‹ Les paralogismes du rationalismeChapitre 114 sur 127 · B. — DE L'ABUS DES DÉFINITIONS NOMINALES · texte numérisé non relu

B. — DE L'ABUS DES DÉFINITIONS NOMINALES

Les définitions nominales ne servent pas seulement à masquer des jugements d'existence ou des appels à l'intuition ; elles sont utilisées communément pour éluder toutes sortes de difficultés et démontrer ce que l'on veut.

Supposons qu'il s'agisse d'établir que l'Etat n'est tenu au respect d'aucune loi positive à l'égard de ses sujets. Dans son ouvrage sur les six livres de la République, Bodin procède comme suit. Au lieu de partir de la définition courante : « l'Etat est l'ensemble des pouvoirs publics constitués d'un pays », il donne de l'Etat, qu'il appelle en l'espèce du nom de République, une définition nominale de sa façon, qui implique précisément ce qu'il a en vue de démontrer, à savoir que l'Etat est au-dessus des lois et qu'il ne se réalise véritablement que dans une monarchie absolue.

Il définit nominalement l'Etat ou République : « Un droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun avec puissance souveraine. » La détermination deS"

' Humain, trop humain, trad. fr. 1899, p. 405-407. * Cette note se rapporte à la page 180.

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