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OBsERvATION VII.
Lévy-Decker, Annales d'O.-R.-L., 1933, p. 74)
Paralysie récurrentielle double. ,
Malade venu à Beaujon pour une dysphagie progressive, qui date de trois mois environ, et qui est due à une sténose œsophagienne d’origine épithéliale, située à 35 centimètres des arcades dentaires.
Le malade avait été adressé parce qu'il présentait une dysphonie assez marquée, A l'examen, paralysie récurrentielle unilatérale complète à droite, avee corde en position paramédiane. Déjà, à ce moment, la C. V. gauche présentait une légère parésie, aussi bien dans les mouvements d’abduction que dans ses mouvements d’adduction. Mais ce qui a été tout à fait frappant chez ce malade, c'est l'installation d'une paralysie récurrentielle gauche, qui s’est produite d'une façon progressive et intermittente. Nous avons vu cette C: V. gauche se rapprocher de la ligne médiane; actuellement, elle est en position intermédiaire; les mouvements d’abduetion sont limités, les mouvements d'adduction persistent, très diminués cependant, surtout au niveau de la C. V. supérieure, compensés par les mouvements d’adduction au niveau de la bande ventriculaire. Ce malade ne présente aucune crise de dyspnée, il a une dysphonie beaucoup plus marquée qu'on ne voit habituellement dans une parolysie des dilatateurs.
En dehors de l’étiologie, nous n'avons rien constaté d'anormal : le B.-W,. est négatif, les réflexes sont normaux, la motilité des autres neris crâniens est normale, et le laryngé supérieur réagit
bien. Il s’agit d’une paralysie récurrentielle.
Cornmentaires de l'auteur. — 11 y à deux points cependant que nous voudrions souligner : d’une part, l'apparition brusque de cette paralysie récurrentielle droite complète en rapport avec une affection œsophagienne bas située, alors que la radiographie ne montre pas grand chose; tout au plus, au niveau du sommet pulmonaire droit, peut-on déceler la présence de nombreux ganglions calcifiés
dans la région péribronchique, peut-être la chaîne ganglionnaire
Crete
remonte-t-elle jusqu'à l’origine du récurrent, D'autre part, du côté gauche, côté qui aurait dù normalement être pris le premier, nous n'avons pas de paralysie récurrentielle, la paralysie semble encore
aujourd'hui partielle et se limite aux dilatateurs,.
OBSERvATION VIII.
(J.-N. Roy, Annales d'O.-R.-L., 1936, p. 1152.)
Diplégie en fermeture d'origine grippale.
A... (G.), 43 ans, vient au dispensaire de l'hôpital le 18 novembre 1934, pour une affection du larynx. A l'examen, paralysie double des cordes vocales en position paramédiane. Elles ne sont pas atrophiées, mais, pendant l'effort d'inspiration, elTes sont attirées vers la trachée. La phonation les fait se rapprocher légèrement. La glotte est rétrécie et le malade respire avec difficulté. Hyperémie de la muqueuse laryngée sans ulcération ni œdème. Etat normal de la sensibilité. La voix est rauque. Aucune lésion de l’épiglotte et de l’exo-larynx. |
Angine crvptique double observée à l'examen du pharynx. La sensibilité du voile du palais est physiologique, ainsi que la mobilité, À la rhinoscopie antérieure : déviation traumatique, à droite, pas d’adénopathie cervicale et sous-maxillaire, Corps thyroïde normal.
Interrogatoire : N'a jamais souffert de la gorge avant la maladie actuelle. A 13 ans, fièvre typhoïde et pneumonie, Syphilis à 30 ans, mais traitée sérieusement. Le 18 septembre 1934, très forte grippe, et, quinze jours plus lard, le malade remarquait déjà un peu de raucité de la voix, accompagnée d’une légère difficulté respiratoire. Rechute grippale le 12 octobre, qui eut pour effet d’augmenter les troubles laryngés; à partir de ce moment, la respiralion devient de plus en plus pénible, et un mois après le patient se présente à l'hôpital.
A la radio, pas d'adénopathie trachéo-bronchique, pas de lésion
médiastinale, pas de dilatation des vaisseaux sanguins.
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Trachéotomie le jour même, suites opératoires normales. Pas d'Argyll. Accommodation normale. Pas de lésions oculaires. Pas de diphtérie, de saturnisme, de paludisme, de sclérose en plaques, de tuberculose, pas d’alcoolisme, pas de traumatisme cervical.
Examen neurologique minutieux. Etat normal du cerveau, de la moelle épinière, du tronc cérébral. Pas de troubles appréciables de la sensibilité. Réflexes normaux. Aucun stigmate de neurosyphilis. On ne juge pas utile de faire un traitement antisyphilitique. On prescrit la strychnine. A la fin de la cinquième semaine, on commence à observer une légère dilatation de la corde vocale gauche. Quant à la droite, sa mobilité devient apparente quelque temps plus tard. La constriction est normale. L'amélioration continuant, on commence fin décembre à obstruer de temps à autre la canule pour permettre la respiration par le larynx. Le 21 janvier 1935, la plaie trachéale est fermée. On complète la thérapeutique par application de rayons infra-rouges de trente minutes de durée, dirigée sur la face antérieure du cou. La paralysie s’atténue, la respiration est excellente. La voix devient plus claire.
A Ja fin d'avril, la C. V. gauche avait récupéré la position intermédiaire, et si la droite était moins mobile, elle se dilatait tout de même d'une manière appréciable,
Commentaires de l’auteur. — Au point de vue étiologique
a) Syphilis ? Mais la spécificité remontait à treize ans et avait été traitée d'une manière parfaite. Le B.-W. était négatif, l’examen neurologique complet ne montrait aucun stigmate de neurosyphilis, et, malgré l'absence de traitement spécifique, l’amélioration suit son cours, grâce à la strychnine et aux agents physiques.
b) Est-ce une paralysie associée par syndrome du trou déchiré postérieur ? Mais il n'y a pas de lésions du voile, de la langue, de l'épaule, etc.
c) Arthrite crico-aryténoïdienne ? Rare d'emblée; de plus, aucune manifestation laryngée.
Névmite Avi à. À Maic 1 1 :
d) Névrite toxique ? Mais le malade vivait au grand air, ne buvait pas d'alcool et fumait très peu.
e) Névrite grippale ? En effet, le 18 septembre et le 12 octobre, il a présenté des attaques grippales. Il s’agit done 1à d'un diagnostic d'exclusion. Et l’auteur rapporte un autre cas où une paralysie laryngée double était due à la fièvre typhoïde.
OBSERVATION IX
(PEARLMAN, JS, A°-M° A4., 104, 1150, oct. 1933.)
Bilateral abductor paralisis in two old days in enfant
with tracheolimy and recovery.
M... bébé de 2 jours, fut admis dans le service de pédiatrie du Michaël Hospital pour une histoire de dyspnée et de cyanose depuis la naissance, L'accouchement avait été normal, pas de forceps. L'enfant avait de bonnes couleurs et pesait 4 kg. 500. Depuis la naissance, l'enfant était resté sans repos et n'avait cessé de crier. Le deuxième jour, elle commence à devenir bleue et présente des crises fréquentes de dyspnée, durant cinq minutes, et apparaissant toutes les dix minutes. Pas d’antécédents dans la famille. Cinq
autres enfants étaient vivants et bien portants.-
A l'arrivée à l'hôpital, enfant bien développé; température, 39 degrés; pouls, 186; respiration, 56. Il y avait de la difficulté respiratoire avec stridor marqué. Rétraction du gril costal et cyanose des lèvres, du visage et des mains. L'enfant était couchée tranquille. Il y avait un remplissage apparent du cou par une masse palpable circonserite exactement autour de la trachée et s'étendant jusqu'à la clavicule du côté droit. Il y avait également un gonflement au-dessus du sternum. Il n'y avait pas de masse palpable dans le pharynx. L'examen radioscopique de la poitrine révèle un médiastin très encombré, On pensa à une affection congénitale du cœur et à une hypertrophie du thymus.
A cause de la dyspnée, on fit une trachéotomie basse, sous anesthésie locale. Le corps thyroïde fut trouvé beaucoup plus gros que normalement et engorgé. L'état de l'enfant s'améliora aussi-
tôt considérablement. Trois jours après son admission, l'examen