LE PROCRIS
CœnonyMPHA (Hb.) pamphilus (L.) ou nephele (Hb.) LE PETIT PAPILLON DES FOINS
ÊS le mois de mars au Tessin, avril sur le Plateau suisse et mai dans les montagnes, on voit voler un peu partout, surtout aux endroits bien exposés au soleil, un petit papillon d’un
jaune orange pâle et rosé, aux ailes bordées d'une marge sombre et d'une frange plus claire. C'est le PROCRIS. Il varie passablement : certains exemplaires ont cette marge sombre très étroite ou même à peine marquée, chez d'autres elle est beaucoup plus large ou plus sombre. L'œil placé à l'extrémité de l'aile supérieure peut aussi disparaître presque en entier ou devenir, au contraire, d'un beau noir.
Peu de papillons, lorsqu'ils volent, ont autant l'air de s’amuser que notre Joyeux PAMPHILUS. Le dessus orangé de ses ailes et leur dessous grisâtre le font ressembler à une feuille morte ou à un morceau de papier, coloré différemment sur ses deux faces, et que le vent emporterait au hasard. Lorsque deux exemplaires de cette espèce se rencontrent, ils se poursuivent gaiement ; le premier tourne autour du second, le second autour du premier, et ils exécutent ainsi des rondes charmantes et folles qui les conduisent bien loin de leur domaine. Alors les deux amis se séparent et reviennent en papillonnant au coin qui leur est cher.
Très visible lorsqu'il volette, le petit papillon disparaît subitement aux regards lorsqu'il se pose sur le sol. Il faut, en effet, bien s'approcher pour remarquer sur la terre brune ou parmi les herbes sèches le dessous de ses ailes d'un gris brun ou verdâtre. Les supérieures sont bien, il est vrai, en partie oranges, mais le prudent insecte a soin, le plus souvent, de dissimuler cette zone colorée sous ses ailes grises. Une seule chose reste pourtant presque toujours visible, c’est un petit rond d’un noir de jais, orné en son plein centre d’un point