‹ Les papillons dans la natureChapitre 94 sur 133 · LA HARPYE DU HÊTRE · texte numérisé non relu

LA HARPYE DU HÊTRE

qu'elles sont plus allongées. Sur la face dorsale de chacun des segments quatre à huit apparaissent deux mamelons coniques et arrondis, un peu inclinés en arrière et surmontés d'une toute petite pointe noire. Les anneaux dix et onze s'élargissent, se denticulent de noir sur les bords, et la bête les maintient presque toujours relevés, jusqu'à toucher même la face dorsale des segments précédents. Enfin, dans sa pose de repos, elle dresse également l'avant du corps, penche en arrière sa grosse tête et replie devant elle ses longues pattes. Elle se tient pendant le jour sous le pétiole des feuilles, puis, lorsqu'elle est plus grande, sous les rameaux. Si par hasard on l’effraye ou qu'on fait mine de la saisir, la bête se ramasse sur elle-même, penche la tête encore plus en arrière jusqu'à toucher l'extrémité postérieure de son corps et ouvre largement ses longues pattes qu'elle fait osciller de-ci et de-là, en tremblotant. Après cinq mues, soit au bout de deux mois environ, elle parvient à sa taille définitive : 4,5 à 5 centimètres pour le mâle, 5 à 6 centimètres pour la femelle. Ces mesures sont prises naturellement avec le corps étendu, appendices terminaux compris. À partir de cette dernière mue, la bête est mate, et le plus souvent d'un brun marron sombre. Mais elle peut aussi être noirâtre, jaune ocre ou grisâtre.

Quand approche le moment de sa métamorphose, la chenille descend sur le sol et se tisse, entre des feuilles sèches, un cocon blanc et mince où elle se transforme en une chrysalide brun rouge et très luisante. Celle-ci donne naissance à l’insecte adulte au bout de quatre semaines, s'il s’agit de la génération du printemps, après l'hivernage, s'il s'agit de celle d'automne ou de la seule de l’année.

C'est de mai à octobre, mais surtout de juillet à septembre qu'on trouve la larve, habituellement sur le hêtre et le chêne, mais aussi sur le tilleul, l'aune, le cerisier à grappes, le cytise aubour, le noisetier, le lilas, l'orme, le bouleau, les saules, le noyer et les arbres fruitiers.

LA PHALÈRE BUCÉPHALE — Phalera buesphala L. Femelle, grandeur naturelle, au vol. Mâle, grossi trois fois, au repos.

Tronc et feuilles de Saule marsault ou des chèvres — Salix capraea L.

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