LA VERGE-D'OR
Pocyommarus (Latr.) ou CHRYSOPHANUS (Hb.) virgaureæ (L.) L’ARGUS SATINÉ
H! pourquoi ne va-t-on pas plus souvent consulter la nature, ce grand livre toujours ouvert et si passionnant à lire? Au lieu de tourner machinalement les pages d'un roman, dont
la lecture est souvent malsaine, pourquoi ne cherche-t-on pas à déchiffrer l’histoire de tel insecte, de tel oiseau, de telle fleur ? Pourtant ces histoires sont pleines d'intérêt et de charme: il y en a pour tous les goûts. La nature fourmille d'idylles délicieuses, et celui qui sait observer y découvrira des scènes touchantes de dévouement, captivantes d'amour.
M. Adolphe Burdet, le grand photographe des oiseaux, avait découvert un nid de rousserolle turdoïde, la plus grande de nos fauvettes des roseaux. En l'observant avec patience, il s’aperçut que lorsque mâle et femelle se trouvaient ensemble au nid, apportant la becquée à leurs nourrissons, celui-là tendait à celle-ci sa chenille, et c’est elle qui la donnait au plus affamé des petits. Le grand ami des oiseaux, en décrivant la scène, ajoutait dans son langage si expressif: « Tiens, donne-la-leur, c'est meilleur quand c’est toi!»
Et chez les insectes, quelle fidélité et quelle patience n'observet-on pas chez les femelles occupées à la ponte, cette tâche sacrée pardessus tout. Certaines libellules entrent entièrement dans l'eau, pour enfoncer, un à un, leurs œufs allongés dans les tissus des plantes submergées; et ce qu'il y a de frappant, c'est que le mâle, qui n'est pratiquement d'aucune utilité à la femelle pendant la ponte, l’accompagne cependant sous l’eau et la tient délicatement par la nuque, ne voulant pas la laisser seule dans l’accomplissement de ce devoir, apparemment pénible.
On pourrait multiplier à l'infini ces exemples, et cela sans parler de ce qu'on peut voir au printemps dans les buissons, lorsque la