‹ Les papillons dans la natureChapitre 97 sur 133 · LA PHALÈRE BUCÉPHALE · texte numérisé non relu

LA PHALÈRE BUCÉPHALE

à manger le parenchyme de la feuille qui les a vues naître. Elles se tiennent rangées les unes à côté des autres, sous la feuille. Bientôt cependant, elles attaquent les bords du limbe; si l'on visite alors, à la tombée de la nuit, la colonie, on pourra assister à un curieux repas de société; on verra toute une série de petites têtes, grignotant l’une à côté de l’autre, sur le bord de la même feuille, tandis que les corps s'étendent parallèlement les uns aux autres sous cette feuille. Les chenilles grandissent assez vite; au fur et à mesure que les provisions s'épuisent, et que les bestioles doivent gagner d’autres branches, la famille se disperse jusqu'à ce qu'il ne reste plus que trois ou quatre chenilles ensemble. À la fin de leur développement, on les trouve même, la plupart du temps, isolées. Elles atteignent, à ce moment-là, 5 à 6 centimètres de long. Ce sont de très belles larves, souples et molles, à longs poils blanc roussâtre. Elles sont jaunes, blanchâtres sur les côtés, et le corps est parcouru par neuf bandes longitudinales noires plus ou moins piquetées de jaune, et interrompues à chaque segment par un anneau transversal fondu, d'un jaune plus sombre. La tête est grosse, noire et luisante, avec un V jaune et retourné sur le front. Ces couleurs, la bestiole les présente depuis son jeune âge. Nous verrons plus tard les arpenteuses se tenir raides comme des 1; mais le corps de notre chenille suit, au contraire, rarement la ligne droite. Entre ses heures de repas, on la voit somnoler sous les feuilles, avec le corps ondulé, la tête tournée d’un côté ou de l’autre et le bout de l'abdomen souvent relevé.

En août ou septembre, parfois en octobre, elle descend jusqu'au pied de l'arbre ou du buisson qui l'a nourrie et entre en terre, où, dans un alvéole non tapissé de soie, elle se transforme en une grosse chrysalide brun foncé ou brun rouge qui passe l'hiver et donne naissance au papillon en mai ou juin suivants.

L'ACRONYCTE DU TROÈNE — Acronycta ligustri L. Mâle, grossi quatre fois, au repos contre un rocher.

Le Troène vulgaire — Ligustrum vulgare L.

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