LE CASQUE
ment clair; habituellement LE CASQUE a les deux tiers des ailes supérieures brun sombre et la marge costale, comme l'extrémité de l'aile et le thorax, gris bleu violet foncé. Dans ces types sombres, 1l ne reste plus, en fait de rouge orangé, que la petite tache trapézoïdale qui se trouve non loin de l'extrémité de l'aile, le long de la marge et qui est alors plus claire que le reste de l'aile.
Notre CASQUE est rare; mais on le rencontre pourtant de temps à autre dans la plaine, de juin à septembre, surtout en juillet et août. Il se laisse attirer le soir par la lumière artificielle. Il varie entre 3,8 et 4,3 centimètres d'envergure.
La femelle pond de petits œufs blanc jaunâtre, ronds, qui éclosent après trois ou quatre semaines. Les chenilles sont d'abord gris clair, légèrement verdâtres ou jaunâtres avec de petits points noirs. Elles ne grandissent pas beaucoup avant l'hiver et il vaut mieux les chercher en mars, avril ou mai, dans les feuilles sèches avoisinant la plante nourricière. Elles attaquent le plus souvent, en y perçant de petits trous ronds, le gouet ou arum tacheté. Mais elles ne dédaignent pas les primevères, les mourons et autres plantes basses. Elles atteignent 4 à 5 centimètres de long et sont jaune ocre ou gris jaune rougeâtre, finement ponctuées de sombre, avec une tête et un écusson brun jaunâtre, un ventre jaune clair, une ligne dorsale blanche et sur chacun des segments huit à onze, deux taches noires et symétriques en forme de coin.
La chrysalide, placée dans la terre, est gris brun, luisante, et donne naissance au papillon après un ou deux mois.
LA NOCTUELLE FIANCÉE — Agrotis pronuba L.
Deux mâles, grandeur naturelle, au vol et au repos. Femelle, grossie trois fois, au repos. Feuilles sèches de Chêne, Hêtre et Bouleau — Betula alba L.
AcrOTIS (O.) ou TRIPHÆNA (Treits.) pronuba (L.) La PHALÈNE HiBou ou L’AGROTIDE DE L'OSEILLE
N parcourant les bois, en juin ou juillet, en foulant les feuilles sèches, surtout près des lisières, à des endroits où croissent
quelques buissons, il arrive de voir soudain s'envoler de terre
une Noctuelle dont les larges ailes inférieures jaune vif, décorées d'un beau ruban noir, font un effet superbe. Malheureusement son vol est rapide et zigzagant, et si vous n'avez pas eu la présence d’esprit de faire fonctionner à temps votre filet, vous perdez de vue le beau papillon. Si toutefois vous ne l'avez pas trop effrayé, vous le verrez peut-être se poser à nouveau, un peu plus loin. Il reste un moment immobile, attendant la suite des événements, puis, lorsqu'il croit tout danger écarté, il s’enfile sous les feuilles, cherchant toujours le recoin le plus sombre. À défaut de feuilles sèches, il disparaît tout aussi volontiers dans les fentes d’un mur, ou les interstices d’un monceau de pierres, courant très vite et souvent le dos tourné en bas. Lorsqu'il se cache sous les feuilles sèches, vous entendez très distinctement le bruit de ses pattes. Mais à part ces brusques envolées, purement accidentelles, la PHALÈNE HIBOU de Geoffroy ne sort de sa cachette qu'à la nuit tombante, comme l'oiseau dont elle porte le nom. Elle parcourt alors d’un vol rapide les prés et les jardins, butinant sur les fleurs. C'est une des Noctuelles les plus répandues chez nous, tant dans la montagne que dans la plaine, se rencontrant même encore en assez grand nombre, jusqu à plus de 3000 mètres d'altitude. Elle se présente sous des types très différents, ainsi que le montre notre planche : parfois la tête, le thorax et les ailes supérieures sont d'une seule couleur, presque sans dessins, variant du gris jaune clair, blanchâtre sur la tête, jusqu’au gris brun, au brun rouge, même au brun violacé sombre. Dans d’autres types, toute une série de dessins apparaissent sur les ailes supérieures, souvent plus marqués encore
que sur l'exemplaire de notre image, représenté au vol. Dans ces mêmes types à dessins très nets, le thorax est d’un brun noirâtre, mais le devant de la tête et le collet, d’un blanc ivoire ou d’un gris brun pâle. Les ailes sont toujours agrémentées d’un léger fard violacé. Voilà, en quelques mots, ce qui frappe le regard lorsque la bête est posée, tenant ses ailes ramenées sur le dos et bien appliquées l'une sur l’autre, croisées tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, et toutes deux sur un même plan. Mais lorsque le papillon s'envole et fait apparaître, comme nous l'avons déjà vu, ses belles ailes inférieures Jaunes, on remarque avec étonnement qu'elles ne varient pas du tout et que dans tous les types, elles sont les mêmes. Il n'y a qu'une variété, mais elle est très rare, appelée H&GEI (H. S.) où cette aile jaune présente en son milieu une tache noire. Cette particularité fait alors ressembler le papillon à l’Agrotis comes (Hb.), «La Suivante » de certains auteurs, qui présente toujours cette tache. L’Agrotis comes, plus petite que la NOCTUELLE DE L'OSEILLE, est en général un peu plus verdâtre, et ne présente pas le point noir, traditionnel chez PRONUBA, qui se trouve juste avant la pointe des ailes supérieures.
Une autre espèce encore, que nous avons étudiée dans le volume des Chenilles (p. 155 à 160), ressemble beaucoup à notre FIANCÉE, c'est la Noctuelle frangée, l’Agrotis fimbria (L.) des savants. Elle a la même envergure, mais son corps est plus massif, ses ailes plus larges, le jaune de la paire inférieure plus vif et le ruban noir beaucoup plus large, occupant presque la moitié de la superficie de l'aile.
L’AGROTIS PRONUBA varie entre 5,6 et 6,4 centimètres d'envergure. Elle apparaît en une ou deux générations, d'avril jusqu'en septembre. Dans la montagne, où elle n’a jamais qu'une génération, on la voit le plus souvent en juin et juillet.
Sa chenille, dont nous avons parlé dans l'ouvrage précédent à propos de la Mamestra brassicæ (L..), page 177, est tout aussi lucifuge que le papillon; souvent même, elle ne se contente pas de se cacher sous les feuilles ou les pierres pendant le jour, mais elle s'enfouit
dans la terre. Elle recherche de préférence les terrains meubles, et c'est pour cette raison qu'on la trouve très souvent dans les jardins. Sa principale nourriture consiste en feuilles d’oseille, de primevère, de violette, de séneçon des oiseaux, de dent-de-lion ou d'’arroche, mais dans nos jardins, elle attaque aussi les salades et les laitues, même les choux. C’est une chenille paresseuse, lourde et massive, lisse et sans poils. Elle est le plus souvent d’un gris ou d’un brun terreux, mais elle peut aussi être gris jaune, vert jaune ou franchement verte. Une ligne dorsale claire et un trait brun rougeâtre sur les flancs rehaussent généralement ce costume, mais ces dessins sont plus ou moins marqués. Un autre caractère, par contre, persiste presque toujours et permet de reconnaître très sûrement l'espèce, c'est une suite de taches étroites, allongées, brunes ou noirâtres qui bordent, de chaque côté, le dos, sur toute la longueur de l'abdomen de la chenille, à raison d'une paire par segment. Un trait clair borde inférieurement ces taches dans les types sombres. La tête, qui est petite, est toujours brune. On trouve généralement les exemplaires gris ou bruns dans la terre et les chenilles vertes cachées simplement sous les feuilles.
La chenille se trouve de novembre à mai, et quand il y a deux générations, une seconde fois en août et septembre. Parvenue à sa taille, elle atteint 4 à 5 centimètres de longueur, puis elle se transforme sous terre, dans un fragile alvéole, en une chrysalide luisante, d'un brun rouge sombre, qui donne naissance au papillon au bout d’un mois environ.
La Nasse — Neuronia popularis F. Mâle, grossi trois fois, posé sur un caillou et prêt à l'essor.
Le Chiendent rampant — Agropyrum (Triticum) repens P. B.