‹ Les Paralyses Diphtériques: Étude Critique d'après 114 ObservationsChapitre 58 sur 90 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

ETUDE ETIOLOGIQUE

L'importance de l'étude étiologique des paralysies diphtériques vient particulièrement de ce que dans la revue des facteurs qui interviennent dans les conditions d'apparition des paralysies, il est nécessaire de comprendre les inétirodes et les modalités de traitement des accidents infectieux initiaux, ce qui permet d'en apprécier la valeur préventive ; mais d’autres facteurs doivent aussi entrer en considération. Donc l'étude étiologique doit envisager successivement :

I) La fréquence des paralysies diphtériquies ; IT) Le rôle du terrain: âge, vaccination, carences ;

IIP) Le rôle de la localisation et de la gravité de Ia diphtérie initiale ; IV) Le rôle des principales méthodes qui visent à les prévenir :

Sérothérapie ; Strychnothérapie ; Anatoxinothérapie.

V) Enfin l'influence de certains facteurs occasionnels.

C'est un lieu commun que de déclarer qu’une statistique, suivant la facon dont elle est présentée, peût arriver à vérifier deux hypothèses opposées ; ce jugement est injuste car les statistiques sont à la base des progrès die la médecine en général. qu’elle soit clinique ou thérapeutique, et de chaque médecin en particulier, la statistique avétanit qu'une forme scientifique de lexpérience.

Il n'en reste pas moins que l'interprétation des statistiques est souvent très difficile ‘et qu'il faut savoir limiter leur portée. Les statistiques hospitalières que nous utilisons sont de celles dont la valeur ne peut être étendue vers les considérations d'ordre social où hygiénique par exemple (1). |

À des réflexions de cet ordre-nious amène le premier Lableau que nous avons dressé et qui concerne les variations annuelles du nombre des diphtéries hospitalières et des paralysies observées.

Années : 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45

Nbre D. 62 48 45 40 19 21 20 36 84 80 90 121 129 Nbre P. AH NT TO ET EN EL Te EST RME Rapport 4:6:10-15:5 12,517: 240505.,19"6 215 05512748

Se 9/or Vo Vo 2e" 00010 07/00/00 EE 007

Remarquons d'abord que ce dénombrement du 1 janvier au 31 décembre de la même année est artificiel, car ii coupe manifestement en deux la période de lacmé -épidémique. Nous l'avons cependant admis devant la difficulté de déterminer le débult et la fin-exacte des poussées épidémiques de cette endémo-épidémie qu’est la diphtérie. Malgré cela, avec assez de netteté apparaissent des variations dans le chiffre annuel des hospitalisations :

1) Le NOMBRE DES DIPHTÉRIES TRAITÉES à la Clinique Pasteur jusqu’en 1937 oscille de 45 à 60 par an, baisse à 20 pour les trois années qui ont précédé la guerre, remonte ca De et atleint des chiffres impressionnants en 1942, .

(1) Nous ferons remarquer qu’un grand nombre d'enfants diphtériques sont hospitalisés au stade d’atleinte paralytique et entrent dans les services de médecine de M le Pr. Bouper. Nous ne 10 alisons pas par conséquent toutes les paralysies traitées dans les hôpitaux de Montpellier, j

.Gela correspond-il à des fluctuations réelles de Lx morbidité diphtérique ? Sans doute pour une part, puisqué de tous côtés on a signalé sa recrudescence, mais il est probable, par exemple, que dans l'augmentation du simple au quadruple de 1939.à 1942, du nombre des hospitalisés, il faut voir une plus grande docilité des familles aux conseils d'hospitalisation. En effet, l'accroissement des difficultés matérielles et aussi un certain progrès dans là discipline : Sanitaire dû au recul de l'esprit dindividualisme ces der-

nières années, ont amené une plus large fraction de la population à bénéficier des soins hospitaliers ; par ailleurs. les praticiens étaient eux-mêmes plus enclins à envoyer

. leurs malades sur un Centre organisé, en raison de la pénurie du sérum anti-diphtérique et de toutes façons, des

formalités et du contrôle dont son emploi faisait alors l'ob-

jet. ; 2) Le NOMBRE DES PARALYSIES, après une fixité relative pendant douze ans, à lui-même présenté ‘une augmentation notable, à partir de 1942, augmentation qui n'est pas proportionnelle à celle du nombre total de diphtéries. Faut-il voir là l'accroissement du pouvoir toxigène du bacille de Lœtfler où plutôt de son neurotropismie, facteur du génie épidémique ? ou bien ce plus grand mombre de paralysies

“est-il dû au plus grand nombre de malades franchissant les phases d'intoxication massive généralisée des premiers septennaire sous linfluence de thérapeutiques nouvelles ou modifiées ? Nous essayerons de dégager dans lé détail

l'influence de ces différents facteurs, au moment de l'étude des conditions d'apparition. IL nous est cependant permis de supposer que l’action personnelle de M. le professeur JANBON, par ses études sur les polynévrites diphtériques en particulier, et par l'ampleur des travaux de la Clinique des maladies contagieuses en général, a pu étendre la zone de recrutement des diphtéries névritiques èn même temps que diffuser certaines notions nouvelles en matière de paralysie diphtérique auprès des médecins praticiens, et ainsi, pour une part, faire augmenter les hospitalisations de cette forme de diphtérie.

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