Dale de la première injection. — La meilleure
façon d'examiner l'influence de ce facteur est de dresser uu trableau dont nous empruntons à Eck le cadre len portant pour chaque jour le nombre des différents types d'angine dont le traitemiens à commencé -ce jour-là. Dans la même colonne est porté le total des diphtériques traités pour chaque jour, puis celui des paralvsies dont l’accident initial avait été traité à la même date : un pourcentagc est établi qui montre la tendance des diphtéries traitées ce jour à se compliquer de paralysies.
® 2° jour | 3: jour | 4 jour | 5' jour PUDUT. Bénignes 11 47 32 19 7 30 B Sa 13 49 44 18 20 25 PA 1 18 7 9 it 19 ri à o : : / ; mt : Pass 7 4 2 2 | Total des = : :
diphtéries traitées! 7 | !2! 91 50 2 ci Paralysies Las Proportion de parasles | 5% | 10", | 11, | 14% | 25°% | 26°,
Date du début de la sérothéripie et paralysies diphtériques.
L'interprétation de ces faits est très facile ; le pourcentage de paralysies croît réguliérement avec le retard de la sérothérapie. Se compliquent de paralysies en effet :
8 ‘ des diphtéries traitées le 1e jour 10 6 des diphtéries traitées le 2° jour 11 % des diphtéries traitées le 3° jour 14 0% des diphtéries traitées le 4° jour.
L'importance du facteur précocité dbit étre envisagée en fonction de la gravité de l'accident initial. En effet :
Les diphtéries bénignes n'ont qu'une faible tendance à donner des paralysies et sur les 15 diphtéries bénignes suivies de paralysies observées, 9 concernent des cas mon traités, et 6 seulement des cas traités après le 4° jour ;; elles sont d’ailleurs localisées ou au moins pauci-localisées.
Le traitement précoce des diphtéries bénignes évite donc toujours les complications paralytiques.
Les angines malignes d'emblée se compliquent toujours,
quelle que soit la précocité relative de l'injection de sérum ; = Sur 22 angines malignes, nous en avons relevé 2 traitées le premier jour: mort presque immédiate (dose insuffisante).
5 traitées le deuxième jour : 2 exitus rapides, 2 exitus après paralysie vélo-palat.
1 paralysie mixte non mortelle.
7 traitées le 3° jour: 3 exitus rapides.
2 lexitus après paralysie vélo-palat.
1 exitus phase secondaire, sans par.
1 paralysie mixte mon mortelle.
Toutes celles où la sérothérapie à été instaurée plus tar-
divement ont été mortelles, sans que la paralysie ait eu le temps d'apparaître.
En définitive, toutes les angines malignes traitées après le troisième jour sont mortelles : les malades qui sont traités avant cette date meurent dans la proportion de 12 Sur 14 (4 ont le temps de laisser s'installer une staphylo+
plégie- précoce) ; 2 survivent et auront des paralysies mixles graves.
IL semble donc que l’éclosion des paralysies lardives
Soit la rançon de l'efficacité de la SÉDIRÉEARIE précoce dans les diphtéries malignes.
Aïnsi le rôle protecteur à l'égard des paralysies de la
sérothérapie précoce est surtout évident vis-à-vis des formes cliniques communes et graves.
— Doses ‘et méthodes. — La multiplicité des et initialés utilisées, la variété des doses suivantes et les diftérences de durée de traitement ne permiættent pas d’élaborer des comparaisons valables. Tout au plus peut-on essayer d'étudier le pourcentage dis paralysies apparues après des traïtements itératifs, et après une injection massive et unique.
Jusqu'à 1940, la sérothérapie en injections répétées à été employée à la Clinique Pasteur ; après 1941 injection unique massive suivant la technique de Degré. Or,
ainsi que nous l'avons vu au moment de l'étude de la
fréquence des paralysies. les variations annuelles des pourcentages sont sensiblement les mêmes, avant et après 1941.
Toutefois. nous devons observer que après cette date Re
recrutement des formes paralytiques ayant augmenté, tu grand nombre de diphtériques hospitalisés après la DER
ÉTÉ LP TUCRR
EHo0—
initiale d'action thérapeutique. n'ont pas été soumis à la - pratique de la dose tunique et massive. et avaient en général été traités d'une manière insuffisante où incorrecte.
En tenant compte de ce fait (près de la moitié des para lytiques sont entrés après la constitution des paralysies) et de ce que le génie épidémique à été particulièrement neurogène, il faut reconnaître, Sans le fixer cependant en chiffres précis, que le fait d'injecter d'emblée une forte dose de sérum qui ne sera pas renouvelée réduit en dé motables proportions la possibilité de paralysies.
. De la sérnthérapie, il faut donc retenir comme facteurs jouant contre la possibilité des paralysies diphtériques
.— la précocité d'injection qui joue surtout pour les diphtéries initiales des types commiun et grave ;
— la pratique de la dose massive unique.
20) LA STRYCHNOTHÉRAPIE..
La méthode de ParssEAU et de ses élèves à connu lune grande vogue dans le traitement des formes malignes de la diphiérie. De très bons résultats ont été publiés ; da moins bons bont été signalés par un grand nombre de thérapeutes et en définitive on n’est pas absolument certain! de son efficacité dans tous les éas. L'évolution des diphtéries malignes ne peut être connue à l’avanice, et telle guérison que l’on croit due à la strychnine aurait peut-être été spontanée el tel cas mortel où on lavaït négligé d’instituer un traitement strychnique aurait peut-être été mortel de la même façon si la strychnothérapie avait été appliquée. |
Cependant l'influence de la strychnine à doses massives et utilisée dans le début de l’angine sur les phénomènes malins est en général admise et ce n’est pas elle d’ailleurs qui nous intéresse, mais celle que le traitement par la strychnine peut avoir sur apparition de paralysies.
Le problème ici aussi est ardu, car un grand nombre de facteurs viennent le compliquer. À priori, l’action stimulante de l’alcaloïde sur. le système nerveux, qui justifia . de ‘toute facon son emploi, semblerait être lappelée à jouer un rôle de retardemænt vis-à-vis des troubles paraly-tiques. Le professeur JANBON avait même eu limpression, il y a quelques années, que la strychnothérapie intensive étalait dans l2 temps les manifestations paralvtiques ; en réalité dans un but de vérification statistique ladministration de strychnine a été À peu près suspendue à la Clinique Pasteur depuis 2 ans, (seules les formes très graves en ont bénéficié). Il n’est rien apparu de particulier après cette suppression ; la proportion des décès a été sensiblement la même ; celle des paralysies également ; les manifestations toxiques générales bnt présenté des caractères
identiques de longue durée et de monidre intensité, les déterminations paralytiques enfin ont continué à présenter, dans de nombreux cas, une évolution très subaiguë, et les paralysies mialignes même ont paru être de gravité snoiudre. (Il faut tenir compte cependant du genie 6pidémique qui. après la poussée de formes graves de 1942- 43 paraît régresser dans sa malignité, et peut-être aussi de la plus grande fréquence de la mise en action du traitement de DEBRÉ). ï . ||
IL semble par conséquent, en considérant les faits, que | la strychnothérapie massive m'ait que peu d'action dans la prévention des paralysies. |
30) L’ANATOXINOTHÉRAPIE.
Un appoint d’antitoxinies, actives celles-là, peut être fait par l'application d’une vaccination en lune série de ‘trois injections d’andfoxine (méthode de RamoN).. À
De 1941 à 1944, l'étude systématique de cette méthode a été pratiquée à la Clinique Pasteur, isolée dans les diphtéries bénignies, associée à la sérothérapie dans les autres. | Aucun fait intéressant les paralysies diphtériques ne peut être relevé ; si ce n’est que dans certains cas la réactivation focale ou plus exactement la phase négative après l'injection d’anatoxine. là aggravé les accidents initiaux let les a même compliqués de paralysies (obs. 95)
Comme l’a signalé SEDAILLAN, aucun effet préventif des paralysies me doit être accordé à la séro-anatoxithérabpie, malgré l'opinion de certains auteurs, et cette méthode n’a même pas l'avantage de stériliser plus rapidement Îles gîtes pharyngés qu'on lui à prêté.
. En résumé : Dans les conditions d'apparition des paralysies diphtériques, il faut retenir du. traïtement initial la précocité let la dose de la première injection de sérum.