PRÉFACE
observations à celles déjà nombreuses que j'avais recueillies moi-même. Je ne puis en énumérer la trop longue liste, mais je les prie de recevoir l'expression de ma profonde gratitude.
Ed. ANDRÉ.
Beau ne, 10 octobre 188!. j
Les lois naturelles. — L'observateur qui veut bien examiner, avec un esprit philosophique, l'ensemble des êtres qui nous entourent, et qui cherche à en sonder les mystères et à se rendre compte des rapports mutuels que toutes les créatures ont inces» samment les unes avec les autres, a devant lui un sujet d'études immenses et qui n'a rien de commun avec la sécheresse que Ton reproche trop généralement aux travaux scientifiques. Rien au contraire n'est plus vivant, plus mouvementé, je dirai même souvent plus palpitant, que l'étude de ces drames qui se reproduisent à chaque instant sous nos yeux, de ces luttes, de ces amours, de ces rapines, dont l'ensemble admirablement équilibré constitue ce que nous appelions les harmonies naturelles. La conclusion finale que Ion est obligé de tirer de toutes ces études, conclusion que je puis poser dès maintenant, est que, dans le système delà nature, rien n'est inutile, tout a un but; bien plus, ce but concourt toujours, non seulement à maintenir dans l'état le
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plus* ffôrîssânYYout ce qui est créé, mais même à faire progresser ces créatures et à les amener sans cesse à un état de perfection plus grand.
J'entends, à ce sujet, crier partout au paradoxe. A quoi servent, en effet, toutes ces plantes nuisibles qui encombrent nos cultures? pourquoi toutes ces horribles botes qui ne cherchent qu'à nous nuire, qui nous ruinent môme si souvent ? Le monde ne seraitil pas mille fois mieux conçu et plus agréable, s'il était débarrassé de tous ces êtres immondes ou dangereux, de toutes ces existences avec lesquelles il faut, bien malgré nous, partager le fruit de notre travail ?
Ce n'est pas en quelques mots qu'il est possible de répondre à ces questions. Je vais cependant tâcher de montrer rapidement qu'elles pèchent par la base.
Il est certain que ce serait se lancer dans l'inconnu et émettre souvent des hypothèses gratuites et erronées, que de prétendre expliquer le but pour lequel ont été créées toutes les sortes d'animaux ou d'insectes, les variétés innombrables des végétaux. Outre que le sujet serait inépuisable, il y en a un très grand nombre dont notre ignorance ne peut laisser soupçonner l'utilité. Cependant le peu que nous avons pu découvrir nous indique nécessairement que ce que nous ne connaissons pas a aussi sa raison d'être, et que ce qui nous parait le plus nuisible, ou au moins le plus inutile» est un rouage nécessaire à la marche régulière des choses.
Mais si tout être créé a un but, a une fonction à
remplir, la répartition de ces fonctions n'a pas été faite au hasard, et les harmonies naturelles obéissent à de véritables lois auxquelles nous devons nous soumettre comme toute autre créature, et que nous n'altérons, pour satisfaire à nos besoins, qu'au prix de mille efforts constamment renouvelés.
C'est par l'observation répétée, c'est par la coordination de faits innombrables, agissant toujours dans le même sens, que l'homme est parvenu à déduire, çie leur enchaînement, le motif de leur existence. Après avoir passé pendant des siècles, au milieu des merveilles qui l'entouraient,.sans daigner y jeter les yeux, il a fallu que ses intérêts, que le fruit de son travail se trouvassent gravement compromis pour que, forcé de se défendre, il abaissât son regard sur tous ces êtres infimes qu'il écrasait sans les voir et qu'il j ugeait témérairement devoir être impuissants contre lui. Alors, après le dédain et l'indifférence, est venue l'étude, et celle-ci se fît d'autant plus passionnée que chaque jour mettait sous les yeux du travailleur une nouvelle merveille, déchirait devant lui un nouveau coin de ce voife mystérieux qui cachait tant de secrets. Puis, s'appuyantsur l'observation ou l'expérience, il arriva, après bien des déboires et bien des erreurs , successivement condamnées et rectifiées, à classer les faits qu'il avait entrevus et à en déduire ces lois primordiales qui non seulement expliquent tous les faits connus, mais servent encore de guide pour nous diriger dans de nouvelles expériences.
Ces lois sont nécessaires et c'est là leur sanction. Elles sont nécessaires parce qu'elles reposent sur les bases mêmes de la vie et sur l'application des forces naturelles, parce que, si elles n'existaient pas, ou si l'une d'elles faisait défaut, la création, qui ne serait plus équilibrée, disparaîtrait sous l'action de ces mêmes forces, pour laisser rentrer la matière dans le néant et le chaos. Que seulement Tune de ces lois soit un instant violée, soit par l'influence de l'homme, soit par toute autre cause, comme elles se font toutes contrepoids, et que chacune des forces de la nature est un frein qui maîtrise le déchaînement désordonné des autres, nous les verrons immédiatement se réunir et se conjurer contre l'auteur du troubteproduit, et une lutte à outrance s'établira entre la nature et lui.
Ainsi, qu'une espèce carnassière disparaisse sans être remplacée par une autre, et les espèces herbivores, dont elle est chargée de modérer la production, vont prendre une extension telle que les plantes, à leur tour, disparaîtront peu à peu et que les herbivores, ne trouvant plus uqp nourriture suffisante, diminueront et finiront par mourir de faim. Chaque bestiole, si faible soit-elle, a son but défini, et, si sa délicatesse même la rend une pâture facile pour de nombreux ennemis, sa fécondité s'accroît en raison des chances de destruction qui s'accumulent contre elle.
Voyons 'maintenant en quoi consistent ces lois. Elles portent principalement sur deux* points : d'à-
bord la conservation des espèces et leur progression vers un état plus parfait, ensuite la conservation mo. mentanée des individus. De ces deux ordres de lois, le second esftoujours subordonné au premier. Dans la série des êtres naturels, tout démontre que l'individu isolé n'est rien, que l'espèce est tout, et nous avons mille exemples qui nous font voir aussi que la progression lente des ' espèces vers un état plus perfectionné, plus élevé, est un des buts vers lequel tend toujours la nature, ou, pour parler plus exactement, un des résultats vers lesquels est poussée nécessairement la création, par l'action simultanée des forces naturelles.
Comme corollaire, s'introduit cette autre Ici qui vcujt que tout être mal venu, malade ou décrépit, disparaisse de la scène du monde pour faire place à d'autres êtres. Enfin une autre conséquence est qu'une espèce quelconque ne peut empiéter sur le domaine d'unS* autre, qui lui est contemporaine, de façon à la faire disparaître. Si nous avons connaissance d'espèces éteintes, remplacées par de nouvelles formes, c'est la conséquence de transformations infiniment lentes, et ce phénomène n'infirme en rien la loi-quc je posais. Ces changements séculaires qui s'opèrent de tous temps et même sous nos yeux, obéissent à une autre loi qui est celle du mouvement incessant de la matière, et ont pour but de conduire, d'une façon continue, les espèces vers un état plus parfait.
L'ensemble de ces lois et des forces naturelles qui
s'appellent parasitisme, sélection, fécondité plus ou moins grande, etc., sont les éléments de l'harmonie que nous.admirons autour de nous.
Nous sommes forcément toujours .çn lutte avec la nature, et il était nécessaire de connaître ses moyens d'action pour arriver à les combattre aussi avantageusement pour nous que possible.
Le parasitisme. — Pour le sujet qui nous occupera, celle des forces naturelles qu'il nous est le plus utile d'étudier, est le parasitisme ; et, à notre point de vue restreint, il est facile de constater que les principaux agents de la nature ne sont* pas les grands mammifères ou les oiseaux au brillant plumage, mais plutôt ces myriades d'êtres plus humblés, quelquefois presque invisibles, que nous rangeons parmi les insectes, et que les savants placent dans les animaux articulés et annelés. C'est dans leurs rangs que nous trouvons nos ennemis les plus terribles, les plus difficiles à combattre, et nous sommes plus exposés à battre en retraite devant eux que devant le roi des animaux.
On peut dire que le plus grand nombre des plantes ou des êtres animés de tous ordres sont comme des centres autour desquels rayonne toute une famille de commensaux, d'amis ou d'ennemis qui, tout en étant souvent en opposition constante et en lutte continuelle, ne peuvent cependant exister les uns sans les autres.
Prenons une plante quelconque, le chêne par exem-
plc.^gi nousfaisons le dénombrement des in sectes qui 'vivent de ses feuilles, des larves qui en perforent le tronc, ou de celles qui habitent ses graines, nous arriverons à un total considérable. Mais ce n'est là encore que la plus minime partie de ce qui s'agite autour de lui. Chacune de ces espèces phytophages ou lignivores, granivores ou radicicolcs, est le point de mire des attaques d'une foule de carnassiers ou de parasites, les uns s'en emparant de vive force, les autres venant traîtreusement pondre, sur le corps des larves pacifiques, d'autres larves qui pénètrent dans les téguments de leurs victimes et les rongent peu a peu. Ces parasites eux-mêmes ont -quelquefois à craindre les attaques d'autres parasites. A côté de ces ennemis se trouvent encore d'autres espèces chargées spécialement du nettoyage et du déblaiement des habitations creusées dans l'épaisseur du bois; d'autres, avides de pollen ou de miel, ont pour mission la fécondation des fleurs. Si nous y ajoutons les myriades d'être animés qui trouvent leur abri et leur nourriture sous les écorces, dans les détritus existant au pied de l'arbre, sous la mousse qui on recouvre le tronc, si nous mettons en ligne de compte les mousses elles-mêmes, ces innombrables lichens et autres plantes spéciales parasites, comme le gui, si nous comptons enfin les animaux d'ordre plus élevé, mammifères ou oiseaux, qui rongent, broutent ou habitent ce végétal, nous arriverons à comprendre qu'un arbre est un monde dont l'importance nous est encore trop incomplètement con-
nue. Ce recensement n'a pas été fait pour le cilêne, mais je ne puis mieux faire, pour en donner une idée approximative que deciter les centet quelques espèces de coléoptères et les vingt-neuf diptères constatés par notre éminent observateur, Ed. Pcrris, sur le pin maritime, sans compter les hémiptères, lépidoptères, hyménoptères, etc., qui sont peut-être' encore plus nombreux.
Si chaque plante a ainsi ses hôtes, chaque animal a aussi les siens, et l'ouvrage si instructif de Van Bcncden (1), tout abrégé qu'il soit, nous apprend à en connaître une quantité. Il y a donc une solidarité incontestable entre les diverses créatures, et c'est cette solidarité même qui assure l'équilibre constant et le fonctionnement régulier de la création.
Mais il faut remarquer que c'est surtout sur nos plantes cultivées que pullulent ces hôtes innombrables, non pas toujours par le nombre des espèces,
mais au moins par le nombre des individus. Pour bien apprécier les vues de la nature, il faut l'étudier sur les végétaux sauvages. Nos plantes cultivées ne peuvent être, sous ce rapport, considérées que comme des monstruosités qui offensent les lois naturelles et sur lesquelles la nature déchaine ses agents les plus actifs. Nous allons directement contre le vœu de la création, en détruisant et en éliminant un certain nombre de végétaux pour favoriser des espèces qui nous sont plus directement utiles. Nous
(l) Les Commensaux et les Parasites, par Van Beneden, 1879.
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C0XSIDÈRATI0N3 GÉNÉRALES 17
détruisons Péquilibrc établi et nous ne devons pas nous étonner, par conséquent, d'avoir à lutter d'autant plus que nous nous éloignons davantage de l'état de nature. Par nos soins culturaux, nous développons d'une façon anormale soit une racine, soit un fruit, mais nous favorisons en môme temps la multiplication des êtres qui vivent comme nous de ces racines ou de ces fruits, et, comme il arrive toujours dans les choses de la nature, le mal même entraîne avec lui son remède.
Le but des insectes auxquels sont livrées nos plantes cultivées est évident et il n'est pas possible de le contester. Mais où il semble moins facile de découvrir le but des espèces nuisibles, c'est lorsqu'elles s'attaquent aux plantes sauvages que rien ne pousse a croître outre mesure. HPour les plantes cultivées, les espèces herbivores obéissent à la loi qui défend à une créature de se faire la part trop large et d'empiéter sur le domaine d'une autre^créature ; elles se multiplient de façon à détruire ce qui «xcède les limites assignées à l'espèce. Pour les plantes sauvages au contraire, il ne s'agit plus de détruire mais de réglementer seulement la propagation. Dans bien des cas même, il faut venir en aide à la santé des individus. Les plantes légumineuses puisent dans l'atmosphère une bonne partie de la nourriture qui leur est nécessaire ; elles doivent donc avoir un contact facile et permanent avec l'air. Cette condition se remplirait-elle si , les Charançons (Bruche, Apion) ne détruisant pas une partie des
graines, toutes celles-ci germaient au pied de la plante mère et y formaient une quantité d'autres individus qui viendraient l'étouffer. Ne peut-on considérer bien des espèces phytophages comme des élagiîcurs qui débarrassent ja plante d'un excès de feuillage, et favorisent la belle-venue des fruits et la fécondation des fleurs. Ne serait-il pas possible aussi que ce môme élagage eût un résultat analogue à celui de la taille pratiquée par nous et ne dût forcer la sève à so répartir sur les fleurs et les fruits. Rappelons-nous que la conservation et l'amélioration des espèces est la loi fondamentale, et nous pourrons y trouver l'explication de bien des phénomènes encore** mystérieux. Les vieilles racine ne doivent-elles pas disparaître pour laisser reporter sur les nouvelles. .pousses toute la vigueur de la plante? Les bourgeons supprimés n'ont-ils pas pour résultat d'envoyer une nourriture plus abondante dans ceux qui restent ?
Que îont les espèces souterraines qui, dans leur route invisible, détruisent ce qu'elles trouvent sur , leur passage, sinon de sarcler et éclaircir les végétaux trop pressés. Les chenilles processionnaires ellesmêmes, si nuisibles aux forêts, n'arrivent-elles pas, par leur action simultanée, à donner des débouchés et des entrées à l'air et à la lumière, au milieu d'arbres trop touffus? Les pucerons, qui sucent l'extrémité des rameaux, ne surexcitent-ils pas l'action des radicelles et n'amènent-ils pas dans les branches inférieures un afflux de sève plus considérable ?
Tous ces excitants des végétaux leur sont favorables quand la plante est sai ne, que la végétation est active et qu'elle a lieu suivant la nature de chaque espèce; si la plante ne peut supporter ces attaques, c'est qu'elle est maladive par suite d'une cause ou d'une autre, et alors la loi inexorable de destruction se dresse contre elle et multiplie ses ennemis, pour îa faire disparaître au plus vite.
Il n'y a donc pas deux sortes de parasites des végétaux, ceux qui s'attaquent aux plantes maladives et qui sont chargés de les supprimer, ceux qui s'acharnent sur les plantes saines et qui doivent avoir, au contraire, pour résultat, de surexciter leur végétation ; mais ce sont les mêmes qui se développent davantage à un moment donné.
Les plantes cultivées par l'homme, dans un but ou dans un autre, doivent toutes être considérées comme plus ou moins maladives , parce que la culture favorise une des parties de la plante, soit ses feuilles ou ses fruits, soit ses racines ou ses fleurs. Ce sont donc des plantes anormales, par conséquent condamnées à périr par les lois de la nature, et si l'homme les conserve autour de lui pour son usage, ce n'est qu'à force de soins qu'il parvient à les défendre contre leurs ennemis. C'est ce qui explique que les plantes cultivées sont extrêmement sujettes aux attaques des insectes, que les plantes sauvages ne nourrissent, au contraire, que les insectes qui sont utiles à leur développement.
Mais tout, dans la nature, ne va que par gradation
et so fait lentement. Pour que l'action des insectes soit favorable aux plantes, elle doit être modérée et maintenue en d'étroites limites ; de là la nécessité de mettre, à côté d'eux des contrepoids qui les empêchent d'aller trop loin. Cette fonction est dévolue aux carnassiers de toute sorte, aux parasites animaux et végétaux, internes ou externes.
Ainsi, d'un côté, des insectes pour stimuler les plantes, modérer leur accroissement dans leur intérêt môme, ou pour hâter, en cas opportun, leur disparition; de l'autre côté, d'autres insectes destinés à maintenir, dans de justes limites, l'action des premiers. Je ne parle pas ici de ceux qui nous débarrassent de toutes les matières en décomposition et dont le but est évident.
Mais, à leur tour, ces carnassiers ou parasites pourraient aller trop vite et entraver, d'une façon trop sérieuse, l'action des herbivores. Qu'arrive-t-il alors? Les phytophages diminuent plus que do raison et les carnassiers, manquant d'une nourriture facile, se reproduisent moins, car l'intensité de cette reproduction est toujours en relation directe et intime avec le nombre d'insectes à détruire, c'est-à-dire avec la nourriture disponible. Outre cela, les carnassiers ont eux-mêmes à subir les attaques d'autres parasites qui leur sont spéciaux et qui limitent leur nombre.
Si donc les herbivores, par suite de circonstances atmosphériques favorables, s'accroissent trop, les parasites se voient aussi en plus grand nombre et détruisent les premiers. S'ils vont trop vite ou que des
circonstances climatériqucs défavorables leur viçn* nent trop bien en ai de, les parasites diminuent immédiatement de fécondité et les herbivores reprennent le dessus. Il y a ainsi perpétuellement un mouvement de balance qui, par sa moyenne, maintient toujours les choses dans un état voisin de l'état normal et ne permet pas que, en dehors de l'action de rhomme ou des forces extérieures, ce mouvement s'en écarte beaucoup.
On pourrait se demander maintenant comment il se fait que, pour nos plantes cultivées, les insectes parasites carnassiers semblent avoir si peu d'influence. Il est à peu près certain ici que les espèces parasites ne peuvent réellement suffire à la besogne, et que leuraccroisement ne peut atteindre des limites suffisantes pour contrebalancer le développement excessif que cause chez les herbivores l'abondance et l'excellence de la nourritureque nous leur procurons.
Il semble aussi que les espèces mellifères pourraient se multiplier sans inconvénient et, par conséquent, devraient être exemptes des attaques du parasitisme. Mais Ton sait qu'elles sont un des principaux agents de la fécondation des plantes et qu'elles y puisent leur nourriture dans les fleurs. Or, le nombre des plantes étant forcément limité d'après ce que nous avons vu, la quantité des fleurs Test aussi et, par suite, le nectar qu'elles peuvent fournir aux insectes. Pour que ceux-ci ne souffrent pas de la disette, il faut donc que leur nombre soit en rapport avec celui des fleurs et maintenu dans de sages li-
22 CONSIDÉHATIONS GÉNÉRALES
mites. C'est pourquoi ctes parasites spéciaux leur sont attribués.
Ajoutons enfin que le plus grand nombre des insectes, à l'état parfait, visite les fleurs et concourt à leur fécondation, mais que presque tous, sauf les meliifères proprement dits ou les carnassiers, sont herbivores à l'état de larve. Un insecte donné a donc des buts multiples à remplir et son rôle est infiniment plus important qu'on n'est généralement disposé à le croire.
Chacun d'eux individuellement n'est rien, mais leur réunion en masse produit des résultats de premier ordre dans l'économie de la nature, et Ton peut même dire qu'une espèce donnée d'insecte a plus d'influence sur la marche générale des choses qu'un mammifère ou qu'un oiseau, et qu'un insecte, en disparaissant, laisserait un vide bien plus sensible qu'une espèce zoologiquo d'un ordre plus élevé.
Comment expliquer maintenant l'arrivée subite do légions de parasites qui de viennent un véritable fléau.
Prenons pour exemple la vigne : il est incontestable que ce végétal, si florissant qu'il paraisse dans nos vignobles, doit être toujours considéré comme maladif;car on ne peut admet!re qu'une plante, née pour s'élancer au dessus des plus grands arbres, puisse être maintenue par nous impunément, par la taille et nos pratiques culturales, dans des limites si étroites. Des racines qui ont pour mission de puiser dans le sol assez de sève pour nourrir des pampres immenses, ne peuvent évidemment, sans péril, res-
treindre leur action au point où nous la réduisons. Le Phylloxéra est bien venu pour nous montrer que la vigne, torturée par nous, n'est pas dans son état normal. Objectera- t-on que le terrible puceron ne date chez nous que de quelques années ? Mais cela prouve seulement qu'à nos vignes européennes ne se trouvait pas attaché normalement un parasite de cette nature et qu'il a fallu une importation pour l'en doter.
Le Phylloxéra a détruit les vignobles les plus vigoureux et les mieux cultivés. C'est vrai, mais ne peut-on admettre qu'après avoir attaqué des vignes malingres et s'y être développé, il ait passé naturellement à d'autres plus vigoureuses, quoique toujours maladives ou anormales, comme je l'ai dit. Rien n'est plus naturel, et le contraire serait «tonnant.
Les parasites, je l'ai déjà dit, ne sont pas produits pour les besoins de la cause, au fur et à mesure qu'ils deviennent nécessaires ; ils préexistent, et chaque plante, même saine, en est pourvue. Tant qu'elle reste dans un état normal, leur action n'est pas nuisible, peut-être même est-elle utile. Mais si elle prend un état pathologique quelconque, et si son développement devient excessif, l'un ou l'autre de ses parasites, trouvant des conditions exceptionnellement favorables à sa multiplication, vient mettre obstacle à l'extension soit de cet état maladif, soit de ce développement trop considérable.
Les lignes qui procèdent donnent la raison de l'existence des parasites et du parasitisme, autant qu'on peut la déduire des faits connus. Mais toutes simples qu'elles soient, toutes évidentes qu'elles paraissent, les cultivateurs ont été longs à les comprendre et aujourd'hui encore, au milieu de cet accroissement général des connaissances humaines qui a suivi la Révolution et rempli tout le XIX* siècle, malgré la diffusion énormo do l'instruction que cherchent à opérer, chaque jour davantage, nos législateurs, malgré même l'intérêt énorme qu'auraient à posséder des connaissances si utiles tous ceux qui travaillent la terre et vivent du produit de leurs récoltes, on est effrayé de voir combien elles sont le plus souvent étrangères à l'homme des champs, et quelles hérésies véritables sortent de sa bouche. Quand des chenilles se sont établies en nombre dans ses cultures, quand les feuilles de ses vignes ont jauni d'une façon inquiétante, quand les rongeurs de toutes sortes dévorent les céréales ou les prairies, il accuse l'influence de brouillards néfastes, l'humidité, les vents, toutes les intempéries qui n'y sont en réalité pour rien. Il compte sur la sécheresse pour le débarrasser de ses ennemis, et quand ceux-ci disparaissent d'eux-mêmes, soit qu'ils se trouvent réellement détruits, soient qu'ils aient simplement gagné une retraite inconnue pour y subir une de leurs métamorphoses, il cherche à expliquer leur départ par mille raisons étrangères à ce qui le préoccupe.
Il n'est pas jusqu'à la lune que l'on charge sous ca
rapport de méfaits dont clic est bien innocente. D'après ces ignorants, les insectes, les vers se forment de toutes pièces dans la terre, dans les bois, partout où on les trouve, mais ils n'admettent pas la nécessite de parents procréateurs. Si Ton considère, d'autre part, les remèdes conseillés dans les campagnes pour se débarrasser de toute cette vermine, on voit qu'ils ne sont pas plus raisonnables. Sans remonter au temps où les procesions sortaient en grande pompe, où des excommunications solennelles étaient lancées contre le? écrivains et les hannetons, ne voyons-nous pas encore, -de nos jours, non-seulement le phylloxéra soulever des sourires d'incrédulité, sa recherche et gon traitement rencontrer des résistances incroyables, mais les hommes les plus autorisés dans leur milieu, souvent même doués d'une réelle instruction, s'associer à ces lutles d'un autre âge.
Il ne sera dgpc pas superflu de donner ici rapidement quelques motssur la biologie de nos parasites. Tout inseclo, quelles que soient sa forme et sa grosseur, quel que soit le nombre de» individus de son espèce réunis en un même lieu, provient do parents le plus souvent semblables à lui. La mère, que ce soit un hanneton, un papillon ou un autre insecte quelconque, pond une certaine quantité d'œufs sur le wgétal que devra ronger sa progéniture et ne s'en occupe plus. De cet œuf sort une sorte de ver que l'on nomme chenille si la mère est un papillon, qui s'appelle larve s'il s'agitdcs autres ordres d'insectes. Ce ver, chenille ou larve, peut affecter des formes
26 CONSIDÉRATIONS GÉNÉHALES
un peu différentes, être orné de couleurs variées ou rester blanc en entier, avoir ou non des pattes ; il peut s'enfermer dans des abris divers ou vivre à lair libre. Mais quelles que soient sa conformation et ses habitudes, il arrive toujours un moment où il subit une métamorphose pour passer à l'état de chrysalide ou nymphe. Il devient immobile, tombe dans une sorte de léthargie, ne prend plus de nourriture, et passe dans cet état, en apparence inerte, un certain nombre de jours ou de semaines. Puis la peau de cette chrysalide se fend sur le dos, et il en sort, comme d'un tombeau, un insecte en tout semblable à la mère qui a pondu l'œuf originaire. Immédiatement a lieu la réunion des sexes, puis la ponte des femelles, et les mêmes phénomènes se renouvellent avec une régularité constante.
Un certain nombre dïnsectes, parmi lesquels se range précisément le Phylloxéra , présentent des circonstances un peu plus compliquées dans leur biologie, mais ce n'est qu'une exception que nous examinerons dans le chapitre spécial aux pucerons.
Ainsi les insectes présentent quatre états successifs,ceux d'œuf, de larve, de nymphe ou chrysalide, et d'insecte parfait, et le passage d'une de ces formes à l'autre se nomme métamorphose.
Partout où se rencontre un insecte se sont troifrés avant lui un mâle et une femelle, en tout semblables, qui lui ont servi de père et de mère.
La ponte des femelles est souvent considérable, en tous cas fort variable d'après les espèces. Tandis
que les unes ne déposent qu'une trentaine d'oeufs» d'autres en mettent au jour 250 à 500. On comprend, dès lors, que s'ils ne subissaient aucun dommage, il suffirait d'un petit nombre de mères pour donner lieu à une apparition considérable et subite d'une espèce. C'est ce qui a eu lieu quand on apprend qu'une culture est ravagée quelque part par un parasite.
Normalement une grande partie de ces pontes péril, soit par le fait des carnassiers, soit par suile de circonstances spéciales, mais parmi lesquelles les intempéries tiennent moins de place qu'on est généralement disposé à le croire. Nous avons vu,en 1879- 80, des froids de 25 à 30 degrés geler la terre à des profondeurs de 6<i à 70 centimètres, et cependant, grâce sans doute à la neige qui en recouvrait certaines parties, les insectes ont paru enl880plus nombreux que jamais. Les pluies, par leur persistance, peuvent entraver la succession régulière des phases biologiques des insectes , mais non les favoriser comme on le veut généralement.
Ajoutons enfin que des remarques faites avec soin ont montré que les espèces, dont les œufs sont le moins bien protégés par l'industrie de la mère, ont les pontes les plus nombreuses, et que la fécondité d'un insecte est, en général, en raison directe des chances de destruction qui se réunissent contre lui.
Il reste encore malheureusement bien des points obscurs dans tous ces phénomènes, et quand, après une invasion formidable, ou se trouve débarrassé
presque subitement, sans cause apparente appréciable, on ne peut que déplorer l'ignorance dans laquelle nous nous trouvons encore. Il arrive souvent que nous avons multiplié nos efforts, que nous avons dépensé sans résultat, ou au moins avec un succès médiocre, des sommes importantes pour nous délivrer d'un hôte incommode, et que celui-ci rentre ensuite de lui-même, dans des conditions normales, comme pour nous démontrer notre impuissance.
Lesennemis naturels des insectes sont évidemment très efficaces contre eux, mais, comme je l'ai dit, nos plantes cultivées sont trop favorables à la multiplication des herbivores pour que nous puissions compter beaucoup sur l'aide des carnassiers. Si, à un moment donné, ils peuvent faire disparaître tout l'excédant d'une espèce, il n'en est pas moins vrai qu'ils laissent s'accomplir de grands dommages , pendant plusieurs années consécutives, sans que leur intervention semble nous soulager beaucoup. Nous devons cependant les connaître et les protéger sérieusement, sans pour cela, que nous négligions d'autres soucis ou d'autres précautions.
On a blâmé, et c'est évidemment avec beaucoup de raison, la destruction des petits oiseaux. Il est certain cependant qu'on a exagéré, en bien des cas, leur importance. Il y a nombre de larves et de chenilles fort nuisibles qu'ils ne songent pas à atteindre, cachées qu'elles sont dans l'intérieur des tiges, du bois ou des racines. Il est non moins connu aussi que les insectes parfaits qu'ils accaparent ont souvent déjà accompli
leur ponte et que parmi leurs victimes se trouve un bon nombre d'insectes carnassiers utiles.
Avec cds restrictions, il faut dire que les oiseaux nous apportent un secours très sérieux contre toutes les chenilles ou les larvés qui vivent à découvert, et que détruire ces êtres charmants est aussi absurde que cruel. La recherche des nids va surtout si directement contre nos intérêts qu'il est difficile de comprendre comment les cultivateurs, habitant les campagnes ou les environs des bois, laissent sans surveillance, comme sans punition, leurs enfants se livrer à ce jeu inhumain et maladroit.
Il existe aussi des lois draconiennes contre les parasites; mais il faut bien l'avouer, l'échenillage, pas plus que le hannetonnage, n'ont jamais produit de résultat appréciable. Les raisons bien simples à découvrir en sont les suivantes. Le hannetonnage, s'adressant aux insectes parfaits, arrive le plus souvent trop tard, c'est-à-dire après la ponte. L'échenillage est exécuté soit après l'accomplissement des dégâts, soit d'une façon assez incomplète pour que ce que la négligence laisse subsister suffise au repeuplement de nos arbres par cette engeance.
Pour qu'un remède, fût-il excellent, devienne en même temps efficace, il est absolument nécessaire qu'il soit mis en pratique avec tous les soins convenables et, pour cela, que les opérateurs se rendent bien compte de leur mission, de sa nature et de son importance. Il faut a\:s3i qu'il soit adopté d'une façon générale, et que le champ négligé de votre voi-
sin ne puisse vous envoyer, Tannée suivante, les germes de parasites que vous aurez détruits chez vous à grands frais et avec beaucoup de soins cette année.
On voit donc que ce n'est pas seulement avec les chenilles ou les pucerons que nous avons à lutter, mais que nous devons aussi nous mesurer avec la routine , avec l'ignorance , avec la négligence et l'entêtement d'un trop grand nombre de cultivateurs qui rejettent, de parti pris, tout ce qui ne vient pas d'eux-mêmes, et qui refusent énergiquement de remplacer les préjugés si nombreux et souvent si absurdes dont ils sont imbus, par les données les plus certaines de la science actuelle. Ils sont leurs pires ennemis et les plus redoutables pour leurs voisins.
Guerre donc, et guerre à mort à l'ignorance et à la routine si nous voulons lutter avec avantage contre tous les ravageurs invisibles de nos récoltes !
Les parasites attachés à une plante ne l'attaquent pas indifféremment dans toutes ses parties, et chacun, au contraire, a sa spécialité et ses appétits particuliers. Quand l'un se plait à une vie souterraine et obscure, rongeant les racines ou en suçant la sève, d'autres ne craignent pas la pleine lumière pour accomplir leurs, méfaits et s'attaquent aux organes extérieurs, les uns découpant les feuilles ou les réduisant à l'état d'une fine dentelle, les autres dépeçant ou détériorant les fruits, ceux-ci vivant dans les bourgeons,, ceux-là dans les tiges ou les rameaux euxmêmes.
IÏ*y a donc lieu de les répartir, suivant une certaine classification, d'après la partie du végétal soumise à leurs atteintes. En nous basant sur ce principe, nous arriverons à partager les
parasites de la vigne en plusieurs sections, savoir :
Les parasites des racines et des radicelles.
— des tiges et des rameaux.
— des bourgeons.
— des feuilles.
— des fleurs ou des grappes.
— des sarments morts ou mou-
rants.
Mais cette classification ne peut être tout à fait précise, car certains insectes atteignent à la fois plusieurs organes de la plante, les uns pendant leur état larvaire, les autres quand < ils sont devenus parfaits. Je donneraïd'ailleurs toutes ces indications.
Il y a enfin des insectes qui fréquentent uoe plante, non pour vivre à ses dépens , mais soit comme meurtriers, soit comme nettoyeurs ou vidangeurs des espèces herbivores.
Les insectes parfaits causant souvent de tout autres dommages que leurs larves, je ne puis, dans les pages qui vont suivre, partager les études successives d'après l'organe attaqué, et je les rangerai seulement d'après leur imp^rr tance, la table finale permettant de retrouver chacune d'elles.
La Pyrale est l'un des parasites les plus anciennement connus, et aussi l'un de ceux qui ont fait subir aux vignerons les pertes les plus sensibles.
Ses dégâts se chiffrent, dans les grandes invasions, par des sommes beaucoup plus considérables qu'on ne peut se l'imaginer de prime abord. Je ne veux en citer qu'un chiffre rapporté tout récemment, et qui résulte de calculs et d'expériences consciencieusement faits par un de nos plus intelligents viticulteurs. M. Montoy, dans le bulletin du Comité d ? Agriculture de Beaune,nous montre qu'en écartant toutes les causes d'exagération, la Pyrale enlève, chaque année, dans les vignobles du seul arrondissement de Beaune, environ un tiers de la récolte représentant plus d'un million de francs, et cela en ne considérant que les vignes, productives de vins fins et sans tenir compte des grandes étendues de terrains
qui sont plantés en vignes ordinaires. Aussi cet insecte a-t-il, de tout temps, attiré l'attention des viticulteurs et des gouvernements.
En 1840, Audouin fut chargé de l'étudier spécialement dans le Maçonnais où il faisait de grands ravages, et son travail, extrêmement remarquable et consciencieux, est consigné dans un volume indispensable à consulter pour qui veut connaître à fond les habitudes (fê la Pyrale. Cependant, malgré ces études si minutieuses;' malgré la connaissance si exacte qu'il avait acquise des mœurs de ce parasite, Audouin n'a pu, comme conclusion à son livre, indiquer aucun moyen réellement pratique de s'en débarrasser ou au moins d'atténuer ses ravages.
Les invasions de la Pyrale n'ont pas lieu d'une manière absolument continue. Il y a des périodes pendant lesquelles sa chenille fait relativement peu Fig.i.- La pyraie de mal, tandis que, dans d'au-
de la vigne ' ^ '
(Etat parfait) tres m oments,sa multiplication est telle qu'elle devient un véritable fléau.
Voici d'abord son signalement abrégé sous
ses trois états :
Fig. 2.
Chenille de la . Pyrale .(grossie)
La Chenille (fig. 2), à l'état adulte, est d'un vert plus ou moins jaunâtre avec des bandes longitudinales d'un vert jaune ou d'un vert obscur et des taches ponctiformes lisses et blanchâtres, munies chacune d'un poil. La tête est noire et le premier anneau brun ou noir. Sa longueur est de 2 mm à la sortie de l'œuf, de 2 1/2 à 3 cent, quand elle a acquistoute sa taille. Elle est connue sous le nom vulgaire de ver à tête noire.
La Chrysalide (fig. 3) est d'un brun marron avec de petites, épi»
nés implantées sur le bord des segments. Le dernier est prolongé et armé de huit petits crochets. La longueur n'est que de 10àll mm .
Le papillon (fig. 1) est entièrement jaune plus ou moins doré.
Les ailes antérieures ont "un reflet vert doré, avec une tache près de leur base et trois bandes transversales brunes, les deux premières obliques, la troisième presque droite. Cette tache et ces bandes sont bien plus accentuées chez les mâles
pà\-
Fig. 3
Chrysalide de
la Pyrale
(très grossie)
M LA PYRALE DE LA 7IGNB
que chez les femelles. Les ailes de celle-ci en sont quelquefois presque entièrement privées, et dans tous les cas, cette coloration subit de très nombreuses variations. Les ailes postérieures sontgrises, uniformes.En avant de la tête s'allongent les palpes labiaux ; les antennes sont jaunâtres , garnies de petites écailles noirâtres. Les pattes et l'abdomen sont d'un jaune gris. La longueur, de l'extrémité des palpes à celle des ailes au repos, est de 11 à K)" 1111 , et l'envergure des ailes étendues varie de 20 à24 mm .
Son nom scientifique est : Œnectra ou Œnophtira pilleriana. Schiff. D'autres auteurs lui ont assigné différentes autres dénominations qui seront indiquées à la fin de cet article. Les anciens l'appelaient : Involvus, Involvulus (Plaute), Convolvulus (Caton, Pline).
Biologie. — C'est dans le courant de Juillet qu'on voit voltiger dans les vignes les papillons de Pyrale, en nombre plus ou moins grand, suivant l'importance du fléau. Cependant, malgré la grande quantité de chenilles observées au printemps, on ne constate qu'un nombre restreint de papillons, à cause de l'état de repos qu'ils gardent habituellement pendant le jour. Quand ils volent, ils ne le font pas à de grandes distances, mais seulement d'un cep à
l'autre. Pour se rendre compte de la quantité qui peut en exister dans un vignoble envahi, un expérimentateur a fait placer dans une vigne une lumière destinée à les attirer pendant la nuit et, au dessous, étaient placées des plaques de fer blanc enduites de peinture fraiche. Les papillons atteints par la flamme, même d'une façon très peu intense, tombaient sur les plaques et allaient s'y coller. On put y constater le lendemain des quantités innombrables de Pyrales. Il est évident que ce moyen, recommandé quelquefois pour détruire le parasite, serait inutile s'il n'était pratiqué partout à la fois. On peut même ajouter qu'il deviendrait nuisible pour ceux qui voudraient s'en servir isolément, car il ne ferait qu'attirer chez eux toutes les Pyrales des environs.
Dès que le papillon est éclos et aussitôt après l'accouplement qui dure environ 24 heures et s'accomplit ordinairement au crépuscule, les femelles se mettent en devoir d'effectuer leur ponte sur la partie supérieure des feuilles.
Elles déposent leurs œufs, les uns à côté des autres, de façon à en former de petites rangées contiguës et même imbriquées l'une sur l'autre. Leur ensemble forme, sur la feuille, des plaques verdàtres, d'une teinte plus claire que le parenchyme, et bien visibles. Ces plaques
contiennent environ 00 œufs, et ceux-ci sont unis l'un à l'autre et fixés à la feuille au moyen d'un liquide mueilagineux.
Il faut remarquer ici que les mères Pyrales ne sont pas du tout exclusives sous le rapport du choix delà feuille qui doit recevoir les germes de leur progéniture. On a constaté que les feuilles de chardons, de vieillies et de bien d'autres plantes croissant dans les vignes ou dans leurs environs, sont susceptibles de recevoir des pontes. Il semble qu'il y ait là un moyen de tromper la vigilance de l'homme.
Aussi ne faut-il pas se borner à surveiller et à soigner les ceps eux-mêmes, il faut encore se tenir en garde contre ces œufs déposés insidieusement sur les végétaux parasites qui envahissent si rapidement la terre et les environs des vignobles. Le moyen de se préserver des attaques des chenilles qui en écloront est bien simple et consiste seulement à purger, dans le courant du mois d'août, les vignes de toutes les mauvaises herbes, et à nettoyer, d'une façon complète, leurs alentours et même les chemins qui y aboutissent ou qui les entourent. Les débris qui en résultent ne doivent pas être laissés sur le sol, mais enlevés et portés au loin, ou mieux brûlés complètement:
C'est une précaution indispensable, si nous ne
voulons pas perdre le fruit du traitement que subira ultérieurement la vigne elle-même. C'est même là Tune des causes des échecs nombreux de ce traitement pourtant excellent en luimême comme nous le verrons.
L'œuf de la Pyrale, pris isolément, a une.
forme hémisphérique. La couleur des plaques
qui en sont composées est vert pomme assez clair quand elles viennent d'être déposées; puis cette teinte devient de plus en plus jaunâtre, pour arriver au brun quand approche le moment de l'éclosion des jeunes larves. Cette éclosion a' lieu 9 à 10 jours après la ponte. Après la sortie de la petite chenille, l'œuf devient tout-à-fait blanc et les plaques disparaissent peu à peu des feuilles sous l'influence des intempéries. La durée de l'existence des insectes parfaits n'a été que de dix jours environ, précisément assez pour satisfaire aux devoirs et au besoin de la reproduction.
Dès que les petites chenilles ont quitté l'enveloppe de l'œuf, elles se répandent sur les feuilles, mais elles ne les attaquent pas encore. Elles cherchent d'abord, non à satisfaire leur appétit, mais à se procurer un gite et un abri pour l'hiver, bien qu'on ne soit encore qu'en août. Elles atteignent ainsi le bord des feuilles, s'y suspendent avec un fil de soie, et bientôt le
moindre souffle de vent les balance et les pousse, de façon à leur permettre de s'accrocher au cep lui-même. Elles y trouvent alors à profusion tous les réduits qu'elles rechël*chent. Les interstices des écorces, les moindres esquilles ou fissures leur offrent autant de refuges. Les parties coudées semblent particulièrement affectionnées par elles. Les échalas les reçoivent aussi en grand nombre, et, en un mot, tout ce qui est susceptible de les cacher leur est bon.
Arrivées à leur but, nos vers se filent immédiatement une petite coque de 5 à 6 mill. de long, ovoïde, formée d'une soie grisâtre et ténue. Ils restent alors immobiles jusqu'au printemps suivant.
Si nous passons maintenant en revue les diverses opérations qui vont s'effectuer dans la vigne jusqu'à l'année suivante, nous apprendrons les précautions que nous devrons observer pour détruire le plus de Pyrales que possible. Viennent d'abord les vendanges, puis la chute des feuilles, enfin l'enlèvement et la mise en tas des échalas. Les petites chenilles logées dans les anfractuosités du cep et des échalas ne subissent, par ces manœuvres,, aucun dommage. Mais, avant d'entasser ces derniers en border, nos vignerons bourgui-
gnons en refont la pointe à la serpe, et il en résulte des débris qui jonchent le sol de la vigne. Ces fragments formés, pour la plupart, des parties de bois qui ont été enterrées plus ou moins profondément , sembleraient devoir contenir bien peu de Pyrales. Cependant on a constaté le contraire et Ton a vu que ces débris, laissés au milieu d'un vignoble, occasionnaient dans leurs environs une recrudescence du fléau. Il faut donc en tenir compte et ne pas les abandonner sur le terrain, mais les recueillir et les emporter en totalité, ou au moins les brûler sur place.
Vient ensuite la taille; il est évident que les sarments, et surtout les tronçons de vieilles souches tranchés par le sécateur ou la serpette, servent d'abris à une multitudes de petites chenilles encore invisibles. Il est donc très urgent d'avoir soin d'enlever, immédiatement après la taille et avant que ces chenilles ne sortent de leur sommeil hibernal, tous les sarments et portions de souches abattus ; il faut les emporter au loin dans les habitations et se bien garder de les entasser et de les laisser séjourner aux abords des vignes ; ce serait en effet toute une armée qu'on installerait à portée des ceps et qui ne manquerait pas de s'y rendre et de les ravager. Cette précau-
tion a du reste été toujours reconnue comme très-utile, puisque dès 1787, on retrouve un acte du Parlement de Paris qui l'ordonne aux Champenois.
Toutes ces précautions prises, il ne reste nécessairement plus de chenilles de Pyrales que dans les ceps et dans les échalas. Il doit bien s'en rencontrer encore dans les fissures des quelques arbres qui croissent dans la propriété ou dans les buissons environnants, mais le gros des ennemis est dans la vigne même ou dans ses supports. Vienne le printemps et tous ces dévorants vont quitter leur retraite , se répandre un peu partout et devenir, par suite, insaisissables. C'est donc pendant qu'ils sont réunis, pour ainsi dire, sous le même toit, qu'il faut agir et les attaquer. C'est en effet, dès la fin de l'hiver que l'on procède au remède le plus efficace nommé l'ébouillantage.
Je le décrirai en détail tout à l'heure; je veux seulement dire ici qu'il consiste à verser de l'eau bouillante sur les ceps et à échauder ainsi les coques renfermant les petites chenilles qui périssent immédiatement.
Si l'on attend trop ou si l'on ne fait aucun , traitement, les coques s'ouvrent dans la première quinzaine de mai, les chenilles sortent de leur retraite et gagnent l'extrémité des jeunes
LA PYRALE DK LA VIGNE 43
pousses. Mais,comme si elles craignaient, en venant s'attabler en trop grand nombre, de dépouiller trop vite la plante dont la végétation, encore à son début, serait impuissante à réparer tant de pertes, et, par suite, de se trouver plus tard au milieu de la famine, elles ne quittent leur logement d'hiver que successivement, suivant en cela les progrès mêmes de la plante. Ce réveil des chenilles occupe au moins 15 à 20 jours.
Dès l'apparition du premier bourgeon, les plus pressées arrivent pour s'en- emparer, et l'on trouve, dès le début, dans son intérieur, un ou plusieurs habitants. Leur présence se dé- % cèle, soit avec l'aide de la loupe, soit par la vue de petits excréments noirâtres. Un peu plus tard, le même cep présentera les mêmes chenilles qui auront grossi et même subi la première mue ; elles seront. installées sur les feuilles inférieures, tandis qu'en même temps les pousses terminales en nourrissent- d'autres beaucoup plus petites, et que les interstices du cep contiennent encore des coques non ouvertes. Les mêmes délais s'observent pour les transformations successives de l'in^ secte à tous ses états.
Le premier souci des larves quiéclosent consiste donc à gagner les plus jeunes pousses de la plante; elles tendent des fils, attachent des
câbles qui rapprochent, autant que possible, l'une de l'autre, les feuilles du bourgeon ou, au moins, les empêchent de s'écarter ; elles mangent ainsi à l'abri, car elles redoutent toujours de le faire à découvert.
Avant d'aller plus loin, il est bon de constater que la pratique de l'ébourgeonnement peut détruire un grand nombre de Pyrales ; mais on ne peut naturellement le pousser trop loin sans nuire à la vigne elle-même. Dans tous les cas, il est nécessaire de recueillir, dans un panier ou un sac, tous les bourgeons enlevés, puis de les détruire en les écrasant vigoureusement. Sans cette précaution, et si on les jette simplement à terre, les vers de Pyrale savent fort bien remonter sur le cep pour retrouver d'autres pousses.
A la fin de mai, les chenilles, qui ont alors un centimètre de long, quittent l'extrémité des rameaux et se retrouvent sur les feuilles et les grappes qui commencent à paraitre. Elles jettent alors des fils à droite et à gauche, de façon à se construire une loge sur la feuille qui se trouve ainsi plus ou moins repliée. Le dégât prend alors des proportions bien plus grandes. A mesure que leur taille augmente, les chenilles deviennent plus voraces, entament le parenchyme et font jaunir les feuilles. Leurs
fils emprisonnent les grappes, empêchent la floraison de s'effectuer convenablement et la fructification de se développer. Enfin les grains eux-mêmes finissent par être attaqués.
Mais alors cette dévastation s'arrête, la chenille, arrivée à l'état adulte, perd sa vivacité et se prépare au grand acte de la métamorphose en chrysalide. Elle se blottit dans la loge qu'elle a édifiée au milieu des feuilles racornies, tombe dans l'immobilité et, au bout dp deux à trois jours, prend la forme de chrysalide. Quinze jours environ plus tard, l'enveloppe de celle-ci se fend sur le dos et le papillon en sort muni de tous ses attributs. L'air et le soleil ont bientôt séché et raffermi ses ailes encore inhabiles au vol, et il procède alors à la reproduction de son espèce, d'abord par la réunion des sexes, puis par la ponte.
La même série de phénomènes se reproduit ensuite identique.
Pour terminer ce qui est relatif à la biologie de cet insecte, il me reste à donner quelques détails sur ses ennemis naturels.
Comme toutes les espèces très-répandues, la Pyrale est attaquée par nombre de carnassiers et de parasites qui, malgré leur ardeur, n'arrivent pas à nous en délivrer d'une manière appréciable.
En dehors des carnassiers proprement dits, qui attaquent tous les insectes et qui font l'ebjet d'un chapitre spécial, on obtient, en élevant en vase clos les chenilles de Pyrale, un assez grand nombre de petits hyménoptères parasites qui sont loin d'être tous connus,mais dont on peut déjà citer cependant quelques uns. Les suivants appartiennent à la grande famille des Ichneumonides :
Ichneumon melanogonus, Grav* Agrypon flaveolatum, Grav.
Pimpla altemans, Grav.
— instigator, Fabr.
Linmeriamajalis, Panz.
etc.
Parmi les Ghalcidites, on peut citer entre autres :
Chalets minuta, L.
Monodontomerus cupreus, Spin.
— nitiduSj Smith.
Pteromalus communis, Nées.
— cupreus, Nées.
— ovatus, Nées.
— larvarum, Nées.
— deplanatus, Walk.
Eulophus pyralidum, Audouin.
Les Proetotrupides nous offrent de minuscules insectes , parmi lesquels le plus gros et par conséquent le plus terrible pour la Pyrale, est le Bethylus formicarius dont Audouin a décrit de main de maitre, les métamorphoses, dans son ouvrage magistral sur les insectes de la vigne.
Tous ces parasites ont, à peu près, les mêmes mœurs et attaquent les chenilles de la même manière. Les premiers (Ichnéumonides (fig. 4) ont le corps élancé.,.
Fig. 4.- ichneumon étranglé à la base
de r abdomen; ils sont munis de longues antennes non coudées, toujours en mouvement (d'où le nom de mouches vibrantes qui leur a été donné) et composées d'un grand nombre ( 20 à 30 ) d'articles successifs. Ils sont trèsvifs, volent admirablement, et les femelles sont, le plus souvent, pourvues à l'extrémité
de leur abdomen, d'une tarière saillante.
Cette tarière est l'instrument, au moyen duquel ces insectes parviennent, en pondant,.
48 LA PYBALB DR LA VfGNB
à placer leurs œufs dans le corps même des chenilles qui doivent servir de nourriture à leurs jeunes larves. Cette tarière, rarement invisible à l'extérieur, est quelquefois trèsgrande, arrivant à atteindre deux à trois fois la longueur du corps. Elle est composée de diverses pièces, dont les principales sont deux demiétuis extérieurs, qui, par leur réunion, forment un fourreau protecteur des parties internes. Celles-ci comprennent deux filets acérés et dentelés à leur extrémité, qui sont les stylets, permettant à l'insecte de percer la peau des larves et d'introduire ses œufs dans leur corps. Suivant les espèces parasites, il y a seulement un œuf ou il y en a plusieurs, qui sont déposés dans la même chenille.
Dans tous les cas, il en sort une petite larve, blanche, aveugle, apode, souvent munie de bourrelets, de poils, etc., presque inerte, mais armée de deux fortes mandibules, avec lesquelles elle commence immédiatement à ronger les parties intérieures de sa victime. Il y a lieu ici d'admirer l'instinct de ces vers si infîmes. Comme ils doivent se nourrir toujours de proie vivante, et qu'ils ne peuvent se déplacer, ni changer d'hôtel, v ilfaut que l'animal, qui les héberge et les nourrit de sa substance, suffise à les amener à l'état adulte. Il
est donc nécessaire que la chenille attaquée vive jusqu'à ce moment, et pour cela, la petite larve parasite a bien soin de n'entamer que les parties graisseuses, sans toucher, en quoi que ce soit, aux organes essentiels à la vie. La malheureuse bête nourrit donc, dans son intérieur, une ou plusieurs larves, qui la rongent, tout en la laissant vivre. Lorsqu'elles sont adultes, certaines espèces sortent du corps de la chenille, en pratiquant simple- - ment une ouverture dans la peau, et subissent, au dehors, leurs dernières métamorphoses; d'autres, au contsaire,ne quittent pas leur berceau. La chenille attaquée peut même se transformer en chrysalide, mais elle n'a pas la force d'aller plus loin, et le parasite achève de la dévorer. Il passe alors lui-même à l'état nymphal, sous l'enveloppe de la chrysalide, et en sort bientôt à l'état parfait.
Les Chalcidites sont d'autres meurtriers, de taille toujours très-petite, ornés, le plus souvent, de couleurs brillan-
Flg. 5. — Chalcis minuscule: , ....
ic. minuta) ( très-grossi. ) tes, même métalliques. Ils ont des antennes coudées, ordinairement une longue tarière saillante, sortant
du dessous de l'abdomen. Leurs larves vivent en société, aux dépens des chenilles, de la même façon que celles des Ichneumonides.
(Fig5).
. Les Proctotrupides sont encore peu connus.
Ce sont de petits insectes à structure souvent assez étrange et, en tout cas, de formes très variées. Leurs larves rongent les chenilles, comme il est dit plus haut, mais souvent aussi elles restent à la surface sans pénétrer dans F-intérieur du corps. Le Bethylus formiearius ennemi de la Pyrale a, à l'état de larve et au 'moment de sa sortie de l'œuf, une forme presque globuleuse, la tète est tout-à-fait indistincte et la bouche est voisine de l'anus. Plus tard elle prend une apparence plus allongée, la partie antérieure du corps plongeant dans la chenille, tandis que le reste est toujours visible à l'extérieur. Arrivées à l'état adulte, ces larves abandonnent la Pyrale, se filent, à côté d'elle, un petit cocon blanc sale dans l'intérieur duquel elles se transforment en une nymphe blanchâtre d'abord, passant ensuite au noir. Chaque chenille de Pyrale est attaquée à la fois par plusieurs dé ces larves, et les cocons de celles-ci restent ensuite fixés à la feuille, réunis au nombre de cinq ou six au moyen d'une bourre soyeuse, brune, et l'on
remarque, à Tune de leurs extrémités, un petit point noir, qui est la dépouille de la larve.
Un autre parasite de la Pyrale, appartenant à la famille des guêpes solitaires, leDiscœliuszonsatus Pz., lui nuit d'une autre façon. Il est plutôt méridional ; sa couleur est noire, et il porte sur l'abdomen deux bandes transversales jaunes; les ailes sont enfumées. Cet insecte se creuse un nid en terre pour y pondre ses œufs, et il l'applique, soit contre une pierre soit contre un mur. Mais, avant d'y déposer les germes de sa progéniture future, il a soin de pourvoir d'abord à la nourriture de celleci, et il enferme, dans le logement qu'il a construit, un certain nombre de chenilles de Pyrales. La mère vient les saisir sur les feuilles de la vigne, les pique avec son aiguillon et les emporte entre ses pattes. Ces chenilles ainsi piquées dans les centres nerveux, ne sont pas mortes, mais seulement à peu près complètement paralysées. La larve du Discœlius, en sortant de l'œuf, trouve immédiatement à sa portée, une nourriture fraîche et vivante, mais tout-à-fait incapable de se défendre.
Cet insecte est peu commun, et par conséquent peu redoutable pour les Py raies.
On a indiqué, aussi comme nuisibles à nos
chenilles, le Perce-oreille (Forficula auricularia. flg. 6). Mais ce fait n'est pas prouvé. On a >w/f signalé aussi un petit. Acarien
\tt/ nommé Heteropus ventricosus
>^flRs. Nerp., qui la tuerait et la ferait
J V \ périr.
Il Ajoutons enfin, pourtermi-
Fig. g ner, d'abord une Arachnide, le
perce-oreiXe . Theridion benignum Walk., qui
est noire. Mais, si elle met à mort quelques parasites de la vigne, elle fait, par contre, elle-même, de véritables dégâts dans les grappes qu'elle entoure d'une soie fine.
Une Muscide, la Musca hortorum Meig., est encore accusée de pondre sur les chenilles de Py raies qui deviendraient ensuite la victime de ses petites larves.
La connaissance exacte de tous ces petits parasites, a peu de résultats pratiques, car nous sommes impuissants soit à diriger, soit à augmenter leur action. Nous ne faisons qu'assister, en simples spectateurs, à l'accomplissement de leur mission, sans pouvoir en rien l'influencer. Il nous suffit donc de savoir de quelle manière ils nous viennent en aide, laissant aux naturalistes proprement dits, le soin d'étudier le spectacle admirable que nous offrent leurs moindres détails .