SCÈNE lY MADELEINE, HUBERT, NOËL
NOËL
Eh biea, monsieur le garnement, Sommes-nous enfin prêt?
MADELEINE, vivement, à part.
Déjà?
HUBERT, avec aplomb.
Certainement !
MADELEINE, bas à Hubert.
Que faire?
HUBERT, de même.
Ne crains rien.
NOËL
Y sommes-nous?
A Madeleine, qui fait des signes à son cousin.
Silence, Mademoiselle !
MADELEINE, à Hubert.
Attends !
Elle prend vivement le premier feuillet du compliment et le passe à son cousin qui lit les premiers vers à la dérobée. HUBERT.
Une, deux, je commence.
« A Molière un Crispin rend hommage ce soir : » Un serviteur ayant droit de parler peut-être » Et qui, s'il ne s'égale à tes grands valets, maître, » Leur succède, sans trop déchoir ! »
NOËL, se levant.
Très bien ! mais...
Seulement.
MADELEINE, vivement.
Ecoutez !
NOËL
Ce n'est pas mal, sans doute.
MADELEINE, avec indignation.
Vous troublez son débit.
NOËL, se rasseyant.
Soit! j'écoute.
HUBERT, après avoir encore une fois anonné le premier vers de Noël* à :\Ijlière un Grispin rend hommage ce soir, » fait à Madeleine le signe d'.ia homme qui risque le tout pour le tout, et commence son propre coirij)liment, en prenant sa cousine par la main et en se tournant vers son grand-père.
ISous ne sommes que deux enfants.».
De plus âgés, de plus savcmts Diront ton génie^ ô Molière!
Mieux que nous ils célébrerontj Verdissant en pleine lumière.
Le laurier qui pare ton front.
Us vanteront, d'un goût divers^
Ta belle prose ou tes beaux vers ;
Et leur bouche à t'honorer prête
Mettra l'éloge à la hauteur
Du philosophe et du poète,
Du peintre et du « Contemplateur. »
Quant à nous qui ne savons rien Qu'aimer, ta gloire consent bien, Maitre ! qu'au nom de la jeunesse Notre voix pour tons compliments