‹ Les Paralyses du grand Dentelé et du Trapèze inférieur: Leur mécanismeChapitre 12 sur 19 · EVOLUTION ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

EVOLUTION ET PRONOSTIC

L'évolution et le pronostic de la paralysie du grand dentelé et du trapèze inférieur diffèrent beaucoup suivant les cas. Dans certains cas, elle s'améliore rapidement, même sans traitement ; dans d’autres, elle reste réfractaire à toute thérapeutique et s'il survient une légère amélioration du côté des mouvements de l'épaule, elle est due à la

\ suppléance exercée par les autres muscles de la région.

Le pronostic est plus grave dans les sections accidentelles du nerf que dans les autres cas ; il varie aussi suiyant l’état général du sujet ; mais on ne peut établir le pronostic d’une paralysie du grand dentelé si l’on n’a pas recherché la réaction de dégénérescence. Tout le pronostic est basé sur elle.

S'il y a peu de troubles du côté des réactions électriques, que l’on en constate seulement une diminution, le pronostic est bon. Si l’on observe une réaction de dégénérescence partielle avec réaction troublée, secousse lente, égalité polaire, le pronostic est réservé. Enfin dans le cas de dégénérescence totale, le pronostic est mauvais. Il est conseillé de suivre la réaction de dégénérescence semaine par semaine et de baser sur elle son pronostic.

Au point de vue fonctionnel, la paralysie pure est préfé-

ds Apres

rable à la paralysie associée à celle du trapèze inférieur. Dans ce dernier cas, en effet, le trapèze n’est plus là pour suppléer en partie le grand dentelé. Enfin le pronostic est variable suivant les cas : André Thomas, dans la Revue de Neurologie (novembre 1911), considère que le pronostic est en général plus sérieux que dans les autres paralysies périphériques comme la paralysie faciale ou la paralvsie radiale. Chez certains sujets, la paralysie du grand dentelé est parfois très rebelle et très longue. Déjerine cite un cas où la guérison ne fut complète qu’au bout de deux ans ; chez d’autres, au contraire, elle guérit bien par l'électrothérapie et les moyens médicaux ; c'est le cas chez notre malade qui, en dehors de tout traitement, vit disparaître assez rapidement la déformation de son épaule et peut maintenant soulever son bras bien au-dessus de l'horizontale.

Ces paralysies du grand dentelé déterminent, nous l'avons vu, une gêne dans les mouvements du bras et une diminution considérable de la force physique. Ceux qui en sont atteints éprouvent donc un préjudice considérable ; ce sont en effet presque toujours des artisans exerçant un métier manuel fatigant, dont ils ont besoin pour vivre. On voit en effet dans presque toutes les observations que les malades ont été obligés d'interrompre leur travail et cela pour un temps plus ou moins long. Au point de vue militaire, Roger, dans sa thèse, propose, s’il n’y a pas d’amélioration au bout d’un an, la réforme temporaire avec une

incapacité de vingt pour cent.

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