait rouge assez tendre , et chargées, vers leur centre, d’une tache noire aux ailes supérieures , et d’un souci foncé aux inférieures. Leurs pattes sont d'un fauve rougeätre, ainsi que leurs antennes. Leur corps est

également noir en dessus, jaune en dessous, et

couvert de poils.

Enfin tous deux se trouvent dans les prairies vers la fin de l'été et dans l'automne ; quelquefois cependant on rencontre le Soufré au printemps.

L'Etpoflon.

L’Apollon , de la famille que les naturalistes appellent Parnassiens,est un denosplusgrands papillons de jour.

Sa chenille est couverte d’une très - grande quantité de poils fort courts, mais roides et d'un beau noir velouté, On remarque, sur son dos, deux rangs de taches rougeûtres , alternativement grandes et allongées , petites et arrondies , distribuées quatre par quatre sur chaque anneau qui, par parenthèse, se trouve visiblement séparé par une ligne de couleur d'acier.

La tête de cette chenille est petite en proportion de la grosseur de son corps : au moindre toucher, elle la dérobe sous son premier anneau. C'est aussi de ce premier anneau qu'elle fait sortir, à volonté, deux cornes d’un jaune rou+ geûtre et longues environ de deux lignes.

C'est, de toutes les chenilles de papillons de

(0125.) jour, celle qui met le plus de temps à éclore. Elle naît ordinairement dans les premiers jours d'avril; à peine est-elle, en juin, parvenue à son dernier degré de croissance; elle est d’ailleurs très-difficile à élever. Quand on l’enferme dans une boite ou dans un poudrier, souvent elleSse laisse dépérir sans prendre d’alimens. Sa nourriture ordinaire est la feuille d’une espèce d'orpin ou iberbe.

Quand cette chenille vent se métamorphoser en chrysalidé, par une exception singulière à l'usage constant que les chenilles de papillons de jour ont de se pendre soit par la queue, soit par la ceinture, elle lie légèrement ensemble, avec des fils de soie, les feuilles qu’elle trouve à sa portée, et se file, dans l'intérieur,

‘une coque où elle se change en chrysalide.

Sa chrysalide est arrondie ( les chrysalides des autres papillons de jour sont toutes anguleuses ), grosse, courte, longue de dix lignes , d'abord d'un vert noirâtre, puis, au bout de quelques jours, d’un blanc bleuâtre ou tirant sur le gris de perle. Cette couleur, qui contraste avec le fond noir des parties de la chrysalide, est une espèce de duvet assez semblable à celui dont les raisins et les prunes nouvellement

(1126 ) cueillis sont enduits; qu’on enlève cette poussiére avec le doigt, on reconnaitra que la peau de la chrysalide est toute noireetluisante. En six jours, cette chrysalide parvient à sa perfection, et donne son papillon deux ou trois semaines après.

L'Apollon, assez connu sous le nom cola, on papillon des Alpes, PS il habite sur-tout les Alpes énces , se rencontre dans les Vosges,

dans la Savoie, et en général. ilieu des pays montagneux. Il ne parait qu'en été; son vol est pesant et lourd : on le peut donc attraper aisément. Il vole dans les campagnes et dans les jardins pour sucer le miel des fleurs. Il se sert de ses six pattes pour marcher. Ses ailes sont arrondies vers leur base et très-étendues. En effet, quand il les tient horizontalement, les deux supérieures occupent une longueur de trois pouces et demi, mais il les porte, d'habitude, perpendiculaires au plan de position. Les bords intérieurs de ses ailes inférieures sont appliqués sur le dessus du ventre.

Ses quatre ailes, tant en dessus qu'en dessous, sont d’un blanc sale ou jaunâtre, tra-

(127) versées, près de leur bord extérieur, par une bande noiïrâtre, composée d’une infinité de petits points rapprochés les uns des autres, enfin si peu couvertes de poils, qu’en plusieurs endroits elles sont transparentes. Chaque aile su-

périeure est garnie de cinq grandes taches;

nt appliquées le long du haut de l’aile; uième, souvent pointillée de rouge ( comme on la voit dans la gravure }, se place au milieu du bord intérieur. Sur chaque aile inférieure, on remarque deux espèces d'yeux , composés chacun de deux cercles : l’un rouge et intérieur, l’autre extérieur et noir. Le milieu de ces taches, qui représente une prunelle d'œil, est très-blanc. Vers le bord d’en-bas de ces mêmes ailes inférieures, on peut apercevoir deux petites taches noires.

Enfin le corps de l’Apollon est noir, garni de beaucoup de poils d’un blanc jaunâtre; ses six pattes sont grosses et brunes, sa trompe est noire. Les poils de sa tête et du devant de son corcelet sont verdätres, ses antennes courtes , grosses et d'un blanc sale.

La femelle ressemble parfaitement au mäle ; elle a toutefois, de plus que lui, au-dessous de l'extrémité de son ventre, un petit sac concavé

{ 128 ) brun, qui a la consistance de la corne. Les naturalistes ne sont pas du tout d'accord sur la propriété de cette appendice singulière; un Allemand conjecture, avec quelque raison, qu'elle doit servir à la ponte de ses œufs,

Je ne dirai qu'un mot d'un papillon qu'Ernst appelle semi-Apollon, parce qu'il est en effet plus petit et moins paré de taches que notre Apollon. Les Allemands l’appellent Mnémosyne; al est commun dans le nord, et ne se trouve point en France. Sa femelle porte, avec elle, un petit sac semblable à celui de la femelle de l’Apollon.

Lo Vüfcain.

On a donné le nom de Vulcain à ce beau papillon, sans doute à cause des bandes couleur de feu qui traversentses ailes. On l'appelle aussi Amiral, Papillon à Numéros. En effet, ses ailes inférieures sont, en dessous et vers le centre, chargées de deux numéros couleur bistre foncé ; lun des deux est un 8, qu'on distingue parfaitement.

Sa chenille paraît dans les mois de mai, de juillet, de septembre. Sa tête est garnie de pe-

ttes pointes : le col n’en a pas, mais son corps est hérissé d’épines branchues , qui servent à sa défense, Placée d'ordinaire sur le haut des orties qu’on trouve le long des haies et des murailles , elle se nourrit volontiers de leur graine, Solitaire, elle se construit un petit logement souveht invisible , en roulant plusieurs feuilles l'une sur l’autre, et les fixant avec de la soie, Tant que ces feuilles lui offrent des alimens, elle s’y attache; dans le cas contraire , elle les abandonne pour se construire une nouvelle demeure. Les couleurs de cette chenille varient infiniment. Tantôt elle est toute noire, tantôt d'un brun noir , tantôt d’un brun rouge , tantôt d’un verdâtre clair ; mais un caractère toujours coustant chez elle, c'est d’avoir, de chaque côté ‘du corps, une suite de traits couleur citron plus ou moins vifs.

Cette chenille est d'ane grosseur médiocre; elle marche lentement, mange beaucoup, et croit très-vite. Il ne lui faut que quelques jours pour parvenir à son parfait accroissement. Quand elle se dispose à se meétamorphoser , elle se tient pendant quelque temps immobile, et tel- Jement raccourcie, que ses anneaux rentrent,

pour ainsi dire, les uns dans les autres : elle se

suspend ensuite par la queue, mais en courbant tout son corps, de manière que la tête aille rejoindre le derrière; elle forme presque un cercle.

Sa chrysalide est anguleuse, d’un gris brun, rouge ou bleu, variée plus ou moins de nuances colorées et de petites taches d’or.

Le Vulcain a ses ailes dentelées, un peu angulaires; les supérieures sont traversées d'une large bande inégale, d'un beau rouge vermillon. Vers l'angle extérieur , on remarque six taches blanches, dont trois plus grandes que les autres, et, plus bas, quelques nuances bleues. Le bas des ailes inférieures est borde d’une large bande de ce même vermillon, chargé de quatre petites raies noires et d'une autre tache encore plus apparente , bleue et bordée de noir, placée à l'angle intérieur de l'aile.

Le dessous du Vuleain offre bien les mêmes taches rouges et blanches que son dessus, mais il est varié de tant de nuances jaunätres, de raies bleues, soitondées, soit marbrées, et combinées d'une manière si admirable sur un fond très-noir, qu'il est impossible de le décrire exactement, On ne sait précisément, en voyant Le dessus et le dessous du Vulecain , lequel des

(13r ) deux mérite la préférence : les taches de l’uû sont plus simples, celles de l’autre paraissent mieux distribuées. Au reste, de quelque côté que l’on regarde ce papillon, on est charmé de sa beauté.

Le Vulcain ne marche que sur quatre jambes ; ses yeux sont bruns; ses antennes, ta< chetées de blanc et de noir. Il est commun partout ; il parait même qu'on le rencontre dans les autres parties du monde. On lui donne ailleurs le nom d’Atalante. Après avoir passé l'hiver dans quelque lieu retiré, il fait son apparition vers la fin de mars, et va dans les forêts, dans les jardins, promener son vol inconstant , sur-tout vers la fin de l’éte.

Le Vulcain aime à se fixer dans un endroit ; il combat même pour son indépendance, pour la libre jouissance de la retraite qu'il a choisie. Autant il était pusillanime dans son enfance ; puisqu'il prenait alors les précautions les plus extraordinaires pour se dérober à ses ennemis, autant il paraît intrépide sous cette dernière forme. A-t-il été manqué par le filet du chasseur , il prendra sa volée d'abord, comme tous les autres papillons ; mais bientôt, par réflexion; loin de s'éloigner, il viendra effrontément ss

(ia) poser sur le filet, sur le chasseur lui-même ;

Comme pour le braver, de sorte qu'on le pourrait souvent prendre à la main.

Le petin Nacre).

Les Nacrés sont en assez grand nombre. On connaît le grand Nacré, le petit Nacré, le Nacré, enfin le Nacré découpé.

La chenille du grand Nacré est épineuse, d’un fond noir, rougeûtre sur le dos, ornée de huit taches rousses de chaque côté du corps. Elle se nourrit de violette. Elle esttrès-rare.

La chenille du petit Nacré est à-peu-près inconnue des naturalistes. Les uns la supposent d’un brun gris, avec une ligne blanche sur le dos. D’autres la représentent brune aussi, avec deux longues bandes jaunes, de chaque côté. On croit qu'elle se nourrit d'ortie ou de plantain, qu’elle est épineuse et solitaire.

Les chenilles des Nacré et Nacré découpé sont inconnues. :

La chrysalide du grand Nacré est rousse, ondée de nuances brunes foncées ; celle du petit Nacré, brune et chargée de quelques points dorés, L'une et l’autre ontles deux côtés de la tête

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