LE SYNDROME DIGESTIF
Hi provient surtout de’ la paralysie de l'œsophage, accessoirement de la paralysie de l'estomac et de l'intestin.
a) PARALYSIES DE L'ŒSOPHAGE
Ces paralysies sont à l’ordre du jour, depuis les études de SEPAILLAN et MouxiErR-KUHN. Pour ces auteurs, l’atteinte œsophagienne. toujours associée à la paralysie du pharynx, est assez fréquiente, 10 cas observés dans les 50 dermières paralysies hospitalisées dans le service du Pr. SEDAILLAN, Soit 20 p. 100. MEzarD. dans ses observations de syndrome malin tardif note souvent, vers le 40 jour une aggravation de la dysphagie qui doit sans doute être attribuée à la paralysie œsophagienne. A la clinique Pasteur, «elle à été relevée dans 15 paralysies sur 114, soit 12.5 p. 100. Nous admettons que ce taux auraït été plus important si la recherche systématique des paralysies de l'œsophage avait été faite dans tous les cas de paralysies, de la gorge. et non presque uniquement dans les paraly- Sies généralisées. |
Parmi les paralysies du pneumogastrique, ellés présentent une certaine autonomie :
. Elles peuvent être précoc?s. ains que nous, l'avons mis en évidence dans certaines observations des auteurs lyon-
maïs, et dans trois des nôtres. dont une en deux temps.
Elles ne menacent jamais réellement la vie (la malade de l'observation 102, malgré 50 jours d’inanition, n’a été en danger qu’au moment de l'apparition des phénomènes respiratoires). Enfin surtout, elles sont fréquemment la Seule altération vigale (obs. 28, 40, 68. ætc.).
Description clinique.
Elles sont les premiers troubles de l'inmervation vagale qui se manifestent, mais leur début est en général insidieux et mal déterminé. d'une part sans doute par suite de l’installation progressive de la paralysie, d'autre ‘part parce qu'une paralysie vélique en masque les symptômes principaux, si on ne les recherche avec soin.
En effet. le reflux des liquides par le nez est un syÿmptôme tellemen! spectaculaire qu'il masque tous les autres modes de dysphagie. Mais si on pousse l’interrogatoire on s'aperçoit que les l‘quides descendent tant bien que mal cependant dans le conduit digestif, alors que la déglutition des aliments solides nécessite des efforts répétés vu l’ingestion concomittante de liquide, et s'accompagne de quintes de toux (fausses routes respiratoires).
Dans les formes les plus intenses, lPalimentation est impossible, et il est nécessaire d'y suppléer par divers moyens.
L'examen endoscopique pharyngo-laryngé montre :
. — Ja paralysie du pharynx, visible seulement au simple examen lorsqu'elle est asymétrique (signe du rideau) ;
— anesthésie (ou au moins l’'hypoèsthésie) du carrefour aéro-digestif, sur laquelle SEDAILLA &et. MOUNIER- Kuxan ont insisté,
— l'accumulätion de salive ou de débris alimentaires dans les sinus piriformes (signe de CHEVALLIER-JACKSON), pathognomonique, traduisant la paralysie de la bouche de l’œsophage.
IL est intéressant de vérifier l’état de l’œsophage luimême qui, dans les atteintes tardives est paralysé comme sa portion initiale par l'examen souis écran radiäoscopiquie du transit œsophagien de la bouillie barytée épaisse (et mon de la bouillie barytée liquide). Mais cette technique est particulièrement difficile et même souvent dangereuse chez des malades atteints de paralysies généralisées. On assiste. le malade étant assis, au cours du temps pharyngien. à des tentatives plus ou mioins vaines de déglutilion volontaïre en vue de faire franchir la bouche œsophagienne à la bouillie ; au cours du temps œsophagien proprement dit (parfois possible seulement grâce à l’apport sur place du liquide opaque à la sonde), la baryte descend lentement sans aucune contraction de la tunique musculaïre, en marquant les différentes variations de calibre du conduit. Quand toute la bouillie est passée dans l'estomac, il reste un niveau des sinus piriformes deux taches opaques «en bouts de doigt de gant », correspondant à ce qui a été retenu de la substance opaque dans leur cavité.
La paralysie de l'œsophage peut entraîner, outre un état de dénutrition parfois prolongé, dangereux pour ‘un organisme déjà malade (obs. n° 102) où elle a duré 45 à 50 jours. des complications infectieuses respiratoires dûes aux fausses routes des aliments. Elle n’est cependant qu’une manifestation des plus bénignes des troubles de l’innervation vagale, mais elle annonce l'apparition des plus graves (7 décès par paralysie cardio-pulmonaire, sur 15 paralysies œsophagiennes). À
DRE à QUES
Dans les cas non mortels, la durée paraît être de 2 à 3 semaines, et la guérison, qui se fait très progressivement, s'annonce par la disparition de la dysphagie pour les aliments solides. 16
En résumé, les paralysies tardives de l’œsophage sont assez fréquentes, passent assez souvent inaperçues, s’associeni souvent avec des manifestations extrêmement graves cardio-respiratoires ; leur importance vient surtout de ce qu'elles sont la première manifestation à s'extérioriser des atteintes diphtériques du pneumogastrique.
D) L’ATTEINTE DE L’INNERVATION DE L'ESTOMAC N'a Pas d'expression fonctionnelle nette, et ne peut être reconnu que radiologiquement (SEDAILLAN, MOUxNIER-KUHN, VIALTE) : dilatation importante, ptose de l'estomac, hypotonie généraïisée (signes identiques à ceux observés après section expérimentale du vague chez le chien).
€) Des investigations plus poussées pourraient faire ressortir lexistence de PARALYSIES INTESTINALES ; Un CAS . 1Sa9 ‘SaPSINAHON SUOTRAIISAO ST SUEP net JIered snom celui du n° 16 (constipation opiniâtre tardive.
d) Que représentent les VOMISSEMENTS qui surviennent quelquefois en pleine paralysie pharyngo-trachéo-bronchique ? Sont-ils le fait d’une hyperexitabilité paradoxale gastrique, où bien sont-ils de simples vomissements œsiophagiens par stase dans ce conduit ? Ils n’ont pas, en tous cas. là valeur pronostique si mauvaise de ceux de la période précoce (FAYE).