‹ Les paralogismes du rationalismeChapitre 76 sur 127 · L. ROIGIER · texte numérisé non relu

L. ROIGIER

sinon l'Univers serait tantôt complet et tantôt frappé de diminution ^ » .

Les formes spécifiques, toujours représentées par quelques spécimens, peuvent seulement être reproduites à un plus ou moins grand nombre d'exemplaires dans le principe individuant qu'est la matière, comme un cachet qu'on imprimerait un nombre plus ou moins grand de fois dans une cire; mais elles se reproduisent, en tant que telles, ne varietur. Toujours actuelles, parce qu'éternelles, et toujours immuables, parce que fixes, elles satisfont aux deux conditions requises par Aristote pour être l'objet d'une connaissance apodictique. 11 y aura donc une science possible des éléments naturels, comme le feu ou l'eau, des mixtes qu'ils engendrent et des espèces organiques.

Les formes substantielles, qui constituent la seule réalité apodictiquement connaissable dans les individus et dans le devenir sublunaire, diffèrent des idées platoniciennes par trois caractères.

Elles sont immanentes aux individus et chacune d'elles est multipliée distributivement autant de fois qu'il y a de représentants distincts d'une même espèce, alors que Ikh-e est transcendante et unique.

Elles se subsument sous les dix catégories qui sont les genres suprêmes de toutes choses, au lieu que les Idées se subordonnent à une seule d'entre elle : l'Idée de 1 Etre du Sophiste ou l'Idée du Bien de la République.

L'Idée platonicienne est incapable d'expliquer la génération et le changement. Au contraire, la forme aristotélicienne joue le rôle de cause finale dans le devenir. Les causes motrices tendent à réaliser dans la matière l'imitation de la forme, qui devient ainsi une cause exemplaire.

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