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s'agissait simplement d’une forme de paralysie récurrentelle. »
Les idées de Lermoyez triomphèrent pour un temps, et un nombre considérable d'observations de travaux, en particulier ceux de l’école lyonnaise, montrèrent le rôle de la syphilis. Mais il fallait trouver un centre ou tout au moins un substratum anatomique : Etait-ce une lésion corticale ? une méningo-vascularite ? une névrite ? une lésion bulbaire nucléaire ? ou bien une épendymite du quatrième ventricule comme le voulait Collet ?
Truffert et Bertrand, malgré leurs expériences, ne purent trouver de localisation précise, de groupement cellulaire répondant à un centre dilatateur.
D'autre part, on commençait à publier les faits où la paralysie des dilatateurs relevait de causes très diverses (Syringobulbie, fièvre typhoïde, grippe, lésions périphériques), et, la faveur de l’importance prise par les virus neurotropes en pathologie nerveuse, le rôle de la syphilis s’estompait peu à peu.
La paralysie des dilatateurs cessait, pour beaucoup, d’être un syndrome et, à plus forte raison, un stigmate. Sa valeur sémiologique s’en allait, sa cause devenait beaucoup moins nette, sa pathogénie restait toujours aussi obscure : il fallait au moins que son allure clinique demeurât intacte, Ramadier avait été des premiers combats. Il rompit des lances, comme il le dit lui-même, et répondit à Dufourmentel, opposant nettement les deux syndromes aux deux points de vue laryngoscopique et fonctionnel.
Dans cette avalanche de discussions, Terracol, Euzière et Pagès tentèrent de rapprocher deux opinions aussi diamétralement opposées, et montrèrent que l’on avait singulièrement abusé du terme paralysie des dilatateurs. Grâce à une collaboration neuro-laryngologique des plus serrées, ils subslituèrent à la notion de lésions anatomiques à peu près introuvables celle de troubles physiologiques basée sur des théories nouvelles.
Ilest bien audacieux, pour notre part, de prétendre nous immiscer dans une telle discussion, Aussi n'avons-nous eu pour but, en retraçant l’histoire de ces efforts, que de montrer la difficulté du problème. Il nous a paru intéressant de grouper quelques observations, rassemblées dans le service du Professeur Portmann au sujet des paralysies récurrentielles doubles et à propos d'elles de passer en revue Îles signes et les causes de ces syndromes.
Enfin, fouillant dans la littérature médicale, certains faits nous parurent bizarres. On a décrit, tout au moins au point de vue laryngoscopique, des paralysies récurrentielles doubles, alors qu'anatomiquement un seul nerf était touché, et nous en sommes arrivé à nous poser la question suivante :
Dans les cas où des lésions nettes des deux récurrents ne peuvent expliquer une atteinte bilatérale du larynx (de même que Lermoyez disait que, en dehors de ceux où le diagnostic est évident, la nature syphilitique de la paralysie des dilatateurs ne faisait aucun doute), dans ce cas, dironsnous, ne s'agit-il pas de lésions haut situées ?
P. D. = Y, écrivait Lermoyez; pour nous, sans être si catégorique, syndrome de Ziemmsen — trouble central.