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LE PAON-DE-JOUR

d'une deuxième génération, d'août à octobre. Mais elle n’est pas fréquente, et, de plus, lorsqu'on la trouve, on n'obtient pas toujours le papillon, parce que souvent les chenilles sont malades ou piquées par différents diptères et hyménoptères.

La chrysalide, qui pend la tête en bas, est attachée par le bout du corps aux murailles, aux troncs d'arbres, aux palissades des jardins. Mesurant 2,4 à 2,7 centimètres de long, elle est d’un vert clair et brillant ou bien d'un vert olive très finement zébré et marqueté de noir, enfin elle peut être gris brun sombre. Sur les fourreaux alaires et en tout cas à la base du dos, l'épiderme est plus ou moins doré. Sur l'abdomen se dressent six paires d'épines courtes, glabres, mais acérées, qui sont rousses avec la pointe noire. Au milieu du thorax s'élève une arête dont le profil ressemble à un nez droit. Enfin la tête se termine par deux grosses pointes coniques et divergentes, et, de chaque côté du corps, près de la naissance des ailes se trouvent deux saillies coniques, mais beaucoup moins élevées et plus obtuses que les pointes qui se dressent sur la tête. Cette conformation est à peu près la même chez toutes les chrysalides des Vanesses.

Pour le PAON-DE-JoUR, la période nymphale dure de douze jours jusqu'à trois semaines.

Le VULCAIN — Vanessa atalanta L. Mile, :

grandeur naturelle, venant de se poser sur une pierre. Mâle, grossi deux fois, au repos sur le terrain.

VanEssA (L. Fab.) ou PYRAMEIS (Hb.) atalanta (L.) — L'AMIRAL

OTRE mère avait l'habitude de faire sécher, chaque année, de nombreux fruits, surtout des prunes. Après les avoir ouverts, elle les rangeait soigneusement les uns à côté des autres sur

de grands plateaux, et ceux-ci étaient exposés au soleil. De pareilles installations, en pleine campagne, ne manquaient pas d'attirer de multiples amateurs. Pendant les quelques jours que nécessitait la dessication complète de la pulpe, c'était, sur les plateaux, un bourdonnement continuel d’abeilles, de guêpes, de mouches. De splendides papillons s'y arrêtaient aussi, de temps à autre, et c'est en survelllant les plateaux de notre mère que nous fimes, enfants, la connaissance de la plupart des Vanesses : la Petite- Tortue (pl. 16) était constamment sur les fruits; la Belle-Dame (pl. 19) leur faisait de fréquentes visites, le Paon-de- Jour (pl. 17), de loin en loin, venait montrer ses beaux yeux, et même une ou deux fois, les prunes attirèrent le grand Morio aux ailes d’un noir pourpré, margées de crème. Mais il y avait encore deux autres Vanesses que nous aimions tout spécialement voir arriver chez nous, et qui, de plus, n'étaient pas rares: c'étaient le Gamma (pl. 14), dont le vol rapide et capricieux et surtout les ailes si étrangement découpées nous captivaient toujours, et le splendide VuLcain, la plus brillante de toutes les Vanesses, celle justifiant le mieux ce nom qui signifie { soleil» où (flambeau ». (D'autres traduisent «je brille ».) Son costume si impeccable avait, pour nous, un charme tout particulier, de même que son vol vif, très souvent plané. De plus, c'était avec la Petite-Tortue un des papillons visitant le plus assidûment les prunes, aussi avions-nous souvent l'occasion de l'admirer.

Bien des années se sont écoulées depuis cet heureux temps et néanmoins, le VULCAIN nous charme toujours encore. Il y a, en effet, dans son costume, non seulement de la distinction, comme dans celui

du Paon-de- Jour, mais une correction, une netteté, un éclat tel, qu'il fait penser à un uniforme de haut rang, avec son drap noir à reflets violacés, ses galons orangés et ses boutons d'argent. C'est pour cette raison probablement que cette espèce porte aussi le nom d'AMIRAL. Dessous, l’aspect du papillon est très différent, surtout lorsque, par un jour de pluie, il a fait rentrer ses ailes supérieures dans leur étui et que les taches noires, rouges et blanches ont disparu. Il ne reste plus, dès lors, qu’une merveilleuse broderie, où les bruns dominent dans une gamme plus ou moins sombre, tendant parfois au brun foncé, avec des ornements moins marqués que sur notre planche. Mais vers la base de l'aile, un dessin noir subsiste toujours, imitant, sur l’aile droite, le chiffre 18 ou 78 et sur l’aile gauche le chiffre 81. Ce détail a valu à notre VANESSE, de la part de certains auteurs, le nom de « CHIFFRE que nous verrons, tout à l'heure, appliqué à l'Argynnis niobe L. (pl. 23).

On remarque très bien sur la planche ci-contre une particularité qui caractérise bon nombre de Papillons de jour (comparez les planches 12 à 33 avec les planches 1 à 11 et 34), mais qui est surtout frappante chez les Vanesses : le papillon n'utilise jamais, pour se tenir ou marcher, que les paires médiane et postérieure de ses pattes. La paire antérieure est, en effet, plus ou moins atrophiée et toujours repliée contre le corps.

On voit voler le VULCAIN dans les jardins, les campagnes et le long des chemins, en une ou deux générations, pendant presque toute la saison chaude, mais surtout depuis le milieu ou la fin de l'été jusqu'en automne. Un bon nombre d'exemplaires passent l'hiver dans des arbres creux, des fentes de rocher et volent encore au premier printemps. Ils se posent volontiers contre les murs ou les troncs en refermant parfois les ailes; ils se confondent alors étonnamment avec l'écorce ou les lichens. Ceci arrive du reste à toutes les Vanesses, dont le dessous des ailes, si différent de la face supérieure, est dessiné et coloré dans ce but. La Belle-Dame, en particulier, lorsqu'elle se

pose à terre, échappe aux regards, et imite en cela les Satyres que nous étudierons plus loin (pl. 27 à 29).

L'’AMIRAL aime à sucer, sur les arbres, la sève qui coule d'une blessure ou l'humidité des parties vermoulues. Mais on le voit très souvent aussi sur les fleurs des jardins ou des campagnes, en particulier sur le lierre, une des fleurs les plus tardives de l’année et au printemps sur le lilas.

L'’envergure de cette espèce varie entre 6,1 et 7 centimètres.

La ponte a lieu en général après l'hivernage.

La chenille vit surtout sur les orties, mais aussi sur les cirses (cirsium) et les immortelles (helichrysum). On la trouve en mai, juin ou juillet, exceptionnellement encore en automne. Elle vit isolée, comme celle du Gamma, mais s’enferme dans une feuille dont elle rapproche les lèvres avec des fils de soie. Elle atteint 4 à 4,5 centimètres; elle est plus épaisse et courtaude que les autres espèces du genre et varie énormément : elle peut être noire, gris cendré, brune, rouge clair, enfin vert jaune ou jaune pâle. Dans tous ces types, la surface du corps est parsemée de petits points blancs ou jaunâtres et les flancs sont ornés d’une bande jaune. Les épines sont de cette même couleur et les pattes fauves.

La chrysalide, qui ressemble à celle de la Belle-Dame, est grise, noirâtre ou brune, avec un certain nombre de taches dorées sur le ne Les pointes de la tête sont plus obtuses qu'aux espèces précé-

entes.

La BeLce-DAME — Vanessa cardui L. Mâle, grandeur naturelle, posé et butinant. Mâle, grossi deux fois, posé et butinant.

Le Sorbier des oiseleurs — Sorbus aucupa-

ria L.

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