LA PHALÈRE BUCÉPHALE
définie, ils seraient infailliblement pris pour les teintes réelles de l'animal, et donneraient lieu à de perpétuelles confusions. Ah! comme on se sent petit et impuissant, incapable et gauche devant la robe du plus insignifiant des papillons et surtout devant celle d'un Bombyx comme la PHALÈRE BUCÉPHALE. Pendant son repos diurne, les ailes enveloppent le corps, formant presque un cylindre, et celui-ci, plus vaste et s’évasant davantage chez la femelle à cause de ses ailes plus grandes, est lustré et poli comme de l'argent, ce qui a valu à l'insecte son nom de PHALÈRE (luisant). À voir le papillon, on dirait une figurine, un bibelot, taillé dans du métal et orné d’appliques de velours, de couleur jaune. Si de plus on se hasarde à regarder la bête à la loupe, on s'aperçoit que toute cette surface argentée est faite d'un jeu admirable d'écailles, rangées un peu comme les morceaux d'ardoise sur un toit du Tessin. Par contre, les ailes inférieures, qu'on ne voit que lorsque l’insecte s'envole, sont, comme l'abdomen dont elles ont la couleur, poilues et mates. |
Or, ce superbe papillon est commun chez nous en mai et juin, quelquefois jusqu’en juillet. On le trouve de jour contre le tronc des arbres, dans les forêts feuillées, spécialement dans les oseraies. Le mâle est un peu plus petit que la femelle : ses ailes surtout ont une surface moins grande. Il a des antennes très légèrement pectinées, tandis que celles de la femelle sont filiformes; 1l varie entre 4,5 et 5,2 centimètres d'envergure, la femelle entre 5 et 6 centimètres. Un exemplaire particulièrement grand, représenté au vol sur notre planche, ne mesurait pas moins de 6,8 centimètres d'envergure. Cet exemplaire est en même temps très sombre pour une femelle : souvent celle-ci est plus claire et plus uniforme.
La BUCÉPHALE pond ses gros œufs verts en petites colonies de dix à vingt pièces contre une feuille de tilleul, de saule des vanniers, de saule marsault, de peuplier, d’aune, de bouleau, de noisetier ou plus rarement sur le chêne, le hêtre, l'érable ou le rosier. Les petites. chenilles éclosent assez vite, généralement en juillet, et commencent