‹ Les paralogismes du rationalismeChapitre 119 sur 127 · G. — LE STOÏCISME ET LE RÉALISME ONTOLOGIQUE · texte numérisé non relu

G. — LE STOÏCISME ET LE RÉALISME ONTOLOGIQUE

On découvre dans le Stoïcisme l'application des différents principes du réalisme ontologique.

A. — La tendance à hypostasier les concepts, qui conduit à « réitier » toutes choses, se retrouve dans l'ontologie des Stoïciens. Celle-là repose sur deux principes. Le premier consiste à identifier la substance, à laquelle Zenon et Chrysippe donnent le nom de cause (airtov), avec le corps [clii^cc) : xo [j.sv ahiov oy xat (jràux~. Le second consiste à ranjcer dans la catésrorie de la substance le substrat (JTroxeîuîvov), qui est la matière privée de qualités, et la qualité (noiôv) qui différencie la matière. Il en résulte que les qualités, tant spirituelles que matérielles, sont des substances corporelles ^.

B. — On trouve le principe de l'isolement des objets dû à l'autonomie des substances dans la physique stoïcienne. Il n'y a de réel que les corps, qui sont absolument distincts, par leur essence et par leur qualité, et qui constituent des individus isolés les uns des autres. Il en résulte que toutes les détermi-

' Cette note se rapporte aux pages 870, 447 et 462.

^ J. von Arnim, Stoïcorum vetenim fragmenta, t. II, iiH, 3.

3 Ibid., II, 126, 32.

nations, qui tombent sous les catégories de Trie lyôv et de 7:00; Tt, sont irréelles. Ce sont de simples prédicaments, des AexvTa, dont toute la nature consiste à être exprimée par un verbe *.

G. — On trouve la théorie de l'hétérogénéité de la cause et de l'effet, due à l'interprétation réaliste de la transcription conceptuelle des choses. Les causes, qui sont des substances corporelles, sont toujours causes ; les effets, qui sont des événements incorporels, sont toujours effets. La réalité de la cause ne passe pas dans l'effet, qui manifeste seulement un aspect de son activité extérieure : il n'y a pas équivalence, soit substantielle, soit énergétique, entre ces deux termes, si bien que la quantité de matière ou d'énergie qui disparaîtrait de la cause serait récupérée par l'effet. La cause n'épuise en rien son effîcaceà produire des effets : elle reste après identiquement ce qu'elle était auparavant-.

Page 1