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LES PAUCS KT JARDINS

Ces différences peuvent former trois groupes : 1er groupe. Différence des formes.

2e — — de verdure et de couleurs.

3e — — de grandeur.

1er Groupe. — Différence de formes.

Les différences de formes se résument dans les suivantes :

Arbres et arbustes, aux branches et feuillages abondants et présentant un aspect de solidité. Ex. : le hêtre, l'orme, le lilas, le troène.

Arbres et arbustes, ayant peu de branches et de feuilles et d'un aspect léger et délié. Ex. : le frêne, le tamarix.

Arbres et arbustes, dont les branches naissent près de terre.

— ayant une tige avant la naissance des branches.

— s'élevant en pyramides.

— dont les branches poussent horizontalement.

— — s'élèvent.

— — s'affaissent.

Végétaux rampants ou grimpants.

2e Groupe. — Différence de verdure et de couleurs.

Les différences de verdure sont les suivantes : Vert foncé. Ex. : le marronnier d'Inde.

Vert clair. — le tilleul.

Vert brun. — le cèdre de Virginie.

Vert argenté. — le peuplier blanc.

Vert jaune, — l'érable negundo.

Vert panaché. — — à feuilles panachées.

Les arbres et arbustes de couleur mélangée entrent en général dans la catégorie des blancs ou des jaunes, selon que l'une ou l'autre des teintes est la couleur dominante des feuillages.

Il existe également des arbres dont les feuilles sont pourpres, le plus beau spécimen de ce genre est le hêtre pourpre ; et des arbres dont le feuillage est bleu ou glauque. Ex. : le cèdre bleu.

3e Groupe. — Différence de grandeur.

Les caractéristiques de ce groupe, qui comprend les végétaux de haute

futaie comme les arbustes les plus petits, se définissent d'elles-mèmes.- Les groupes précédents se subdivisent en deux sections :

lre Section. — Les végétaux qui, assujettis à la vicissitude des saisons, changent avec elles et perdent annuellement leurs feuilles ; ce sont les végétaux à feuilles caduques.

2e Section. — Ceux qui constamment verts ne perdent jamais leurs feuilles; ce sont les végétaux à feuilles persistantes.

On pourrait établir d'autres divisions basées sur la manière dont les feuilles sont assemblées, sur leurs formes, leurs couleurs, leurs proportions, leur mobilité à l'action de l'air ; sur la disposition et la forme des fleurs et des fruits; mais ce serait faire œuvre de botaniste et il est évident que la première qualité à exiger de celui qui veut se livrer à l'art des jardins est qu'il connaisse au préalable les végétaux à employer et tout particulièrement leur valeur décorative.

C'est surtout au point de vue de l'association de toutes les beautés de détails que présentent individuellement les végétaux qu'il importe d'envisager les plantations, pour concevoir la magnificence et la variété des effets qu'ils peuvent produire. C'est par leurs réunions et leurs mélanges qu'on obtient les effets naturels les plus puissants et les plus nécessaires à la décoration des jardins.

Si l'on s'inspire, sans trop s'en écarter, des exemples donnés par la nature, une plantation bien comprise facilite l'aménagement d'un parc ou d'un jardin en y dégageant des vues qui s'étendent sur les gazons ou sur les vallées, en masquant agréablement tout ce qu'on a intérêt à dissimuler, — les raccords de déblais, les accidents de terrain qu'on veut cacher, les irrégularités des vallonnements qu'il aurait été trop coûteux de faire disparaître, les croisements, les bifurcations dallées, etc. Elle sert à découper des panoramas trop étendus en vues distinctes, plus saisissables et plus intéressantes en détails qu'en masse ; à rétrécir certaines percées de manière à les présenter dans des proportions plus agréables et plus en rapport avec l'ensemble ; à accentuer les reliefs d'un paysage en faisant paraître, par la dissimulation de certains sommets, les mouvements du sol plus considérables qu'ils ne le sont en réalité.

c) Mélange des verdures. — Les différentes nuances de verdure," depuis les plus tendres jusqu'aux plus fortes, produisent par leur union et leurs

contrastes d'autant plus d'effets différents qu'elles occupent une plus grande étendue et ces effets seront d'autant plus sensibles qu'ils se produiront dans des perspectives plus grandes et plus majestueuses.

En hiver, le givre remplace le feuillage absent et présente certains arbres sous des aspects féeriques ; le printemps fait éclore toute la gamme des verts tendres ; l'été les fonce et l'automne les brunit en les enrichissant d'autres couleurs aussi variées qu'étincelantes, semblant ainsi vouloir faire pardonner et la chute des feuilles qui commence et l'approche de la saison rigoureuse. La beauté particulière des nuances rouges est alors dans tout son éclat. C'est le moment le plus convenable pour apprendre à connaître les espèces intéressantes, en même temps que l'ordre et la proportion des teintes, et pour distinguer celles qui peuvent et doivent se mélanger, afin d'arriver au maximum d'effet décoratif, et celles qui sont incompatibles et ne peuvent figurer ensemble dans une plantation.

Les plantes ont donc une couleur permanente, celle qui dépend de leur essence, et une couleur accidentelle, celle qu'elles prennent au moment du développement de leurs feuilles et plus particulièrement au moment de leur chute.

Dans la combinaison des verts, l'expérience a démontré que les effets les meilleurs étaient obtenus par la prédominance des verts foncés ; après eux, viennent les verts clairs et, ensuite, les verts jaunes. Elle a prouvé que les verts dorés et les verts argentés s'unissent aisément entre eux et aux autres ; elle a montré la nécessité d'éviter les grands placards de verts d'une seule teinte et manquant d'harmonie, et de mélanger les nuances, en se gardant de former des bandes les unes derrière les autres, mais en les amenant au contraire à se fondre.

L'aspect d'un massif gagne en élégance à être composé de verdures bien mélangées et c'est de l'harmonie de ces mélanges entre tous les massifs que résulte une partie de l'unité de composition.

Mais si l'heureux assortimeut de ces différentes nuances produit des effets harmonieux, leurs oppositions en produisent de vigoureux qui ne doivent pas être négligés dans une plantation bien étudiée ; ces oppositions étant nécessaires pour rompre les continuités.

Les enfoncements paraissent plus profonds si on les plante avec des verts foncés. Un arbre qui s'écarte en isolement sur un fond d'autres

Fig. 94. — Propriété urbaine. — Un terrain bien employé (par E. D. à Paiis).

arbres s'en écartera autant par sa verdure que par sa forme et paraîtra d'autant plus isolé qu'il sera d'une couleur tranchant davantage sur celle de ce groupe.

L'air de force, de pesanteur ou de légèreté d'un arbre dépend autant de son feuillage et de sa couleur que de son port. Un feuillage foncé épais donne la lourdeur ; un feuillage clair, léger donne la légèreté; un tronc épais, trapu, de couleur foncée donne un aspect de force ; un tronc élancé, grêle, aux couleurs claires donne un ï\spect de légèreté.

Les massifs ne se distinguent dans les lointains que parles différences

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clair ^ XT Q

foncé foncé

Fig. 95. Fig. 96.

de verts et, à une certaine distance, au milieu de l'harmonie et du fondu des couleurs, on ne peut faire cette distinction que par l'appréciation des teintes qui les composent. Là aussi les effets produits par un isolé ou par un groupe d'isolés d'un vert foncé, se détachant sur un fond vert clair ou se découpant sur le brillant d'un soleil levant ou sur le feu d'un soleil couchant, sont de ceux qui ne doivent pas échapper à l'architecte paysagiste.

Les lois de la perspective veulent que les objets deviennent plus petits, plus faibles au fur et à mesure qu'ils s'éloignent de Tœil et un arbre ou un groupe d'arbres détaché, d'une couleur vert tendre, paraîtra encore plus éloigné s'il est calé des deux côtés par des groupes d'un vert plus foncé, fussent-ils à la même distance de l'œil (fig. 95). Une perspective qui se divise en deux tronçons (fig. 96) aura de la profondeur si les parties A et A' sont plantées en vert foncé et la partie B en vert clair. Elle prendra de l'ampleur si A et A' sont en vert clair et B en vert foncé.

d) Division des plantations. — Les plantations employées à l'embellis-

LE STYLE PAYSAGER (DE LA PLANTATION) 9b

sèment des parcs et jardins se divisent en: forêts, bois, massifs, groupes d'isolés et isolés.

e) La forêt. — Une forêt est une grande étendue de bois composée d'arbres séculaires. C'est une masse verte, uniforme, qui produit un grand effet ; mais qui n'est pas susceptible de beaucoup de détails. Elle tire sa beauté de son étendue, de l'espèce et de l'âge de ses arbres, du site dans lequel elle se trouve. Si elle est à sa place dans l'ensemble d'un domaine, elle ne peut servir à un parc que comme limite naturelle ou que pour obtenir un effet de masse dans les lointains. On ne peut l'imiter dans une propriété de ce genre qu'à l'aide d'importants groupes de vieux arbres, conservés sur une grande étendue de pelouses, isolés et situés loin de l'habitation.

Lorsqu'une forêt dépend d'un domaine, il faut savoir se contenter de la percer de grandes roules; sa lisière devant rester nettement prononcée et n'offrir aucun détail qui puisse nuire à l'aspect imposant des masses. Les routes doivent être largement tracées, aussi directes et aussi à perte de vue que possible ; elles doivent conduire à la ville, à des points intéressants de la forêt, ruines, etc., ou déboucher par surprise sur le site le plus intéressant de la campagne environnante.

Si une percée peut agrandir et prolonger une des principales vues du domaine, elle doit toujours être ménagée et traitée bien largement. 11 faut éviter toute percée de peu d'ampleur dont l'aspect ne peut qu'être nuisible au point de vue qu'on veut embellir. Une percée en forêt doit se terminer sur une construction intéressante qui se découpe nettement sur le fond de l'horizon ou aboutir à un terre-plein se silhouettant sur le ciel (fig.97).

Une percée dans une forêt doit toujours avoir une largeur minimum de 20 mètres. Cette largeur doit être augmentée en raison de la longueur de la percée.

Fig. 97.

Contrairement à ce qui se fait pour les percées dans un bois, celles en forêt doivent être droites sans hachure dans les bordures.

Lorsque, dans l'arrangement d'un parc ou d'un domaine, on est amené à faire des abatages, soit pour former une percée, soit pour établir des chemins, il faut bien se garder de tout abattre la même année. La hache et la cognée doivent être maniées avec prévoyance ; on doit déboiser moitié une année et moitié l'autre, de façon à ne pas exposer instanta-

Fig. 98. — Application heureuse d'une percée.

nément au plein air, auquel ils ne sont pas habitués, les arbres qui bordent la nouvelle lisière créée. La pratique a prouvé qu'il fallait leur éviter une trop brusque transition pour passer de leur situation d'arbres abrités qu'ils étaient à celle d'arbres exposés qu'ils deviennent.

Si on a à traiter une forêt déjà desservie par des chemins, il faut autant que possible raccorder le nouveau tracé avec les chemins existants en les faisant entrer dans la composition.

Si des allées droites sont à supprimer, ce qui doit être fait avec beaucoup de discernement, les efforts dans l'étude doivent tendre à conserver ces allées comme percées ou points de vue gazonnés en en augmentant l'ampleur par des abatages raisonnes.

f) Le bois. — Un bois, en terme général, est une plantation d'étendue

moindre que la forêt et comprenant indistinctement des arbres et des arbustes répartis au hasard des essences et des emplacements.

Le nom de « bois » est plus particulièrement réservé aux espaces plantés naturellement et conservés dans une composition. Un bois se

Cl. Neurdein.

Fig. 99. — Avenue droite conservée dans un .bois.

caractérise lorsqu'il est composé plus spéciûlemenrd'une essence déterminée : un bois de chênes, de bouleaux, de hêtres.

Un sous-bois est une partie de bois défrichée dans laquelle on a laissé exister, à des distances convenables, des arbres dont le port est particulièrement beau et sous lesquels on a semé du gazon.

Un sous-bois planté est celui dont le gazonnement est agrémenté de touffes soit isolées, soit en massifs, mais de façon à ne pas intercepter la vue.

Les bois sont de hautes, de moyennes ou de basses futaies ou en taillis.

Le bois avec ses massifs de végétaux touffus et avec ses clairières est l'indispensable ornement du domaine. Il contribue puissamment à la beauté d'un parc et n'est nullement déplacé lorsqu'il est conservé dans l'arrangement d'une propriété même de faible étendue.

11 fait partie du site où il est né et l'artiste doit étudier les dispositions

Fig. 100. — Une percée trop étroite.

naturelles de ce site pour ne pas les contrarier ni les choquer par ses plantations nouvelles ni par ses abatages. 11 est bien rare que la futaie ou le taillis ne présente pas des éclaircies ou des groupements dont quelques-uns, par leur forme élancée, rompent l'uniformité de la masse ; on doit les observer, les conserver, les dégager quelquefois, pour développer les jeux de lumière et d'ombre; on doit souvent les imiter dans les plantations nouvelles à créer. Des clairières habilement dessinées peuvent faire ressortir, au milieu de la masse générale, l'élégance d'un groupe, la variété d'un feuillage.

Un bois peut être rendu impénétrable pour masquer une clôture ou un voisinage gênant et des éclaircies y peuvent être pratiquées pour ménager des points de vue ; mais l'art de l'architecte doit s'appliquer autant que possible à lui conserver son aspect naturel.

Les bois sont vus de face, c'est-à-dire en élévation, ou ils sont dominés, c'est-à-dire vus en surface. Ceux qui couronnent les hauteurs offrent plus d'éléments décoratifs et plus d'agréments que ceux qui garnissent

Fig. 101. — Une clairière dans un bois..

les fonds ; les échappées de vues y sont plus intéressantes, moins tristes et moins humides.

Le paysagiste ne doit négliger aucune des ressources d'un site dans lequel il existe un bois ; il doit, au contraire, appliquer son art à les mettre en évidence, sans perdre de vue qu'une sage répartition des clairières, des percées et des groupements agrandira la scène, alors qu'elle serait rélrécie considérablement par leur profusion. Des groupements trop nombreux et trop variés, des clairières sans cesse renouvelées, des percées s'entrecoupant outre mesure sont des manques de louche qu'un bon paysagiste ne doit pas faire et un bois traité dans les conditions que nous avons indiquées paraîtra grand et majestueux alors que, dénaturé par des exagérations, il semblera fouillis et restera amoindri et sans agrément.

Un bois dont le sol présente peu d'inégalités peut être rehaussé par la plantation de quelques arbres au feuillage vert foncé dans les bas-fonds,

Fig. 402. — Allée droite conservée dans un bois.

alors que les arbres au feuillage vert clair trouveront leur place sur les hauteurs.

L'étendue et la ligne extérieure d'un j f j ^ , bois fixent plus particulièrement l'attention

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{i^LZ^^\ -/ç 'w** *lue ses éléments. Cette ligne extérieure

*\ ^ r J, j \ y' appelée lisière ne doit pas conserver dans

v-v^ ses inégalités l'aspect de ligne droite

brisée qu'elle a toujours dans les bois

naturels. Elle doit présenter une ligne

rompue par des angles rentrants et sortants, raccordés par un contour

continu (fig. 103). La profondeur des parties en renfoncement doit être de

préférence plus grande que leur largeur et les parties saillantes doivent

LE STYLE PAYSAGER (DE LA PLANTATION) *0l

être plutôt avancées qu'étendues, sans présenter un contour trop uniforme ni des saillies trop répétées.

Dans la pratique, l'architecte paysagiste se trouve plus souvent, dans ses compositions, en face d'un bois existant que d'un bois h créer. Dans

Fig. 104. — Allée droite créée dans un bois en conservant les gros arbres.

le dernier cas, la liberté la plus grande peut lui être laissée, mais dans le premier, le bois est soumis aux mêmes règles que la forêt.

Les percées étant moins étendues peuvent être moins larges. En cas d'allées droites existantes, elles peuvent être conservées et raccordées avec l'ensemble ou être supprimées et servir autant que possible, comme pour la forêt, de points de vue.

Les percées dans un bois doivent se faire, comme nous lavons dit, très échancrées; leurs bordures doivent être agrémentées de végétaux d'ornement etdes groupes d'arbres et des isolés doivent se silhouetter, soit

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en avant des décrochements, soit en pénétration dans les parties rentrantes (fig. 105 et 106).

Il faut également compléter les bordures droites le limitant par des arbres ou des arbustes plantés en décrochements ou par des abatages formant des rentrées aux endroits voulus, afin de rompre l'uniformité de la ligne droite et de donner, par ce procédé, plus de silhouette et de perspective à la bordure (fig. 107). Pour ces abatages, on doit procéder comme nous l'avons dit; c'est-à-dire n'abattre que successivement et laisser, autour des sujets à conserver isolés, quelques arbres clairsemés qui, en disparaissant graduellement, permettront à ceux qui restent de s'acclimater dans leur nouvelle situation.

En cas de création de bois, il ne faut employer dans sa composition intérieure que des végétaux indigènes et d'essences forestières, réservant pour les parties en décrochements, en plus de ces arbres, les végétaux indigènes d'ornement et les végétaux exotiques acclimatés.

Si Ton veut obtenir de l'effet tout de suite il faut, dans les nouvelles

Fig. 105. — Ensemble.

* Végétaux d'ornement Fig. 106. — Détail.

plantations, prévoir à des distances convenables, des arbres plus développés et plus marquants que ceux employés pour la plantation générale.

11 ne faut pas trop serrer les plantations nouvelles, de peur qu'elles ne poussent grêles et trop dégarnies.

Si l'on veut obtenir rapidement un bois, il faut planter des arbres de remplissage, ne gênant pas la venue de ceux qui doivent être conservés, et qui sont à arracher au fur et à mesure que ceux-ci se développent. Dans un point de vue qui traverse une partie de bois ou de massif (fig. 108), les

parties b et c doivent être semblables. Si au contraire (fig. 109) le point de vue se divise en deux tronçons, les parties b et c sont semblables, mais la partie a doit êlre bien différente des deux autres.

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