LA VERGE-D'OR
fauvette, éprise d'amour pour sa petite femelle qui bat des ailes à son approche, chante... éperdument.…
Regardez, ici-même, le mâle tout palpitant de l’ARGUS SATINÉ qui poursuit sa compagne. Celle-ci, discrète et réservée, se glisse sous la fleur.
Mais ne divulguons pas les secrets des papillons et admirons plutôt la délicatesse de cette face ventrale immaculée, la grâce de ces pattes si frêles, l'expression de ce petit œil noir, nettement bordé de blanc, et la naïveté de cette physionomie. Ce sont là des caractères propres à presque tous les Lycaénides. Regardons, en effet, les planches 8 et 10 avec leurs petits papillons si ingénument campés sur de menues échasses.
L’ARGUS SATINÉ porte fort bien son nom; car l'image ci-avant ne donne qu'une idée très vague du satin somptueux, lustré, doré, dans lequel ont été taillées les ailes du mâle. Il mérite vraiment le nom de « Papillons de feu» qu'on a donné, en allemand, aux Polyommates. La femelle, généralement plus petite, avec les ailes moins larges, est aussi plus discrète de couleur. Il est vrai que lorsqu'elle est fraîchement éclose, elle présente à la base de ses quatre ailes et sur les poils recouvrant son corps, de merveilleux reflets de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, surtout dorés et verts. Mais toute cette richesse n’est qu'un reflet passager, effleurant un fond brun orangé plus ou moins clair, tirant souvent sur le brun sombre, avec des taches nombreuses et noirâtres; dessous, par contre, la femelle est plutôt plus brillante que le mâle. Dans une variété très rare que l'on trouve dans les Alpes, le dessous des ailes inférieures devient gris brun sombre et même presque noir. C'est la variété ZERMATTENSIS (Flou.), propre aux deux sexes. Le mâle de la VERGE-D'OR varie entre 3,6 et 3,8 centimètres d'envergure, la femelle entre 3,3 et 3,6, atteignant aussi, mais exceptionnellement, 3,8 centimètres.
Nous avons vu tout à l'heure que le Polyommate du bouleau (p. 61), comme presque toutes les Théclas, habitait de préférence la