‹ Les Paralyses du grand Dentelé et du Trapèze inférieur: Leur mécanismeChapitre 17 sur 19 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

inférieur vient sur la ligne médiane, tandis que l’angle supérointerne en reste distant de 9 cm. environ. La gouttière scapulovertébrale existe, mais moins accusée, parce que le bord spinal du scapulum est moins détaché du thorax. Pas de scoliose.

Elévation du bras au-dessus de la ligne horizontale. — Atteint l'horizontale, mais ne la dépasse pas. Elle atteint la verticale, si on a soin de fixer l’omoplate sur le thorax en reportant en avant et en dehors son angle inférieur.

Elévation volontaire des épaules. — Normale.

L’acte de porter les épaules en avant ou en arrière se fait bien, mais avec déformation manifeste. Pas de troubles de sensibilité chjective de la région. Les douleurs spontanées ont disparu; notre malade ne se plaint que de quelques tiraillements dans les fosses sus et sous-épineuses se produisant surtout dans l’élévation maintenue du bras. La fatigue de cette attitude survient très vite et, au bout de quelques minutes, les tiraillements sont tellement pénibles et l'épuisement si grand que le malade laisse tomber son bras.

Déformation du thorax. — Bras tombants. — Rien à noter.

Bras élevés en avant jusqu'à l'horizontale. — Etroitesse de la moitié droite du thorax. Ligne latérale en S. Âu cou, saillie du trapèze et du sterno-cleido-mastoiïdien.

Bras levés en dehors. — Le rétrécissement thoracique disparaît dans la partie inférieure de la paroi.

Examen de la paroi antérieure du thorax. — Diminution du creux de l’aisselle droite dépendant du scapulum alatum. Voussure sur la paroi latérale du thorax. Au cou, saillie du sterno-cléidomastoidien et du trapèze.

Vue de face, les bras élevés en avant. — Scapulum alatum. Voussure thoracique inférieure. Disparition des digitations du grand dentelé. Thorax lisse. Les huit derniers espaces intercostaux saillent en dehors.

Examen électrique. — Diminution du grand dentelé droit à l'excitation faradique. Contractions lentes et faibles à l’excitation galvanique. Réaction de dégénérescence.

Dans les deux tiers inférieurs du trapèze, les réactions électriques sont fortement diminuées sans réaction de dégénérescence.

OBSERVATION III Nouvelle iconographie de la S'alpêtrière. — Huer.

In Thèse Ducor.

Le nommé Fos. Léon, âgé de 18 ans, jardinier de la Ville de Paris, s'est présenté à la consultation de la Salpêtrière, le 3 août 1893, pour une gêne des mouvements de l'épaule droite remontant à deux mois et demi. Quelque temps auparavant, le 18 mai, il avait eu la grippe, fièvre, caurbature générale, mal de gorge, épitaxis, puis toux avec expectoration assez abondante. Après une suspension de travail de huit jours, il put reprendre son service, ayant à porter souvent sur l'épaule des fardeaux assez lourds, notamment des troncs d'arbre. La semaine suivante, il commença à ressentir derrière l’épaule droite, à la hauteur de l'angle supéro-interne de l’omoplate, des douleurs s’irradiant le long du bras jusqu'au coude.

D'abord assez faibles pendant plusieurs jours, ces douleurs augmentèrent au point de le réveiller au milieu d’une nuit et de l'empêcher de se rendormir jusqu'au moment du lever. Rendu à son travail, il ne put rien faire et s’adressa, dans la matinée, à l'hôpital Tenon, où on lui fit poser quatre ventouses scarifiées derrière l’épaule. Soulagé par cette application, il put reprendre son travail dans l'après-midi. Les douleurs, qui avaient beaucoup diminué dès ce moment, disparurent ensuite peu à peu; mais le malade resta gêné dans son travail par une difficulté d'élever le bras droit que nous verrons dépendre d’une paralysie du grand dentelé associée à une paralysie des parties moyenne et inférieure du trapèze.

Dans ce cas, la paralysie reconnaît vraisemblablement comme cause prédisposante la grippe et comme cause occasionnelle le port de lourds fardeaux sur l’épaule droite.

Rien dans les antécédents héréditaires ou personnels.

Symptômes (résumés). — Gène dans les mouvements du bras droit sur l'épaule:

a) Examen debout, les bras pendants. — Epaule abaïssée à

Le

droite. Epine de l’omoplate oblique en bas en dehors. Obliquité du bord spinal du côté paralysé.

LG Distance du bord spinal de l’omoplate à la colonne vertébrale :

A gauche A droite Au niveau de la-base de l’épine.... 7cem.5 8 cm. 5 Au niveau de l'angle inférieir.... 7 cm. 7 CM.

Le bord spinal droit n’est guère plus accentué que le gauche, mais l’angle inférieur fait saillie et est un peu élevé. Le rhomboïde est tendu; la partie inférieure du trapèze est amaigrie.

b) Bras horisontaux en avant. — Scapulum alatum très net.

Forte saillie du bord spinal et de l’angle inférieur. Omoplate très remontée et assez éloignée de la colonne vertébrale.

c) Bras élevés en dehors. — L'élévation à l'horizontale ne peut être maintenue, l’angle externe étant fortement abaissé. Les angles interne et inférieur sont à quatre centimètres au-dessus des angles homonymes du côté ‘sain. ê

Saillie prononcée de l’angle inférieur. KEloignement de l’omoplate par rapport au rachis. Le trapèze ne se dessine pas sous la peau.

d) Bras élevés en l'air. — À droite, impossibilité complète d'élever le bras au-dessus de l'horizontale. L’épaule est moins déformée, le poids du membre agit fortement pour abaisser l'angle externe de l’omoplate.

Réactions électriques, grand dentelé droit. — Réaction de dégénérescence.

Parties moyenne et inférieure du trapèse. — Grande diminu-

tion de l’excitabilité faradique et galvanique.

Après un traitement électrique consistant en excitations galvaniques directes des muscles alternativement avec le pôle positif et le pôle négatif, l'intensité des courants n'ayant jamais dépassé 15 m À, la paralysie s’est améliorée, si bien que F... a pu faire son service dans l'infanterie; il éprouvait, toutefois, une fatigue assez grande à porter le sac.

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