‹ Les Paralyses Diphtériques: Étude Critique d'après 114 ObservationsChapitre 59 sur 90 · IT) ROLE DU TERRAIN · texte numérisé non relu

IT) ROLE DU TERRAIN

Eckr a ‘insisté, comme nous l'avons déjà signalé, sur le rôle de l’immunité active dans la formation des paralysies : au dessous d’un certain taux d'antitoxines (1/50°) dans le sang avant la sérothérapie, les paralysies sont très rares. Cette immunité active peut se constituer à partir du momient où l'agression ‘toxi-infectieuse à lieu et dépend alors du potentiel de réaction immunologique de chacun, ou bien peut pré-exister soit par immunisation occulte (enfants de Berk dont la réaction de Scicx est négativée dans les mois qui ‘suivent leur arrivée, sans diphtérie appa-

VU rante), soit par immunisation provoquée (vaccination par l’'anatoxine). +

Pratiquement, avec une importance relative variable pour limmunisation d’origine pcculte et limmiunisation. d’origine pathologique, les deux miodies s'associent et constitwent le taux d’antoxine présérothérapique.

IL est probable que les cas signalés de «familles à diphtérie », surtout fréquents avant l'ère du sérum où les détenses personnelles seules enrayaïent la maladie, représentent des ares héréditaires d’impotence réactionnelle à l’antigène toxinique (cas- historique de la famille de Beauharnais). Il est donc essentiel d'envisager l'influence du terrain dans la formation des paralysies, l’âge d’abord, ensuite la vaccination et les carences.

Fe L'âge. Nous avons étudié la fréquence relative des paralysies diphtériques dans trois catégories d'âge dont le groupement nous semble justifié d’après l’affinité clinique. évolutive et étiologique. | — Les enfants jusqu’à 16 ans ; | — Les adolescents et les jeunes adultes : 16 à 25 ans; — Les sujets au-dessus de 25 ans.

Sur 607 diphtéries hospitalisées à la Clinique Pasteur jusqu'au milieu de 1944 (1) : = LE | 442 wnt atteint des enfants dont 56 pnt présenté des paralysies (12,7 %o) ; 113 ont atteint des sujets de la deuxième catégorie, diontt 8 ont présenté des :paralyisies (7 %o) ; 52 ont atteint {Gres sujets au-dessus de 25 ans dont 12 ont présenté des paralysies (23 %).

La proportion la plus forte est celle des adultes de plus de 25 ans; il ne faut pas en déduire cependant sañs réserves qu'ils ont deux fois plus de chances que les enfants, et trois fois plus de chances que les adolescents de voir se constituer des paralysies après une diphtérie. En effet chez les adultes le nombre relatif des hospitalisés simples est forcément plus réduit que celui des enfants, car les mesures prophylactiques ne sont pas envisagées chez eux sous le même angle ; et se sont plus facilement des cas compliqués, surtout de paralysies, qui sont admis à la Clinique Pasteur. D'autre part, chez les enfants tous les accidents initiaux, contagieux, sont isolés à la Clinique Pasteur alors que des paralytiques non porteurs de germes Pan être admis dans le service de M. le professeur OUDET,

. (1) Ces considérations étiologiques ne portent que sur les observations reclassées (reclassement arrêté en 1944)

LAS Pr 4 De toutes façons, même si cetle proportion du double au simple état réauite, il existerait. semble-t-il, une plus grande tendance paralytique Chez les diphtériques adul-

tes que Chez les enfants, et surtout que chez les sujets de 15 à 25 ans.

20) La vaccinat'on. Malgré le caractère obligatoire de . la vaccination anti-diphtérique en France (la Loi du 25 “juin 1938 l’impose aux enfants de 2 à 3 ans, et à tous ceux qui, cette année là avaient moins de 14 ans ; la loi du 15 août 1936, aux membres de l’armée), une importante fraction de la population n’est pas soumise aux - bienfaits préventifs de l’anatoxine de Ramon ; il suffit de consulter les statistiques hospitalières pour sen rendre compte. |

Pourtant son effet dans la prévention des phénomènes locaux et surtout des phénomènes généraux, paralysie en particulier. n’est pas à négliger :

a) La uaccinaf'on évite-t-elle Les paralysies ?

Sur 114 sujets atteints de paralysies diphtériques 90 n'avaient pas été vaccinés, 10 avaient sub° des vaccinations très incomplètes (lune ou deux injections), 14 seulement avaient été vaccinés par trois injections mais aucun n'avait été soumis à l'injection de rappel (sauf um, sept lans après).

Ces chiffres ne doivent, en aucune manière, faire douter de l’efficacité préventive de lanatoxine, car on sait que sans l'injection de rappel l’année qui suit les trois premières. la baisse de l’immunité est très rapide et le sujet abit être consiaéré comme non vacciné. Un cas laisse cependant tune impression défavorable : cest celui du malade (obs. 109) qui, cinq mois après une vaccination correctement appliquée, à été atteint d’une angine submaligne heureusement traitée au deuxième jour par 49.000 u. de sérum ; par la suite S’est déclenchée, le 32e jour, une paralysie accomodative isolée qui a persisté 12 jours. IL faut cependant reconnaître que avoir une simple paralysie de laccomiodation après une angine maligne. c’est payer peu de frais pour une diphtérie initiale dont la forme est n général plus dangereuse.

Ainsi dans l'ensemble les sujets vaccinés correctement: risquent peu, s'ls sont atteints d’angine diphtérique, de .voir ses suites compliquées par des paralysies.

b) Facteurs d'aggravation dus aux vaccinations incor-

EETeCles Tee Des vaccinations sans rappel, imparfaites, il faut faire - ressortir non seulemient leur incapacité à éviter des diph-

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