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LES PAUCS ET JARDINS

de vue et les relier par un vallonnement qui se raccorde avec l'un et avec l'autre et qui suive le mouvement général donné par les deux profils.

Supposons le cas de deux points de vue B et C (fig. 88).

Deux profils AB et AC seront établis sur Taxe de ces points (fig. 89). Admettons que le terrain soit plat ou en pente, mais qu'il présente des

Fig. 89.

bosses formant entre elles une série de vallonnements. Sur l'un et l'autre profil en long on tracera, dans les conditions déjà indiquées, une courbe

Fig. 90.

plus ou moins prononcée suivant les nécessités créées par les raccordements des vallonnements des autres profils avec ceux des profils principaux et en tenant compte des déblais et remblais à effectuer. Cela fait, il faudra établir entre les profils ÀB et AC un profil de raccordement afin d'arriver à avoir un vallonnement gracieux entre l'un et l'autre profil et entre les différentes pentes du terrain (fig. 90).

Ce profil xy constitue généralement le profil complet en travers qui servira de basé de raccordement. Les allées et les passages de profils en long étant repérés, on tire sur ce profil la ligne de vallonnement (ligne pointillée) qui peut partir à la môme cote des deux points extrêmes du profil.

On peut aussi, lorsque cela est nécessaire, baisser ce niveau d'un côté et le relever de l'autre, si le tracé général adopté le permet, pour éviter des déblais excessifs.

Lorsque ce profil est arrêté, il ne reste plus qu'à porter exactement les points de passage de xy sur AB et AC et à étudier sur ces derniers les deux lignes de vallonnement général susceptibles de les contenter tous deux en passant par le raccordement indiqué par le profil xy. Le point de nivellement des allées est toujours fixé par ces lignes de vallonnement à moins que des cas de force majeure ne le détermine d'avance. Alors, la cote à conserver est indiquée à sa place sur le profil et le raccordement du vallonnement se fait sur ce point.

Il en est de même si, sur le profil, se trouve un point qui doive être maintenu. Supposons par exemple qu'au profil AC, au point n, existe un arbre de toute beauté à conserver. Si on devait exécuter le profil tel que l'indique la ligne pointillée inférieure, l'arbre se trouverait suspendu dans le vide, mais en exécutant suivant le pointillé supérieur, l'arbre est sauvé; le raccord est plus brusque et le vallonnement s'arrête au pied de l'arbre pour repartir en bombement jusqu'à l'extrémité du terrain.

Il reste entendu que ce qui précède n'exclue pas d'autres combinaisons de vallonnements; mais c'est l'exposé des principes fondamentaux reconnus et consacrés par l'expérience de tout système de vallonnement quel qu'il soit et admis surtout par ceux qui, comme Barillet-Duschamp, considèrent qu'un vallonnement bien étudié constitue un charme déplus pour la promenade.

Le vallonnement est au jardin ce qu'une colonnade est à une façade : si la colonnade est bien étudiée et bien en proportion de l'ensemble, elle constitue un puissant facteur de décoration tout en étant un charme de plus pour les yeux; si des vallonnements pris soit d'ensemble, sdit séparément, sont bien étudiés en rapport avec le projet général et le genre adopté, l'aspect général d'un parc ne peut qu'y gagner.

Lorsqu'on a à opérer sur un jardin déjà constitué, on peut tenir compte des vallonnements existants; mais ces derniers, à notre avis, ne doivent jamais constituer une gêne pour l'étude d'ensemble ou pour la création d'une scène qu'on aurait décidée. Ils seraient alors à sacrifier, car les économies réalisées par leur conservation seraient faites au détriment de l'aspect général de la composition ou au désavantage d'une scène

8i LES PARCS ET JARDINS

qui, quoique de détail, n'en doit pas moins contribuer à l'ensemble de l'ornementation et à affirmer le genre adopté.

g) Cotes de nivellement par courbes de niveau. — La méthode des courbes de niveau est d'un grand secours pour ceux qui sont familiarisés avec son emploi. C'est la méthode de représentation graphique la plus exacte et la plus utile.

Les courbes de niveau sont des lignes formées par l'intersection du sol avec des plans horizontaux placés à égale distance les uns des autres.

Fig. 92.

On conçoit qu'en projetant ces courbes sur un plan, on obtiendra une représentation des mouvements du sol et que ces mouvements seront d'autant plus indiqués que l'unité choisie pour l'écartement des plans sera plus faible. Pour les sols moyennement accidentés, l'écartement des plans horizontaux est en général de 0ra,50 ou 1 mètre ; pour les coteaux et terrains accidentés, elle peut être de 2, 3, ou 4 mètres. Pour nos éludes, plus ces plans sont rapprochés, plus l'exactitude de l'étude s'en ressent.

Plus les lignes courbes de niveau se rapprochent, plus elles indiquent des inclinaisons fortes ; plus elles s'écartent, plus elles indiquent des pentes faibles. La ligne droite correspond à une pente régulière ; les lignes courbes à des vallonnements. Les lignes dont la convexité est tournée du côté des cotes décroissantes représentent des promontoires (iîg. 91) ; en sens inverse, elles indiquent un vallon (fig. 92).

Cette méthode est surtout applicable h l'étude d'un grand parc ou d'un domaine. Avec l'habitude, sur un plan coté de cette façon, on voit assez exactement la configuration du sol sur lequel on est appelé à travailler et l'on en étudie d'autant plus facilement son projet. Malgré tout, après avoir déterminé et étudié ses profils d'après ce nivellement, il sera toujours prudent d'en vérifier sur place l'exactitude.

h) Unification de la construction des profils. — L'unification des méthodes employées pour la construction des profils est nécessaire, car, jusqu'à présent, chacun a employé sa méthode personnelle, les uns prenant des cotes au-dessus et les autres au-dessous de la ligne de niveau; d'autres construisant des profils compréhensibles pour eux seuls.

Nous donnons ci-après la méthode adoptée par les meilleurs paysagistes modernes : c'est, croyons-nous, celle qu'il faut choisir.

i) Repérage des cotes. — Toutes les cotes sont repérées par rapport au niveau moyen de la mer pris comme point de départ. C'est du reste ce point de départ qui a servi de base au nivellement général de la France et, lorsque sur une plaque de repère posée par le Service des Ponts et Chaussées on lit, par exemple, 52.827, cela veut dire que le repère est à o2m,827 au-dessus du niveau de la mer pris comme zéro,

j) Echelle des profils. — Il y a deux échelles pour les profils :

1° L'échelle des longueurs qui est généralement celle du plan ;

2° L'échelle des hauteurs qui doit être le double de l'échelle des longueurs.

Quelquefois, pour faciliter les calculs, on prend pour les hauteurs une échelle triple, quadruple, quintuple... etc., de celle des longueurs afin de permettre l'appréciation à l'échelle à 1/10 près. Exemple : l'échelle d'un plan étant de 0m,001 par mètre; l'échelle des longueurs pour les profils sera de 0m,001 et celle des hauteurs de 0m,01 par mètre.

Lorsque la construction d'un profil à grande échelle est nécessaire, une bonne précaution à prendre est de l'établir également sur les mêmes ordonnées, à la même échelle pour les longueurs que pour les hauteurs, de façon à permettre de se rendre compte des courbes de vallonnements plus facilement qu'à une échelle exagérant les hauteurs.

Des profils à grande échelle ne se font que pour des détails de coupes de pièces d'eau, de rochers, de terrasses, de parterres français, etc. ; l'échelle est alors la même pour les longueurs que pour les hauteurs.

k) Base des profils. — La base du profil est une ligne horizontale représentant l'intersection du plan horizontal du niveau moyen de la mer avec le plan du papier supposé vertical. De cette ligne, partent aux points déterminés par les détails ou par les distances entre cotes, des perpendiculaires appelées « ordonnées » et qui doivent avoir une longueur corres-

pondant à la cote du point. Si nous supposons,, par exemple, qu'un nivellement de terrain soit fait en partant du repère choisi tout à l'heure et que la plus petite cote trouvée soit 52 et la plus élevée 62, toutes les ordonnées doivent avoir, par rapport à la ligne horizontale représentant le niveau de la mer, des longueurs variant entre 52 et 62 mètres ; si l'échelle du plan est 0m,0025, l'échelle des hauteurs des profils sera de 0ra,005 et si l'horizontale de la mer est indiquée à 0, il faudra pour représenter 62 mètres une ordonnée de 0m,30 nécessitant des feuilles de papier fort grandes et trop encombrantes dans bien des cas.

On a obvié à cet inconvénient en admettant que l'horizontale représentant le niveau de la mer pourrait être relevée à une cote convenablement choisie d'après le nivellement et de façon à pouvoir servir de base au profil sans exiger des ordonnées trop grandes. Four la facilité des calculs, on prend la cote 10 ou une cote qui soit un multiple de 10. Dans l'exemple donné plus haut, l'horizontale devant servir de base au profil sera relevée à une cote légèrement inférieure à la cote minimum qui est 52 mètres, soit 40 mètres ou 50 mètres. Supposons 40 mètres ; il suffit alors pour indiquer la cote 52 d'élever une perpendiculaire d'une longueur de 12 mètres soit, à l'échelle, 0m,06.

1) Construction des profils. — Pour construire un profil, on commence donc par tracer une ligne horizontale d'une longueur au moins égale à la trace de ce profil sur le plan. On indique à côté de cette ligne qui devra être tracée en bleu le niveau de la mer vrai ou relevé. Les profils se lisant de gauche à droite, on inscrit à gauche de cette ligne Niveau de la mer', si

lhorizontale n'est pas relevée, et Horizontale relevée à mètres, dans le cas

contraire. On porte ensuite sur l'horizontale les distances entre cotes de l'état de lieux et, par les points ainsi obtenus, on élève des perpendiculaires sur lesquelles on détermine, comme nous l'avons dit, les longueurs des ordonnées correspondant aux cotes. Ces lignes doivent être, après construction et délimination, passées au trait noir fin. Les cotes sont inscrites en noir au pied des ordonnées correspondantes et de façon à être lues de bas en haut : on les écrit entre l'horizontale et une ligne parallèle tracée en noir et placée en dessous, à une distance qui peut varier suivant le nombre de chiffres des cotes à inscrire, mais que la pratique a fixée à0m,01.

On inscrit à gauche des profils au-dessous de l'inscription précédente

Fig. 93. — Un jardinet de ville.

et dans l'intervalle des lignes horizontales : ordonnées de Hétat de liett.ry

pour le cas où le profil passerait sur des constructions existantes, et, plus communément, ordonnées du terrain.

Une ligne noire plus forte, reliant tous les points déterminés par les cotes noires sur les ordonnées, donne la coupe de l'état de lieux du terrain ; cette ligne peut être droile, brisée ou courbe suivant que l'état de lieux qu'on veut indiquer est lui-même droit, brisé ou courbe.

On procède ensuite à l'élude du profil-projet en indiquant tout d'abord : sur l'horizontale, et en partant du même point que pour l'état de lieux, les distances des points de détails correspondant à ceux du projet : emplacements de bâtiments, allées, massifs, corbeilles, terre-pleins, pièces d'eau, rivières, rochers, etc., et, particulièrement les points de rencontre du profil que Ton construit avec les profils qu'il coupe. Par les points de divisions, on élève des perpendiculaires. Elles seront passées au trait rouge léger, pour les points de détails ordinaires, lorsque leurs longueurs auront été déterminées par l'étude et au trait bleu léger, pour les points de rencontre des profils.

On établit ensuite la ligne de projet en ayant bien soin qu'aux points de passage des profils coupés les cotes doivent être les mêmes sur l'un et l'autre profil. On ne passe au trait rouge que les ordonnées déterminantes du projet, en négligeant les ordonnées et détails secondaires. Sur le trait bleu indiquant la rencontre des profils, ne pas oublier d'écrire de bas en haut « passage de profil n » ou simplement « Rw, » ce qui veut dire rencontre de profil.

La ligne de projet est arrêtée définitivement par un trait rouge plus fort que le trait des ordonnées et les cotes correspondantes, que Ton calcule, sont inscrites en rouge dans le même sens que les cotes noires, en dessous de ces cotes et entre la ligne horizontale noire tracée précédemment et une autre ligne parallèle à celle-ci, tracée à 0m,01 de cette ligne, ou a une distance égale à celle qui sépare la première de la ligne horizontale bleue. On la passe au trait rouge.

Le profil est ainsi normalement constitué, mais on doit y ajouter les détails complémentaires, tels que, lorsqu'il s'agit d'un profil sur Taxe d'une grande allée, l'indication des pentes ou des rampes, ou, s'il s'agit d'un profil de détails, les distances entre détails qui peuvent être nécessaires pour le tracé sur le terrain.

Il se produit quelquefois après l'établissement d'un projet des modifi-

cations de détails et même d'ensemble entraînant ou une correction ou une modification des profils. Ces corrections ou modifications s'indiquent en bleu.

La ligne de niveau des eaux existantes ou à créer — lacs, rivières, pièces d'eau, etc., — s'indique horizontalement par. une ligne bleue accompagnée ou non de hachures parallèles de même couleur. La coupe des bâtiments existants s'indique en noir et celle des bâtiments en projet on rouge ; les modifications doivent être faites également en bleu, mais d'une autre teinte que celle choisie pour les eaux.

Lorsque la ligne du projet passe au-dessous de la ligne de l'état de lieux, il y a déblai ou terre à enlever; lorsqu'elle passe au-dessus, il y a remblai ou terre à apporter. Les parties en déblai sur un profil s'indiquent par une teinte plate jaune et les remblais par une teinte rose.

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