CHEZ UN LAPIN
Obs. LXV. — Le 15 août 1&57, un jeune lapin, jusque-là très-bien portant, ingéra cinq gouttes d'huile phosphorée, ce qui ne l'incommoda nullement. Il le fut également fort peu par l'ingestion de huit gouttes.
Le 20, à neuf heures du matin, dix gouttes données comme premier repas ne modifièrent en rien ni son appétit ni ses mouvements.
Le 21, à quatre heures et demie du malin, on le trouvait mort dans sa cabane.
A l'autopsie, faite vers le soir, on trouva le cerveau exsangue et manifestement pûle ; la moelle épinière d une consistance plus molle qu'à l ordinairej surtout dans les deux tiers supérieurs. {Id., p. 54.)
PARALYSIE ET CONVULSION DES MEJIBRES ; CONSISTANCE MOI.LE DE LA MOELLE liPlNIÈBE DANS SA PARTIE INnÏRIEUKE CHEZ UN LAPIN.
Obs. LXVI. — Le 3 août 1857, on mit dans la bouche d'un lapin cinq gouttes d'huile phosphorée, et plus tard le 5 août à huit heures du matin «ncore quelques gouttes.
A onze heures et demie il restait tranquillement dans un coin, mais il s'en élançait rapidement quand on ouvrait la porte de sa cabane.
A midi cl demi, étendu de lout son long, il ne pouvait se porter en avant qu'avec peine, et il laissait tomber sa têt& de côté comme s'il était ivre. Si on le soulevait, il ne se débattait que très-faiblement. Couché sur le ventre, les membres postérieurs allongés en arrière, il penchait sa tête de côté.
Peu de temps après,- à la suite de convulsions de tous les membres, il se trouva couché sur le dos^ Il restait immobile quelques instants, puis de nouvelles convulsions le rejetaient de ci, de là, et faisaient bondir son corps à 2 pouces de hauteur.
Cette muette tragédie dura plus d'une demi-heure, avec quelques interruptions; puis l'animal expira après une violente secousse des pieds de derrière.
Gn fit l'autopsie-; en bas de la colonne vertébrale, la moelle épinière parut avoir une consistance plus molle qu'à l'ordinaire, et à la région> dorsale, elle présentait, sous la dure mère, une couleur ecchymolique le long de la face antérieune du canal rachidien. {Id., p. 52.)
CONVULSIONS DES QUATRE MEMBRES; OPISTHOTONOS ) CONSISTANCE MOLLS DU CERVEAU CHEZ UN CHIEN.
Obs. LXVII.— Le 7 novembre 1859, je pris 3 à 4. grains de phosphoredivisé très-fin, je les mélangeai à une soupe de farine que je fis manger à jeun à un gros chien de berger, vieux et vorace.
Le 8, il mangea encore avec plus de voracité une pareille soupe contenant 12 grains de phosphore.
Six heures après avoir pris la dernière dose, il tomba dans de violentes convulsions.
Il avait de très-fortes contractions des quatre membres et la tête violemment rejetée en arrière, de telle sorte qu'il présentait un opisthotonos durant une minute. Après un instant de repos, les contractions se renouvelaient plusieurs fois avec de courts mouvements d'expiration, pendant que la gueule était largement- ouverte, et le ventre ramassé' sur lui-môme. A peine cette scène eut-elle duré une demi-heure que l'animal expira.
A l'autopsie on trouva la masse cérébrale et la pie-mère hypcrémiées, surtout vers la glande pituitaire et les plexus; la substance cérébrale d'une consistance plus molle qu'on no devait l'attendre de l'âge de ce chien; la moelle épinière présentant la fermeté ordinaire. (M., p. 49.)