‹ Les Paralysies Faciales CongénitalesChapitre 12 sur 27 · Soc. méd. H6p., février · texte numérisé non relu

Soc. méd. H6p., février

Loue avoir sesrègles. Elle aeu des douleurs répétées dans le ventre, et à deux reprises, des pertes extrêmement abondantes, qu'elle avait tendance à rapporter à des fausses couches. Pendant toute la durée de sa grossesse, elle a été en butte aux poursui- .

tes d’une autre femme, qui la menaçait de vitriol, de revolver. Elle a éprouvé beaucoup de craintes et de chagrins, passait ses nuits à pleurer, sans dormir, et nemangeait qu’à peine.

Elle fut surprise dans ces conditions, et malgré ses pertes,de faire les frais d’une grossesse qu'attestaient les mouvements du fœtus. Vers le septième mois, après rupture, deux jours auparavant, d’une poche des eaux très développée, elle mit au monde, par un travail plus long que pour ses autres enfants, un bébé pesant 2 kgr. 020. La délivrance se fit normalement, sans hémorragie notable.

L'enfant poussa des cris dès sa naissance, mais ne put téter les premiers jours. La mère dut avoir recours à une téterelle biaspiratrice tout d’abord.

Outre la malformation de l'oreille, la mère nota que la face de l’enfant était déviée, en particulier qu’il existait une déviation de la bouche. Elle en fit la remarque à la sage-femme.

Bientôt, elle reprit son travail, plaça son enfant dans une crèche. Vers le vingtième jour, l'enfant, en vomissant, rendait du lait par le nez et par la bouche. La mère la conduisit alors à la

Polyclinique H. de Rothschild, où elle fut placée dans une couveuse, Le bébé était nourri matin et soir par la mère, et, dans l'intervalle, avec du lait stérilisé.

Le poids a subi des oscillations, et est aux environs de 2 kil. 400. |

A l'examen, on note une enfant peu développée, avec cyanose

de la plante des pieds, lésions banales au pourtour de l’anus.

ex Les yeux se meuvent dans tous les sens. Les membres ne présentent ni déformation, ni troubles particuliers.

L’attention porte principalement sur la face, siège à la fois de paralysie faciale et de malformations.

Pendant le sommeil, il y a inocclusion de l'œil gauche. Un intervalle de quelques millimètres sépare les cils supérieurs des cils inférieurs, et permet d’apercevoir la sclérotique.

La bouche est légèrement entr’ouverte du côté gauche, où, d’une façon générale, la commissure prend une formetriangulaire ou quadrangulaire, tandis que, à droite, la forme est franchement semi-circulaire. Le pli naso-génien est absent du côté gauche, à peine accentué à droite. L'ouverture nasale est un peu plus exiguë à gauche qu’à droite.

L'enfant étant éveillée, il lui arrive de contracter isolément son muscle frontal du côté droit. Celui-ci présente alors trois à quatre rides transversales, d'épaisseur inégale, dont l’une dépasse un peu la ligne médiane, Puis, ces rides disparaissent ou ÿ’accompagnent de rides à peu près analogues du côté gauche.

Quand l’enfant crie, tous les muscles peuvent se contracter simultanément. Il est difficile dans la contraction maxima de trouver une différence d’un côté à l’autre. Les plis sont sensiblement accentués d’un côté comme de l’autre. Cependant les rides frontales peuvent être plus accentuées à droite. Îl est à remarquer néanmoins qu'en écartant les paupières contractées, on trouve manifestement plus de résistance à droite qu'à gauche. Enfin, l'enfant pleure davantage de l’œil droit. Quelquefois des larmes coulent à droite, mais jamais à gauche.

L'examen électrique, pratiqué par M. Huet, le 15 février,

donne les résultats suivants: la contractilité électrique du tronc

) du facial, et de ses différentes branches, comme des muscles

pris isolément (orbiculaire des lèvres, muscles du menton, élévateur de la lèvre supérieure et de l’aile du nez, orbiculaire des paupières, frontal), diffère peu d’un côté à l’autre. A peine note-t-on une très légère diminution de l’excitabilité du côté gauche. Le point d’excitation du tronc est à sa place habituelle.

À l'électricité galvanique, la réaclion est vive, NFC>PFC. On ne peut déterminer la contraction minima pour chaque muscle ; mais on obtient une secousse à la fermeture avec un courant de 3 à 4 milliampères pour les différents muscles ; déjà avec 1 milliampère 1/2 pour le frontal.

Le vertige voltaïque a été recherché. Mais, l'enfant pleurant et raidissant ses muscles, on n’a pu juger s’il y avait inclinaison, nile sens de cette inclinaison,

Lés malformations sont multiples. Elles portent sur l'oreille externe qui se présente sous forme d’ue petit moignon imperforé, peu développé en apparence ; mais qui, après examen, donne dans l’ensemble, l'impression d’un rudiment d'oreille retourné. M. Bonnier a fait l’étude du cas, et résume ainsi les lésions existantes : Ver

Le pavillon, la conque, et le conduit cartilagineux semblent avoir été entraînés en avant, et soudés à la joue ; et ils sont venus se placer là où devrait être la branche montante du maxillaire inférieur. On voit l'envers de la conque, avec le

cartilage saillant de l’hélix, au-dessus duquel on trouve une

petite touffe de poils qui appartient à la pointe de l'oreille ; le.

pavillon soudé par le bord habituellement libre de l’hélix aux téguments de la joue ; le lobule, libre, est mobile, mais se présente à l’envers.

Le conduit cartilagineux. est, fortement distendu. Il est vu

ed

- 14 ! 1, LL SU Cry dJihrAa ut æ 7” Nr [TE si , ) * *: A f

par sa face postérieure, On sent à son point de départ une petite dépression qui est la place du conduit osseux, puis, en se rapprochant du lobule, trois cartilages en chapelet.

Quand on soulève le lobule, on voit une cavité borgne qui permet d'explorer la cavité de la conque et de pénétrer dans le sens de l’hélix. Cette cavité renferme un peu de sébum.

Il est difficile de se rendre compte de l'état de l'oreille moyenne. La mastoïde est à sa place ; elle est d’aspect normal ; un peu moins saillante que du côté opposé. L'examen fonctionnel n’a pu être pratiqué chez un enfant de cet âge.

On remarque une bride sous-cutanée, de consistance élastique, située un peu à gauche de laligne médiane, dirigée verticalement, et offrant ne concavité du côté de l’axe du menton. Cette bride fait une saillie sous la peau quand l'enfant crie, et donne lieu à une résistance appréciable. Elle peut, à première vue, déterminer l'illusion que les muscles du menton se contractent. davantage à gauche qu’à droite.

Le maxillaire inférieur est modifié dans son ensemble. On a tout d’abord l'impression, au palper, que la branche montante fait défaut. Par une analyse plus attentive, que confirme l'examen radioscopique fait à diverses reprises par le D' Brunier, On s'aperçoit que la branche montante, au lieu d'aller rejoindre la branche zygomatique, s'enfonce profondément dans la direction de l’apophyse basilaire et va constituer en arrière une articulation anormale. C’est surtout pendant les cris qu’on sent cette branche verticale.

A l'examen radioscopique, l'enfant étant placé de profil, on voit qu’il y a non pas superposition, mais écartement des deux branches montantes du maxillaire inférieur.

La branche horizontale est moins développée que sa congé-

Page 1