L'APOLLON
PaRNASsIUS (Latr.) ou DorirTis (Fab.) apollo (L.) LE PARNASSIEN APOLLON
L vaut la peine de se rendre, en mai, sur un versant rocailleux et bien exposé au soleil, où abonde l'orpin blanc aux innombrables petites feuilles cylindriques et charnues, rougissant au soleil, car
un joli spectacle nous y attend. Point n'est besoin de s’armer de patience; attendons seulement que le soleil soit bien chaud. Nous verrons alors de superbes chenilles, souples et agiles, qui, tout à l'heure, se tenaient cachées sous quelque plante, sous un caillou, surgir maintenant de leurs cachettes et courir à toute vitesse sur la roche brûlante, en quête des petites feuilles charnues du sédum ou orpin blanc (sedum album). D'un noir de velours somptueux, elles sont recouvertes de fins et courts poils noirs et ornées de deux longues rangées de taches rouge orange vif. Six verrues peu saillantes, blanc bleuâtre, bleu d'acier ou grises, ainsi que quelques points de même couleur sur les flancs, ornent chaque segment. Ah! les belles chenilles, elles sont dodues et longues à souhait! Quelques-unes atteignent 4 et même 5 centimètres de long. À toutes jambes ou plutôt {à toutes pattes », elles courent et trottinent ; mais comme la plante aimée abonde parmi les pierres, elles ont vite trouvé ce qu'elles cherchent. Alors elles s'arrêtent, se dressent contre une tige aux feuilles pourpres et gonflées, et, travaillant des mandibules aussi vite que tout à l'heure des pattes, elles entament et dévorent avec une incroyable rapidité les succulentes feuilles. En un instant, l’une d'elles a disparu, puis c’est le tour d’une seconde et d’une troisième. Le festin se prolonge assez longtemps, entrecoupé par de courtes pauses où la chenille, immobile et comme endormie, attend sans doute que le suc gastrique ait accompli sa tâche et que l'appétit revienne. Si les provisions sont épuisées, vite elle reprend sa course et gagne un nouveau pied du joli {pain d'oiseau». On ne trouve guère la souple