‹ Les papillons dans la natureChapitre 5 sur 133 · LE FLAMBÉ · texte numérisé non relu

LE FLAMBÉ

C'est un grand papillon jaune aux ailes barrées de noir qui n'est autre que le PAPILIO PODALIRIUS, appelé en allemand «LE Voi- LIER?. Cette expression caractérise fort bien l’insecte, créé, semble-t-1l, uniquement pour voler. En français, on l'appelle le « FLAMBÉ ». Ce titre paraît, à première vue, un peu étrange; cependant, si nous examinons l'animal, nous remarquerons sur les ailes inférieures des teintes bleues et jaune orange, jouant dans des noirs profonds et imitant les couleurs de brandons allumés. De plus, du point le plus brillant, telle une braise incandescente, s’échappent en une gerbe étalée, des flammèches noires.

Mais revenons à la clairière, où, sans se préoccuper des tournoiements de l’ascalaphe, le grand VoILIER folâtre gaiement, de son vol rapide et inlassable. Grâce à ses yeux perçants ou à tel autre sens à nous inconnu, 1l a bientôt découvert l'objet de ses recherches et voici le papillon posé sur un buisson d'épines, un de ces buissons rabougnis, . aux petites feuilles coriaces, recoquillées par les ardeurs du soleil. Sous une de ces feuilles, l'abdomen recourbé de la pondeuse dépose un œuf, parfois deux, mais jamais plus, œufs ronds, d’abord blanc Jjaunâtre, devenant brun rosé, puis gris de fer.

Un instant, le papillon et le beau névroptère voisinent. Puis les prunelliers pourvus chacun d'un œuf ou deux, le FLAMBÉ repart, comme il était venu; 1l traverse la forêt, les prés et les chemins, en ligne droite, à toute vitesse, car maintenant qu la peuplé les buissons de la clairière, il faut qu'il visite ceux qui croissent à la lisière du bois, ceux qui foisonnent dans les grands éboulis, ceux même que les chèvres tondent sur la croupe dénudée de la colline. Il faut à tout prix qu il découvre de nouveaux arbustes, d’autres feuilles savoureuses pour sa postérité. Cette postérité, comme nous l'avons vu dans un précédent volume (Les chenilles de Paul Robert, p. 26 et 27), consiste en chenilles dodues et vertes, parfois d'un jaune roussâtre, qui vivent de juin ou juillet jusqu'en septembre ou octobre et mangent, assure-t-on, de l'amandier, du pêcher, du cerisier, du poirier, du

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