LE PROCRIS
blanc comme la neige. Lors donc que le PROCRIS se pose au bord du chemin, il joint ses petites ailes et se couche tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, pour recevoir perpendiculairement à la surface de ses ailes la caresse chaude et vivifiante du soleil qu'il aime tant.
C'est le long des sentiers, dans les pâturages sans cesse tondus par le bétail, dans les coins rocailleux où fleurit la globulaire qu'on est le plus sûr de le voir. En de tels lieux, il est commun, même très fréquent pendant tout l'été, et cela presque sans interruption, jusqu'en septembre et octobre. Dans la plaine, il apparaît en deux ou trois générations et dans la montagne en une ou deux, suivant l'altitude; car notre petit papillon ne craint pas de monter jusqu ‘à 1800 mètres. Il pond ses œufs, généralement au mois de juin ou au mois d'août, dans l'herbe. Ces œufs sont brun jaune, arrondis, et leur surface est comme cannelée ou treillissée. Au bout d'une dizaine de jours il en sort de petites chenilles qui grandissent rapidement jusqu'à atteindre 2 centimètres environ. Elles ont la peau glabre et lisse et portent deux queues menues et rougeâtres à l'extrémité du corps. Elles sont d'un vert plus ou moins vif avec une ligne dorsale sombre bordée de clair et des lignes latérales blanches ou jaune pâle. Ces lignes peuvent aussi présenter l'aspect de bandes alternativement claires et sombres. La tête, le ventre et les pattes sont d'une teinte plus jaunâtre. Les chenilles qui ont passé l’hiver commencent déjà à manger de très bonne heure au printemps, en février ou mars. Mais comme les générations du PROCRIS se confondent plus ou moins, on peut trouver la chenille, comme le papillon, durant la plus grande partie du printemps et de l'été. Cette chenille vit sur différentes espèces d'herbes tendres, telles que la crételle des prés (cynosurus cristatus) ou les graminées des genres poa et anthoxanthum. La chrysalide, qui dure de deux à trois semaines, est courte, épaisse, arrondie, ne présentant aucun angle ou prolongement. Seule la tête est légèrement bifide. La bestiole est verte avec des points et des traits jaunes, ou bien elle présente trois lignes noires sur les fourreaux alaires. Elle
LE PROCRIS cal
est suspendue à une plante ou à une herbe quelconque par son extrémité abdominale qui est rougeâtre.
Notre joli PROCRIS est l'espèce la plus commune de son genre, mais nous ne pouvons passer sous silence deux de ses cousins encore plus beaux que lui et qui ne sont pas rares chez nous. Le Cæœnonympha arcania (L.), appelé en français le Céphale, a les ailes supérieures presque semblables à celles du PAMPHILUS; le jaune orange est seulement plus intense et la marge plus large et plus sombre. Par contre, l’aile inférieure est presque entièrement brune. Dessous, cette même aile est magnifiquement ornementée : la moitié basale est d’un brun doré tirant, du côté du corps, sur un gris vert ou un gris bleu chatoyant. Cette partie brune est limitée par une large bande crème qui traverse toute l’aile et qui est elle-même accompagnée d’une série de trois, quatre ou cinq ocelles de grandeurs différentes. Ces divers yeux se composent d’un point central blanc pur, entouré de noir; le cercle noir est lui-même encadré de jaune orange et le jaune orange de brun. Une ligne légèrement brisée et faite de merveilleux reflets d'argent, puis une bande jaune ocre brillant suivent les ocelles et les séparent de la frange de poils gris à la base et blancs à l'extrémité qui achève cette somptueuse décoration. L'arcania est plus grand que le PAMPHILUS. Il atteint et dépasse 4 centimètres d'envergure, tandis que le PROCRIS varie entre 3,2 et 3,6 centimètres.
Entre ces deux espèces vient se placer un autre papillon assez commun, le Cænonympha iphis (Schiff.), dont le dessous présente quelques petits ocelles imités de ceux de l'arcania et placés sur un fond ressemblant à celui du PAMPHILUS. Le dessus des ailes est presque entièrement d'un brun doré, quelquefois plus clair sur la paire antérieure.
Le DÉ-a-jJouer — Syrichtus alveus Hb.
variété cirsit Rbr. Mâle, grandeur naturelle, au repos. Femelle, grossie trois fois, venant de se poser.
Le Thym serpolet — Thymus serpyllum L.
Graines d'Hélianthème vulgaire — Helianthemum vulgare Gaer.
Graines de Lotier corniculé — Lotas corniculatus L.