‹ Les parcs et jardins au commencement du xxe siècleChapitre 17 sur 97 · LES PAHGS ET JARDINS · texte numérisé non relu

LES PAHGS ET JARDINS

nements des points de vue doivent toujours se terminer sur ses bords et qu'elle doit en général occuper le fond du vallonnement.

Pour nous résumer, le parc dont l'heureuse situation s'étend à la fois sur la colline et dans la vallée peut réunir tous les avantages particuliers de la plaine et de la montagne. Ses vallonnements ou ses bombements naturels peuvent être conservés ; mais il faut néanmoins que, dans la composition, on ne perde pas de vue l'harmonie de l'ensemble et que les formes du sol se lient entre elles et se développent sans se heurter. Le niveau du terrain, sa convexité, sa concavité doivent se modifier, se dissimuler ou disparaître en conformité de ces principes; il ne faut pas hésiter à en modifier ou à en sacrifier, dans l'intérêt d'un point de vue ou d'un mouvement d'ensemble, les vallonnements ou bombements existants qui seraient inutiles ou nuisibles.

L'art véritable du nivellement et du vallonnement consiste à développer et non à contrarier les mouvements naturels du sol et il est aussi ridicule d'entasser dans un vallon les accidents sauvages de la montagne qu'absurde d'aplanir une montagne et de la transformer en vallée. Mais, si Ton ne doit que le moins possible tenter de donner au sol des mouvements contradictoiros avec les mouvements naturels du terrain, on peut toujours les développer et les accentuer et y créer des accidents qui pourront rompre une monotone uniformité.

C'est une erreur de croire que l'art véritable de créer des jardins exige des mouvements de terre très dispendieux ; mais les travaux de remblais et de déblais sont nécessaires dans un terrain naturel pour en uiveler certaines inégalités, adoucir quelques pentes, combler des fossés inutiles, enlever des bombements trop répétés ou gênants. Ils ne sont pas indispensables dans les parties concaves à transformer en bois lorsque les plantations à faire ont une certaine ampleur.

Qu'un accident de terrain, une butte ou un ravin se présente, s'il ne contrarie pas le caractère général du site, il faut se garder de le faire disparaître, mais, au contraire, le faire entrer dans la composition par une disposition bien étudiée.

Avant de risquer un mouvement de terre, il faut se rendre compte des résultats décoratifs qui peuvent en résulter pour l'ensemble de la composition, car les fausses manœuvres, dans un travail de ce genre, sont onéreuse pour le propriétaire et constituent une mauvaise note pour l'ar-

LE STYLE PAYSAGER (DU TEKKAIN) 77

chitecte qui les ordonne. C'est pourquoi, dans un projet bien étudié, on doit toujours arrêter d'avance, aussi exactement que possible, les déblais à effectuer et s'assurer de leur emploi économique en remblais.

e) Pratique du vallonnement. — Des données théoriques exposées plus haut, il résulte que, pour la pratique, deux cas sont à envisager :

1° On se trouve en présence dTun terrain urbain ou d'un terrain rural entouré de murs pour y créer un jardin ou un parc de peu d'envergure : le terrain doit être modelé conformément aux règles de l'art en tenant compte, toutefois, dans ce nivellement et de la pente générale du sol et du niveau du collet des arbres existants à conserver.

2° 11 s'agit d'un terrain rural devant servir à la création d'un parc. Si le terrain est plat ou en pente régulière, il devra subir des transformations d'après un vallonnement étudié d'ensemble et susceptible d'en rompre la monotonie ; si au contraire il présente des bombements el des vallonnements naturels et si son ensemble conduit normalement à l'emploi de lignes anguleuses et brisées, il est préférable de perfectionner cette expression que de s'efforcer de créer une surface plus unie. On devra s'appliquer à, conserveries vallonnements naturels, en les raccordant aux bombements susceptibles de contribuer à l'effet décoratif général, et ne s'attacher qu'à faire disparaître ceux de ces derniers qui, au passage des points de vue, briseraient l'harmonie de la ligne générale du vallonnement ou empêcherait son unification.

La jonction entre des pentes formant bombement (CD) ou vallonnement (AB) devra se faire par une courbe aussi allongée que possible et qursoit leur continuation (fig. 83).

Le vallonnement général doit présenter une courbe gracieuse et pas former de bosses, de flèches ni de jarrets, aussi inadmissibles que gracieux.

ne pas former disgracieux

Les vallonnements secondaires devront se raccorder de la même façon avec le vallonnement principal.

Sur les lignes de vue, chercher autant que possible à amener le sol à former des vallons dont le talweg offre une courbe légèrement concave.

f) Profils. — Les vallonnements sont les résultats de profils ou coupes du sol établis suivant les besoins d'une étude ou suivant les méthodes déterminées par des données géométriques.

11 y a deux sortes de profils :

Les profils en long,

Les profils en travers.

Les profils en long sont tracés parallèlement à J'axe longitudinal déterminé par la forme du terrain et les profils en travers coupent les précédents soit perpendiculairement, soit obliquement suivant les besoins. On appelle « profils de raccordements » des profils intermédiaires ou de détails établis sur un accident naturel ou artificiel du terrain. Les profils sont dressés d'après des cotes de nivellement prises sur le terrain. Une cote de nivellement est l'altitude du point où elle est prise par rapport à un plan horizontal — ordinairement le niveau moyen de la mer.

La méthode de détermination de l'emplacement des profils et des cotes par les données géométriques consiste à tracer les profils à égale distance les uns des autres et à relever sur chacun d'eux les cotes de points équidistants et dont l'écartement est le même pour les profils en long que pour les profils en travers. En reportant ces cotes sur le plan, on obtient un quadrillage qui rend très facile la confection d'un profil même en dehors de ceux relevés directement. C'est généralement le profil en long d'axe qui sert de base et de point de départ aux autres profils. Cette méthode permet le calcul rapide et suffisamment exact dans la pratique des déblais et des remblais. Elle est à recommander lorsqu'on se trouve en face d'un terrain qui en permet aisément l'application.

Les profils établis suivant les besoins d'une étude sont ceux déterminés par les points de vues ou parties de terrain sur lesquelles on veut plus spécialement travailler ; ou par des nécessités d'exécution bien déterminées ; ou ceux imposés par les difficultés qu'on rencontre parfois dans l'établissement du nivellement général, par la pénétration presque impossible dans un bois pour le traçage des lignes d'opération et de

Fig. 84. — Jardin de ville.

repère. Les profils spéciaux se font dans ce cas, suivant des lignes établies et nivelées sur le terrain et repérées sur le plan d'ensemble, ou d'après des lignes tracées sur l'étude suivant les besoins et cotées d'après

les cotes relevées parleur nivellement sur place ou par la méthode des courbes de niveau dont nous parlerons plus loin.

Examinons le premier cas dont nous avons parlé plus haut : le terrain situé dans une ville est un rectangle entouré de murs; la maison, comme dans la plupart des cas, se trouve en bordure de la rue et Ton veut créer un jardin pîiysager dans l'espace laissé libre ; le terrain est plat

Le point de vue principal sera Taxe même du terrain ; on construira donc son profil en long sur cet axe, soit xy ce profil (fig. 85). On déterminera remplacement de la maison et de son terre-plein et on tracera son allée de ceinture, côté BC, en lui conservant le niveau du terrain existant au pourtour des murs. Entre le terre-plein et l'allée de ceinture, côté BC, on cherchera une ligne courbe gracieuse présentant en remblais l'équivalent des déblais, en lui donnant

Fig. 80.

Fig. 86 et 87.

une flèche suffisamment accentuée pour rompre l'uniformité de la surface plate du terrain et donner au terrain l'aspect que l'on désire. Cette opération constitue l'étude du profil en long (fig. 86) .

Si Ton construit le profil en travers sur a6, il faut, après avoir indiqué l'endroit de passage du profil en long xy, qu'on cherche sur ce profil l'endroit où le profil ab le coupe (fig. 87). Les cotes doivent en ce point être communes aux deux profils et, par suite, le déblai être le même. On détermine ensuite l'emplacement de l'allée circulaire et on trace entre les deux passages de cette allée une courbe dans les mêmes conditions que précédemment. On fixe les points convenables de nivellement de

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Fig. 88.

l'allée sur ce profil et on raccorde par un bombement le profil général à l'allée et au sol naturel au pied des murs.

Ces deux profils constituent la base du vallonnement. Tous les autres vallonnements de détail, vallonnement entre deux massifs, bombement des massifs et des corbeilles, salle verte, banc et allées devront venir se raccorder harmonieusement avec ces deux profils et surtout avec le profil en long qui, lui, est le point vers lequel doivent converger toutes les chutes du terrain.

Si celui-ci présente plus d'ampleur et qu'on soit obligé par la composition de créer deux ou plusieurs lignes de vue partant d'un même point — le perron de l'habitation par exemple — pour se diriger sur des points différents, on doit établir deux ou trois profils en long suivant ces lignes

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