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(0433) arrondis. Je passe sous silence les chrysalides des deux autres Nacrés, que persorine n’a vues,
Le Nacré et le grand Nacré se ressemblent assez, quant aux taches noires, à la forme des ailes , au fond de la couleur; mais le premier offre de plus que l’autre, au bord des ailes supérieures, une tache noire, allongée; vu en dessous, ses taches d'argent sont plus larges vers le bord qui traverse les aïles inférieures, entourées d’ailleurs d’une teinte verdâtre qu’on ne remarque pas chez le grand Nacre.
Quant au petit Nacré et au Nacré découpé , ils diffèrent des deux premiers, l’un par la disposition toute particulière de ses taches argentées, aussi plus nombreuses; l’autre, par la forme de ses ailes qui semblent découpées, la position de leurs taches noires, et sur-tout par les marques bleues qui les bordent intérieurement.
Les grand Nacré et Nacré ne passent jamais l'hiver : il en est autrement de quelques petits Nacrés de l’arrière-saison : on les voit aussi reparaître dès les premiers jours de mars.
Le petit Nacré est connu dans toute l'Europe, et commun aux environs de Paris; il habite les campagnes : on le rencontre sur-tout aux mois d'août et de septembre.
Le Nacré découpé ést infiniment rare en Euïope ; on régarde comme une grande merveille d'en avoir rencontré un dans la forêt de Villers-Cotterets. L'anglais Drury dit l'avoir recu de la Chine; le hollandais Cramer parle d'un Eurota assez semblable, qui se trouve aux Indes occidentales.
Enfin les Naéré et grand Nacré habitent ordinairement les jardins, les bois, ou bien les prairies qui les avoisinent. Ils se rencontrent dans lés mois de juillet et d'août. Leur vol est rapide , élévé; leur naturel , farouche : difficilement on les approche; sans cesse ils agitent leurs ailes. Lorsqu'on lés aperçoit volant, il faut bien se garder de les poursuivre. Dès qu'ils sé poseront quelque part, on les attaquera , mais sans perdre de temps.
Le C1 faiubes:
Ce papillon ressemble assez au grand Porte:
queue : il suffit cependant de les comparer un moment, pour se persuader‘que l'un n'est point une simple variété de l’autre. En parlant du grand Porte-queue, j'établirai ce petit parals lèle,
La chenille du Flambé est grosse, lisse (snie vant mademoiselle de Mérian ), verte et ornée de taches brunes, et (suivant M. Ernst ) d’un jaune citron, parsemée de taches fauves et brunes , avec une bande blanchâtre le long du dos, Réaumur et Geoffroy ne l'ont jamais vue, Elle se nourrit d’épine - vinette, de trèfle de prés, de feuilles de prunier sauvage. On assure qu’elle marche lentement, et fixe son chemin en allongeant le corps par le haut , et le mouvant de droite à gauche,
La chrysalide du Flambé est d'un jaune pâle, marquée de taches fauves ou brunes, et de quelques traits blanchâtres. Mademoiselle de Mérian en avait une qui resta sous cette forme jusqu’à l’année suivante.
| Les six bandes noiïres, ondoyantes, qui traversent de haut en bas, et en se rétrécissant, les ailes supérieures du Flambé, offrent la figure d’une flamme, ou bien imitent cette espèce de taffetas qu'on appelait autrefois flambée. Telle est aussi l'origine du nom de ce papillon.
Le Flambé se rencontre aux mois de juillet et de septembre, dans les forêts et dans les prairies , mais il est assez rare ; les chrysalides
de l'arrière - saisan le produisent au mois
&e mai, Ce papillon est d'un abord très-difficile. Cependant, lorsqu'on peut prendre une femelle, en la fixant sur l'épine - vinette ou le trèfle, on sera sûr de se procurer des mâles de son espèce. Le mouvement qu’elle fait en se débattant, ou peut-être même son odeur, les attire. Rosel dit que cette femelle pond ses œufs sur le cerisier et qu’elle les colle ensemble. Les œufs restent, dit-il, sous cette forme, jusqu'à ce que les premières feuilles paraissent. Alors naissent de petites chenilles qui se séparent et se répandent sur l'arbre.
Le Citron.
Ce papillon est assez commun.
Sa chenille est rase, verte, large de deux lignes, longue de quatorze; son dos est garni de pointes écailleusés , noires, imperceptibles, et cependant dures au toucher; elle vit sur l’églantier et l’aulne noir. Sa couleur est absolument celle des feuilles qu’elle mange. Aussi, placée d'ordinaire sur le dessus des tiges , elle est d’abord assez difficile à reconnaitre. Une de ses habitudes est de tapisser de.soie la femlle sur laquelle elle veut se reposer, d'y
cramponner ses pattes membraneuses, et de porter en l'air toute sa partie antérieure. Qu'on vienne à la toucher au postérieur de son corps, elle le relevera comme pour se défendre. Elle a cela de particulier , c’est que son ventre est très — applati, tandis que son dos forme un demi - cercle. parfait. Cette conformation singulière est la plus remarquable quand la chenille se tient en repos, car elle rentre alors, en partie, ses jambes dans son corps, ou du moins elle les raccourcit considérablement.
Son corps. est divisé én douze anneaux, comme celui de toutes les autres chenilles ; mais, à son tour, chaque anneau est garni de cinq à six incisions annulaires, de sorte que la che- - mille paraît être pourvue d’un nombre consi-- ‘dérable d’anneaux. Son dos est séparé de son ventre par une raie blanche, qui forme de chaque côté ume ligne transversale:
Cette chenille parait am printemps; vers le mois de juin, elle se dispose à la transformation. Elle commence à tapisser d'une couche de soie l'endroit sur lequel son ventre sera placé; elle se retourne ensuite la tête en bas, et va filer une petite monticule de soie où doivent se crampouner les crochets de ses deux jambes pos-
térieures, quand elle aura repris sa première position. Pour retrouver cette monticule, elle n'a d'autre moyen que de tâtonner avec ses jambes postérieures l'endroit où elle a été appliquée, jusqu’à ce qu'elle l’ait trouvée. M. de Geer a suivi une de ces chenilles dans cette opération. Après avoir filé la petite masse de soie, elle se retournait la tête en bas, ensuite elle tâächait de trouver cette masse ou monticule avec ses jambes de derrière. Elle n'y parvenait pas d'abord; elle marchait en avant, fort lentement, et toujours en tâtonnant, mais elle passait le but sans l’attraper. Enfin, reconnaissant sa bévue, elle retourna de nouveau sa tête , alla chercher ,comme des yeux, la masse de soie; puis, ayantrepris sa première position, elle retätonna pour la dernière fois, car elle en vint à son honneur.
Ses jambes une fois attachées , elle travaille à faire le lien qui doit embrasser le dessus de son corps : ceci fait, elle détache toutes ses jambes, excepté les deux postérieures, de la surface où elle est placée, et demeure ainsi suspendue par la ceinture. Bientôt son corps se courbe insensiblement, au point de faire
presque un demi-cercle. Elle reste dans cet état
pendant deux ou trois jours, après quoi elle se défait de sa peau, et paraît en chrysalide.
La chrysalide du Citron est angulaire; elle a des pointes, des éminences sur diverses parües de son corps : sa longueur est de dix lignes. D'abord d'un beau vert de pré, elle devient , par la suite, un peu jaunätre , et a, de chaque côté du corps, une raie d’un jaune clair, et une tache d’un rouge terne. Des qu’elle paraît, cette chrysalide est enduite d'une matière humide qui lui donne, le premier jour de sa naissance, une espèce de vernis et de transparence; mais le lendemain, tout ce luisant a disparu , l'extérieur devient entièrement mat. I] faut aussi remarquer que, dèsle premier moment de son apparition , cette chrysalide à ses -fourreaux très-rétrécis; qu'elle est souple et flexible au point de mouvoir toutes ses parties, et de donner même à sa tête des inflexions de droite et de gauche. Mais bientôt elle devient dure, écailleuse; elle ne conserve plus que les mouvemens de son ventre. Il s'opère en même temps , en elle, un autre changement non moins curieux ; je veux dire que ses fourreaux grandissent et s'étendent presque à vue d'œil. Cette
chrysalide ne se soucie pas trop, comme les
(iso) autres, de dégager sa dépouille de chenille de l'endroit où elle est attachée : elle fait bien quelques efforts pour y parvenir, mais si elle n'en vient pas d'abord à bout, elle la laisse où elle est.
Mais ce que cette chrysalide a de plus singulier , c'est une espèce de sac très-renflé qu’elle porte sous le ventre : ce sac, qui lui donne une forme toute particulière, sert de fourreau aux ailes du papillon qui doit naïtre. Un naturaliste a eu la curiosité d'ouvrir ce sac; il y a vu un grand vide entre les embryons des ailes et des deux jambes postérieures.
Le Citron sort de sa chrysalide au bout de quinze jours. Les entomologistes n’ont pas toujours été d'accord sur son nom. Un Anglais.
l'appelle Papillon couleur de soufre ; Linné, le Caniculaire, probablement parce que c’est dans la canicule qu’on en voit une plus grande quantité.
La grandeur du Citron est médiocre, ses couleurs sont simples. Le dessus des ailes du male est du plus beau jaune citron : le dessus de la femelle est blanchäâtre ou couleur de soufre pile. On remarque, chez les deux sexes, au
iilieu de leurs ailes, une petite tache et, à
Car)
leur extrémité, plusieurs points orangès.en.dessus, et en dessous plus foncés. Le dessous des ailes supérieures est d’un jaune un peu verdätre; celui des inférieures d’un jaune tirant sur le blanc, et leur sommet, c’est-à-dire, l'endroit où elles s’attachent au corcelet , lavé en dessous d'un peu de rose. Tout ce qui est jaune chez le mâle ,est d’un blanc tirant sur le soufre chez la femelle. Quant au surplus de leur extérieur, ils se ressemblent parfaitement : tous deux ont à chaque aile un angle bien marqué. Leur corps est noir en dessus, et couvert de longs poils d’un blanc argenté; en dessous, il est garni de poils et d’écailles jaunes. Leurs antennes sont d'un brun mêlé de rose, courtes et grosses; le bouton qui les termine est très-allongé ; leurs jambes sont couleur de soufre : eiles se terminent par deux crochets bruns à double pointe, très-bien figures dans la gravure.
Le Citron, dans l’état de repos, porte ses antennes en devant de sa tête, l’une appliquée contre l'autre, mais de manière à décrire un léger courbe : il porte également, dans la même position , ses ailes si exactement collées les unes contre les autres, qu'elles cachent le dessus de son corcelet et de son ventre. Qu'on le tienne
(142) serré de la sorte entre ses doigts, il appli< quera de suite ses jambes contre le dessous de son corps , en signe de crainte ou de douleur.
Le Citron n'est pas très-vif; on peut s’en eémparer facilement, sur-tout quand il est 6ccupé à sucer le miel des fleurs, ce qu'il fait avec beaucoup d’avidité. Il fréquente les bois, les prés, les jardins dans presque toutes les saisons de l’année , car il reste en vie pendant lhiver, se cachant dans quelques creux d’arbres. On le voit voler dès les premiers beaux Jours de février : c’est alors qu'il songe à la propagation de son espèce. Sa chenille éclat au commencement de l'été. |
Ce papillon est commun dans toute l'Europe ; on le trouve, dit-on, même en Afrique.
Je me suis assez longuement étendu sur cette espèce, parce qu'elle est le plus à la portée des amateurs , et que d’ailleurs sa chenille offre des M aités fort intéressantes. :
des graud Porte- Queue.
Ce Porte-Queue est l’un des plus grands et
des plus beaux papillons que l'on connaisse en Europe.
Wir.
llurore,
74 2 putes