I. — Les diplégies d’origine corticale
Avant d'aborder leur étude clinique, disons quelques mots sur l’histoire des centres corticaux; en l'absence de documents anatomo-cliniques, seule l’expérimentation sur l’animal permettait de donner une idée nette sur la question. Après quelques tâtonnements, qui fixèrent — sur le chien (Ferrier et Soltmann, 1876) — le siège à peu près net du en l'occurrence le gyrus sygmoïdis —
centre phonatoire Hermann Krause, poussé par son maître Munk, apporta, en 1883, à l’Académie des sciences de Berlin, le résultat de ses recherches, qui délimitait le centre cortico-phonatoire et le plaçait à la partie antérieure et externe du gyrus préfrontalis. Ce centre était symétrique et entrainait ladduction bilatérale des cordes vocales, mais Krause avait employé la méthode des excitations, et le résultat différaït (Masini) suivant que les excitations étaient produites par des cou-
SR) eu
rants forts ou faibles. Dans ce dernier cas, l’action croisée - du centre de Krause est prédominante.
Deuxième fait expérimental : L’excitation du centre de Krause, après section des fibres récurrentielles qui commandent l’adduction, déclenche l’abduction des cordes vocales. Troisième fait : Il dépend des expériences de Katsenstein. Il existe deux centres respiratoires corticaux, l'un dans le
cerveau frontal, l'autre dans le gyrus central inférieur dur
chien, à un demi-centimètre environ au-dessus du centre de Krause.
Jusqu'à présent, seules les expériences d’excitation ont été rapportées. Que donnent celles de destruction ?
1° La destruction unilatérale ou bilatérale du centre de Krause n'entraîne pas de paralysie laryngée.
2° Le cri réflexe persiste après destruction des centres laryngés corticaux, tandis que le son volontaire devient impossible à émettre. Masini et quelques autres auteurs admettent l'existence d'un deuxième centre phonatoire sous-cortical situé, d'après Onodi, dans une zone comprenant les tubercules quadri-jumeaux postérieurs et un territoire de &8 à 12 millimètres au-delà ‘de ceux-ci sur le plancher du quatrième ventricule : mais les expériences de contrôle ont été négatives (Klemperer, Grabowver, Brockaert, Katzenstein et Freystadt).
En résumé
Au point de vue phonatoire. — Un centre, situé chez l'homme au niveau de la partie inférieure de la frontale ascendante (expérience d’excitation de Forster), dans le pli de passage entre celle-ci et la troisième frontale. L'action de ce centre est probablement bilatérale et croisée. Enfin certains faits cliniques (Déjerine) et l’expérimentation (Masini) prouvent l'existence de centres sous-corticaux dont l’action est également croisée.
Au point de vue respiratoire. — Les états psychiques émolionnels comme la peur où l'attention ne suffisaient pas à