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I. — Les antinomies du réalisme

Dans les pages précédentes, nous avons étudié le réalisme sous ses principaux aspects doctrinaux et nous avons déterminé les difficultés techniques qu'il présente dans chaque cas particulier. Il reste à le définir comme tendance et à montrer les antinomies dialectiques auxquelles il a donné lieu de tout temps.

Le réalisme est la tendance à prendre le concept dun objet réel pour l'équivalent adéquat de cet objet et à exclure de cet objet tout ce qui n'est pas inclus dans la définition de son concept.

La croyance que les concepts sont adéquats à leurs objets est absolument erronée. Un concept difTère d'un objet concret au moins par deux caractères.

i^ Il est un extrait appauvri de cet objet, une représentation simplifiée, qui ne retient de l'objet que ses caractères jugés remarquables, et qui laisse tomber les autres. Les premiers, appelés essentiels ou nécessaires, sont dits appartenir en propre à l'objet considéré, en vertu de sa définition; les seconds sont considérés comme accidentels et contingents. La question surgit alors : comment peut-on affirmer d'un sujet un prédicat qui ne soit pas inclus dans sa définition ou ne s'en laisse pas déduire syllogistiquement? Ce prédicat, étant exclus de la définition du sujet, est une chose dilTérente de lui, et,

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deux choses étant différentes, il n'apparaît pas que Ton puisse affirmer Tune de l'autre sans inconséquence. C est le problème de la possibilité des jugements synthétiques.

1° L'objet est en relation avec son milieu ; entre lui et son milieu il existe de mutuelles dépendances fonctionnelles et un régime permanent d'échanges, d'actions et de réactions. Le concept isole l'objet de son ambiance, l'enclôt hermétiquement dans sa définition comme dans une cloison imperméable. Il considère l'objet comme s'il subsistait par lui-même, indépendamment de ceux qui 1 entourent et en dehors des relations qui le sertissent et l'enveloppent. Dès lors, les objets étant des choses disjointes, sans lien entre elles, comment d'un objet à l'autre peut bien s'exercer une action transitive et comment deux objets peuvent-ils bien comporter des relations externes? C'est le problème de la possibilité des actions transitives et des jugements de relation.

Nous examinerons tour à tour ces trois problèmes : possibilité des jugements synthétiques, possibilité des actions transitives, possibilité des jugements de relation. Nous verrons que ce sont des pseudo -problèmes créés par l'interprétation réaliste de la transcription conceptuelle des données de l'expérience sensible.

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