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DES DIVERSES METAMORPHOSES

Prélumiuaire).

| IL. A partie de l’histoire naturelle, qui a pour

objet la connaissance des insectes , est commu

nément appelée, par les naturalistes, Entomologie. Ce terme pompeux se compose de deux mots grecs qui signifient tout simplement « dis-

s'expriment pas comme tout le monde.

Quant au terme générique d'insectes, que nous connaissons tous très - bien, il tire son origine d’un mot latin, qui veut dire « coupé, divisé » ; en effet, presque tous les insectes ont,

| | cours sur les insectes » : messieurs les savans ne soit au col, soit à la poitrine , soit aû ventre,

(pra) des anneaux qui semblent figurer autant d'incisions.

La plupart des animaux placés sur la terre conservent, toute leur vie, la forme qu'ils avaient en naissant : s'ils éprouvent quelques changemens, ce ne sont tout au plus que de simples altérations dans leurs traits, dans leurs coutumes. 11 en est autrement des papillons: ils ne changent pas seulement de couleurs , de traits, de tissus, mais encore de mouvemens, de formes, de proportions, d'organes, d’habitudes.

La vie du papillon se partage en trois périodes bien distinctes : l’état de chenille, celui de chrysalide , et enfin celui de papillon; cet insecte existe aussi bien sous la forme hideuse. d’une chenille que sous celle de l’immobile chrysalide. La première de ces enveloppes ne laisse toutefois rien apercevoir de sa forme future ; ses membres sont infiniment petits. La seconde enveloppe permet bien de découvrir une ébauche grossière de son état parfait; ses membres ont un peu plus d’étendue, mais ils sont encore replies; ils sont mous; ils manquent de cette consistance qu'ils doivent acquérir avec le temps.

Sous la forme de chenille, le corps du pa-

(13) pillon ést allongé, garni d’une suite d’anneaux emboëtés les uns dans les autres; il rampe, soit à l’aide des crochets dont ses anneaux sont souvent garnis , soit à l’aide de diverses paires de jambes. Sa tête est armée de dents ou de pinces; ses yeux sont lisses et peu nombreux. Il est absolument dépourvu de sexe: son sang circule du derrière vers la tête.

Sous la forme d’une chrfysalide, tous ses membres, renfermés sous plusieurs enveloppes, sont cachés sur la poitrine, et ne se donnent aucun mouvement. L'état de chrysalide est ordinairement un état d'inaction: linsecte est plongé dans une espèce de sommeil ; il ne saurait faire usage de ses yeux ; de sa bouche ni d'aucun de ses membres : nul besoin ne le presse, mul soin ne l’occupe. Privé de la faculté de se

mouvoir, il demeure fixé au lieu où le hasard l’a placé ; quelquefois néanmoins il a la liberté de | changer de place , mais sa démarche est alors lente, pénible et gènée. Son sang circule, mais cette fois , de la tête vers le derrière.

Enfin les liens de la chrysalide sont brisés : l'insecte commence une nouvelle vie. Tous ses membres naguères repliés, mous, sans action, se déploient, se fortifient, se mettent en jeu. | 2

Chenille , il rampait; chrysalide, il se trainait; papillon , il voltige dans les airs. Sa tête est ornée de panaches mouvans. Ce ne sont plus ces dents ou crochets qui divisaient jadis un aliment grossier, mais bien une trompe qui pompe les sucs les plus délicats des fleurs. Le petit nombre d'yeux lisses qu'avait la chenille , ont fait place à des milliers d’yeux /ésses et chagrines. La chenille n’avait point de sexe, le papillon devient capable de se reproduire.

Quoi de plus admirable que de semblables métamorphoses ! On s'arrête volontiers devant une chenille, quelque laide qu'elle soit, parce qu'on sait qu’elle doit devenir un jour un insecte brillant ; on examine , avec le plaisir le plus vif, un papillon : on se souvient en effet de la forme sous laquelle il vivait naguères. Le seul. aspect , soit d'une chenille, soit d’un papillon, reporte soudain à l'idée du mécanisme infini de leur être.

Re — ”

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