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Fig. 259. Fig. 260.
de manière, la nature semble avoir, en toute circonstance, présenté les rochers sous trois aspects qui les distinguent plus particulièrement :
Ils sont en assises horizontales (fig. 255), en assises verticales (fig. 256) et en masses roulées (fig. 257).
Partant de ce principe, on divise les rochers artificiels en trois catégories :
1° Rochers dits « bancs de carrière » en assises horizontales (fig. 258 et 259) ;
2° Rochers en assises verticales ou inclinées (fig. 260) ;
3° Rochers en blocs détachés ou roulés (fig. 261 et 263).
L'emplacement choisi pour un rocher artificiel doit, autant que possible, se rapprocher de remplacement qu'il aurait occupé dans la nature.
Il peut devenir obligatoire de relever fortement l'extrémité d'une
perspective ou d'un coin de terrain en amenant le rocher à former le soutènement naturel des terres de remblai, tout en paraissant avoir été mis à nu par le déblai (fig. 264).
Fig 262. — Rochers artificiels. (Assises horizontales.)
Il peut aussi servir de soubassement à un réservoir, à un kiosque-abri (fig. 265), à un belvédère ou à une terrasse (fig. 266).
Il peut enfin justifier une chute d'eau, une source, un barrage dans une rivière, etc., et même déterminer entièrement le caractère d'un jardin (jardin alpin).
S'il doit laisser échapper une source, il ne faut pas se contenter
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Fig. 263. — Rochers d'imitation (B. Rocaillor a Nice).
d'élever h l'endroit propice un rocher qui se détache au milieu de la ver-
roeher
Fig. 2G*. Fig. 2G5.
dure environnante et sur lequel on accède par des escaliers compris dans
sa construction (fig. 267). Ce serait un non-sens blâmable qu'il faut se garder de commettre.
Pour qu'il y ait réellement lieu de créer un rocher en ce point, il faut que ce rocher soit appuyé contre une masse de terre et qu'on puisse
i«'ig. 267. (Schéma.)
arriver à son sommet à travers cette masse même (fig. 268). Dans un cas spécial seulement, il est admissible que le rocher ne soit pas calé, c'est
Fig. 268. (Schéma.)
lorsqu'il se trouve dans un fond et presque à ras du sol. 11 semble alors avoir été dégagé par des déblais et sa position est naturelle et explicable.
b) Appropriation des genres. — Quel que soit le genre adopté, il faut toujours s'appliquer, pour justifier la présence d'un rocher, à imiter des choses vues et observées dans la nature. C'est ainsi que, pour soutenir
aine terrasse, on ne devra jamais employer de bancs en assises verticales ou de roches roulées — celles-ci pouvant cependant se rencontrer au pied de la terrasse. — Ces deux dernières sortes de roches doivent être utilisées de préférence dans les ravins ou émergeant des gazons et des plantations sur les flancs des pentes.
Les bancs en assises verticales peuvent saillira l'extrémité d'un promontoire et servir de support à une construction isolée. Ils peuvent s'employer isolés eux-mêmes en gros blocs comme s'ils sortaient du sol ou
Fig. 269. — Un barrage.
avaient élé découverts par des déblais : leur présence est toujours admise sur une hauteur, mais jamais dans les points bas.
Les barrages de pièces d'eau ne peuvent être faits logiquement que par des blocs roulés ; on admet difficilement, à moins d'une chute assez élevée, des bancs de carrière ou des assises verticales pour cet usage; une source ou une chute d'eau peut se frayer un chemin au sommet d'assises horizontales ou même à travers les fentes d'assises verticales, mais un arrêt d'eau dans un courant ne peut se produire que par un soulèvement qui doit toujours être représenté par des blocs roulés.
c) Plantation des rochers. — Des rochers sans plantes pour les garnir
Fig. 270. — Plantation de rochers.
Fig. 271. — Plantation de rochers.
ne peuvent être intéressants que d'une façon tout à fait passagère; des rochers plantés sont, au contraire, constamment intéressants.
Beaucoup d'arbres et d'arbustes se plaisent plus particulièrement sur les rochers : ce sont ceux que leur forme et leur croissance désignent spécialement pour ce genre de garniture.
Les mêmes espèces, ne conviennent pas à tous les genres de rochers et tel arbre, qui ferait très bonne figure au pied des rochers en assises
Fig. 272. — Une grotte.
horizontales ou sur ces rochers mêmes, serait tout à fait déplacé au milieu d'un rocher en masses roulées.
C'est donc encore à l'observation de la nature qu'il faut avoir recours pour déterminer les lois à respecter pour ces plantations et l'expérience ainsi acquise, alliée à la connaissance des variétés spéciales aux rochers, sera plus utile que toute nomenclature aussi complète qu'elle soit.
Il ne faut toutefois pas perdre de vue qu'au milieu de rochers destinés à l'ornementation d'un parc ou d'un jardin, c'est la multiplicité des espèces
et leurs formes pittoresques qui donneront, aussi bien à ces espèces qu'aux rochers qu'elles sont appelées à garnir, leur principal intérêt.
d) Rocailleurs. — Il s'est créé à côté des architectes-paysagistes des spécialistes appelés « rocailleurs », dont quelques-uns sont arrivés à imi-
Fig. 273. — Rocher d'imitation. B. Rocailleur, à Nice.
ter d'une façon parfaite la nature. Si le paysagiste sait se choisir un bon rocailleur et sait allier sa science de metteur en scène et d'observateur à la science d'exécution que peut posséder son collaborateur, il peut risquer sans crainte l'emploi de rochers artificiels pour l'embellissement de ses créations. Ce qu'il fera exécuter ainsi sera bien, contrairement à presque tout ce qui s'est fait dans le siècle dernier où le rocher était employé à tort et à travers, sans rime ni raison, et n'était, dans bien des cas,
qu une source de dépenses importantes. On mettait alors un rocher au milieu d'une pelouse pour obtenir une cascade, de l'eau et un motif à décoration sans que la position de ce rocher soit autrement justifiée : on arrivait ainsi à des résultats invraisemblables et ne remplissant nullement le but à atteindre.