LE PAON-DE-JOUR
VANESsA (Fab. L.) io (L.) — L'ŒrL-ne-PaoN-pu- Jour
E paon a toujours été considéré comme un des plus beaux oiseaux, un des plus nobles et des plus majestueux. Depuis l'antiquité, on le place, à titre d'ornement, dans les parcs et
les jardins, jusque dans les palais. Son plumage est si somptueux, son port si élégant et digne, sa queue si merveilleusement décorée et si belle lorsqu’ il l'étale pour charmer son humble compagne, que l'on excuse son cri aigre et perçant, seul travers du splendide animal.
Or il existe un papillon, très connu du reste, dont les ailes portent des yeux qui font penser à ceux de la queue du paon. On l'a appelé, pour cette raison, le « PAON-DE- JOUR », en allemand «L'ŒIL-DE-PAON DU- JOUR », par opposition aux Paons-de-Nuit (pl. 44), autres papillons à ailes décorées de grands ocelles. Mais notre VANESSE ne ressemble pas seulement à l'oiseau par ses yeux, elle le rappelle aussi par la beauté de son costume, un velours délicat, orné d'applications de soie, lustrées et chatoyantes, tandis que le dessous des ailes est fait d'une moire sombre et riche. Hélas, ce beau costume subit le sort de beaucoup d’autres : après la mort, le blanc qui orne l'aile supérieure devient jaunâtre, souvent même d'un ton ocre assez foncé: le rouge « Terre de Sienne » du fond de l'aile jaunit également ; enfin le dessous des ailes, presque noir, à reflets légèrement bleutés, pâlit et passe au brunâtre terne. Ah! c'est vivante qu'il faut regarder la bête, c'est vivante qu il faut la peindre! Combien de planches d'histoire naturelle se ressentent fâcheusement d’avoir été exécutées d'après des exemplaires morts. Il faut bien que les peintres de champignons et de fleurs s'arrangent à à trouver des modèles tout frais; pourquoi ceux qui s'occupent d'i insectes n ‘en feraient-ils pas autant? Et pourquoi y at-il tant d' artistes qui se vouent au paysage, à la figure, à la nature morte, et si peu qui attaquent ce domaine infini des petites bêtes, où il y a encore tant à faire?