‹ Les papillotes, comédie en un acte, en versChapitre 10 sur 17 · SCÈNE TROISIÈME il · texte numérisé non relu

SCÈNE TROISIÈME il

HUBERT, revenant à la charge. •

Un seul petit baiser, pour aider ma mémoire!

MADELEINE, même jeu.

Non!

HUBERT, d'an ton de supplication comique.

Tiens, la moitié d'un?

MADELEINE, même jeu.

Ce n'est pas le moment.

Je prends mon canevas; vous, votre compliment, Et maintenant, en route! emportez votre chaise...

Hubert fait un signe de stupéfaction.

Oui! pour étudier vous serez plus à l'aise, Là-bas... Plus loin ! plus loin!

HUBERT, s'éloignant de trois ou quatre pas à chaque injonction de sa cousiuo.

Cela te suffit-il?

MADELEINE

Plus loin encor ! plus loin !

HUBERT, avec un désespoir comique.

Alors, c'est donc l'exil Aux antipodes ! !

MADELEINE, avec impatience et faisant mine de sortir.

Oh I plus de plaisanterie Ou je m'en vais !

H UBERT, la retenant du geste et reculant au fond de la pièce.

Sois moins cruelle, je t'en prie :

Reste!

3IADELEINE, revenant gaiement s'asseoir.

Chut ! à l'ouvrage !

HUBERT, soupirant.

Eh bien soit! m'y voilà...

Il s'assied et lit négligemment.

« A Molière un Crispin... ce soir... » tra la la la!...

Il bâille.

« A Molière un Crispin... » Peuh ! le bonhomme baisse, Et ces vers sans chaleur sentent fort la vieillesse! Sans vanité, les miens!...

A Madeleine.

Comme le temps est doux!

Le beau jour printanier, n'est-ce pas?

MADELEINE, regardant machinalement par la fenêtre.

Rêvez-vous?

Tout Paris se morfond sous la neige et la brume. Et, rien qu'à regarder dans la rue, on s'enrhume !

HUBERT, se levant et s'avançant un peu.

Vraiment?... J'ai près de toi, le cœur plein de soleil : C'est ce qui me fait voir tout rose et tout vermeil; Et le ciel assombri, je ne m'en émeus guères. Tant que l'azur me rit dans tes prunelles claires !

MADELEINE, le renvoyant à sa place d'un signe impératif.

Songez donc à Molière, en fait de compliment !...

HUBERT, faisant semblant de frissonner.

L'air, comme tu disais, est froid décidément; On gèle, c'est certain, près de cette fenêtre... Laisse-moi m'approcher.

MADELEINE, se levant vivement.

Non pas! Venez vous mettre Ici... J'irai là-bas... Changeons à la rigueur De place, mais gardons nos distances...

Ils ont changé de place, mais Hubert rejoint vivement sa cousine près de la fenêtre.

HUBERT

Mon cœur.

Crois-tu que je te veuille enrhumer à ma place?

MADELEINE, court reprendre sa place et se rassied.

Trêve de vains propos!... Tra\aillez... Le temps passe !

Un temps.

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