‹ Les papillons dans la natureChapitre 92 sur 133 · LA HARPYE DU HÊTRE · texte numérisé non relu

LA HARPYE DU HÊTRE

STAUROPUS (Germ.) ou HarPyIA (O.) fagi (L.) — LE STAUROPE DU HÊTRE ou L'ECUREUIL

fourrure qui lui a valu ce nom? — Elle est digne en tout cas de celle de l'élégant rongeur, et couvre non seulement le thorax de l’insecte, mais encore sa tête, ses pattes et le bout de son corps; de plus les écailles des ailes, presque partout filiformes, constituent un vrai pelage. Serait-ce aussi la queue élevée de la chenille qui a inspiré Engramelle à baptiser ainsi cette espèce? — Peu importe; l'un et l’autre sont vrais et lorsque vous découvrez la moelleuse, la duveteuse, la somptueuse bête en son état parfait, vous ne pouvez retenir un cri d'admiration. Appliquée contre un tronc d'arbre où elle s’installe comme la « Feuille-morte» (p. 269), elle se confond à merveille avec l'écorce, et cela d'autant plus qu'à l'avant, les deux pattes velues cachent complètement ses gros yeux noirs, ronds et lisses ; le rebord du thorax et la base des ailes dissimulent les antennes brun orange, largement plumeuses jusqu'aux trois quarts de leur longueur chez le mâle, sétacées chez la femelle; le trou qui, de chaque côté, subsisterait sous les ailes supérieures est fermé par les inférieures qui dépassent les premières, et la marge même de ces ailes inférieures est garnie de longs poils fermant à leur tour le vide laissé encore sous ces ailes. La deuxième paire de pattes, plumeuse comme la première, achève la fermeture des huis et donne l'illusion d’une simple saillie de l'écorce, adhérente en tous points au tronc lui-même. C'est ainsi que la HARPYE DU HÊTRE passe ses journées, immobile, ne volant que la nuit, d’un vol lourd, lent, silencieux, soutenu par d'amples battements d'ailes. Fascinée par la lumière artificielle, il lui arrive de voltiger, en pleine ville, autour des réverbères, même d'entrer dans une chambre où brûle une lampe.

Bien que rare, on la trouve ici ou là dans les taillis de jeunes

exe superbe Bombyx que l'ECUREUIL! — Mais, est-ce sa

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